05/10/2011 03:44:35
En grève de la faim: Il exige le retrait de la candidature de Biya
Les forces de l’ordre  l’ont  appréhendé hier.
Le Messager
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Les forces de l’ordre  l’ont  appréhendé hier.
 
« Il a été arrêté et actuellement au commissariat central de Yaoundé (Cc1) où il continue la grève de la faim », nous confie-t-on sous anonymat. C’est que, Minlend Bipindi, puisqu’il s’agit de lui, Moto taximen de son état, a entamé, à moins 5 jours de l’échéance électorale, une grève de la faim. A travers cette dernière, il vise le retrait de la candidature de Paul Biya qu’il juge illégale et abusive, pour cette course à la présidentielle.

Il estime que « Monsieur le Président National du Rdpc vous avez failli ! Vous avez failli en déclarant votre candidature. Vous avez failli en répondant à l’appel aveugle et peu sincère dont une certaine littérature de l’heure se charge de la diffusion ».

Il s’explique plus en détail, dans sa lettre ouverte au président de la république, rédigée à cet effet. Dans cette dernière, il dit : « Monsieur le Président, par votre déclaration de candidature, vous avez trahi le serment que vous avez prêté le 3 novembre 2004. En cette occasion-là, il vous avait été posé la question suivante : « Monsieur le Président de la République, vous engagez-vous sur l’honneur à remplir loyalement les fonctions que le peuple vous a confiées et jurez-vous devant Dieu et devant les hommes de consacrer toutes vos forces à conserver, protéger et défendre la Constitution et les lois de la République du Cameroun, à veiller au bien général de la Nation, à soutenir et à défendre l’unité, l’intégrité et l’indépendance de la Patrie camerounaise ? » A cette question vous avez répondu : « je le jure. »  

Minlend Bipindi poursuit dans sa lettre ouverte : « Par cette prestation de serment vous avez implicitement signé avec le peuple camerounais le pacte de ne plus vous présenter à une élection présidentielle, puisqu’au moment des faits la constitution en son article 6 alinéa 2 stipulait que : « Le président de la république est élu pour un mandat de sept (7) ans renouvelable une fois. » Cependant, en 2004 vous avez brigué un deuxième septennat. Prétendre briguer un nouveau mandant venant de votre part relève tout simplement de l’irréel. Votre serment du 3 novembre 2004 fait de vous un président de la République ne pouvant être candidat à sa propre succession. La révision constitutionnelle du 14 avril 2008 ayant affectée l’article 6 alinéas 2 de la loi n°96-06 du 18 janvier 1996 ne saurait être le sésame pour votre candidature. La mutation de facto de votre mandat de sept (7) ans non renouvelable en un mandat renouvelable échappe à notre compréhension, nous nous demandons: par quelle alchimie ? Il nous semble que pour que vous puissiez jouir de l’article 6(2) nouveau de la constitution, il vous fallait au préalable vous décharger de votre serment présidentiel de 2004 afin de devenir citoyen ordinaire. Ce que vous n’avez pas fait. Vous êtes demeuré président de la République sans discontinuer de 1997 à nos jours soit quatorze (14) ans c'est-à-dire deux septennats ».

Pour cela donc, il exige que le président national du Rdpc retire sa candidature de cette élection présidentielle, car il trouve cette démarche inopportune et anachronique. Surtout que, via cet acte, dit-il, le candidat président de la République a trahi le pacte conclu avec le peuple camerounais réel, au sortir de sa dernière prestation de serment. Il ne se cache pas non plus pour indexer ouvertement l’institution en charge du bon déroulement de cette élection : « l’attitude curieuse des instances qui ont validé votre candidature qui à nos yeux est irrecevable. Ces instances n’ont pas épargné au Cameroun de s’illustrer tristement une fois de plus dans les annales de l’histoire contemporaine des élections».

Motus et bouche cousue au Cc1

Rendu au commissariat central n°1 de Yaoundé dans l’après midi du mardi 4 octobre 2011 (jour de l’arrestation du gréviste de la faim), personne ne semble vouloir s’étendre sur le sujet. D’abord au poste (service des renseignements) où la question est posée, le reporter se voit prié de s’adresser au secrétariat du commissaire central. Sur les lieux, les quelques trois agents y rencontrés répondent avec beaucoup de peine aux salutations d’usage, tout en regardant le journaliste d’un air peu avenant. Lorsque la question est posée, c’est chacun qui pique du nez dans ses « documents » et ce n’est que 2 minutes plus tard que la plus audacieuse du groupe dira « je ne sais pas ». Et c’est la même réponse qu’elle accordera aux prochaines questions.

Florette MANEDONG

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