06/10/2011 04:29:54
Côte d'Ivoire: Ouattara sacrifie la jeunesse
Le principal bénéficiaire de ce coup d’état, Ouattara, imposé comme Chef d’Etat, eut comme premier geste en direction de la jeunesse estudiantine, élite de demain, la fermeture de ces deux universités, s’empressant ainsi de soustraire aux jeunes de ce pays, le sacré droit à l’éducation et à la formation.
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Dès le début du mois de Mars 2011, les forces armées françaises et onusiennes, après avoir convoyé les rebelles et les mercenaires de la CEDEAO à Abidjan, ont installé dans la commune d’Abobo, le tristement célèbre commando invisible qui s’est illustré par des crimes odieux, ciblés, dirigés contre des ressortissants de régions et des étudiants favorables au Président GBAGBO et des étudiants. Avec l’appui logistique de ces forces dites impartiales, ces hors la loi d’un autre âge ont détruit l’université d’Abobo-Adjamé, empêchée de ce fait de fonctionner.

Alors que l’administration de cette institution universitaire s’employait à trouver d’autres locaux pour poursuivre les enseignements, c’est au tour de l’université de Cocody-Abidjan, après le renversement du régime du Président GBAGBO par la France de Sarkozy, de subir la barbarie inouïe des nouveaux maîtres appuyés par leurs parrains internationaux.

Le principal bénéficiaire de ce coup d’état, Ouattara, imposé comme Chef d’Etat, eut comme premier geste en direction de la jeunesse estudiantine, élite de demain, la fermeture de ces deux universités, s’empressant ainsi de soustraire aux jeunes de ce pays, le sacré droit à l’éducation et à la formation.

Il est bon de rappeler que le Président GBAGBO, au plus fort de la crise créée par Ouattara et ses rebelles n’avait jamais fermé les universités ; mieux, il s’est efforcé de délocaliser à Abidjan les centres universitaires  sous contrôle de la rébellion, soucieux qu’il a toujours été de l’avenir de la jeunesse, espoir de ce pays.

Par contre, celui qui est devenu Chef de l’Etat par la volonté des autorités françaises, a instrumentalisé par la violence, la jeunesse ivoirienne en utilisant comme chair à canon des milliers de jeunes, pour la plupart déscolarisés, et même d’enfants, sur tous les fronts de guerre pour parvenir à ses fins. Et pour couronner le tout, dès son accession au pouvoir, il décide d’empêcher la jeunesse de bénéficier du savoir auquel elle a droit.
Pourquoi cet acharnement malsain de l’homme sur cette jeunesse ?

1.    Jeunesse utilisée comme chair à canon par Ouattara

Dès 1990, alors Premier Ministre, il crée le CADO (Cercle Alassane Dramane Ouattara), terreau fertile pour recruter des jeunes à sa solde qui seront jetés plus tard dans la rue comme loubards, en témoignent les actes de brutalité de ces « gros bras » durant les élections de 1990 et les casses le jour de la marche du 18 Février 1992.
En 1999, il fait appel à ses « jeunes gens », soldats de l’armée ivoirienne en révolte, pour chasser Bédié du pouvoir, son allié d’aujourd’hui, sous le fallacieux prétexte de primes impayées pour leur participation au contingent ivoirien à l’opération de maintien de paix des Nations Unies en République Centrafricaine.


En 2000, il met à la disposition des jeunes de son parti et de beaucoup d’autres recrutés à tour de bras dans les gares routières, les casses, etc, toutes sortes d’armes pour prendre le pouvoir qui selon lui, était dans la rue.
Avant 2002, pour préparer son coup d’état mué en rébellion, il procède au recrutement massif de jeunes pour la plupart de la sous-région Ouest-africaine dont la formation est confiée à ses parrains au Burkina Faso.

En 2002, Ouattara, encore lui, recrute d’autres jeunes pour étoffer son « armée » sous l’autorité de la France avec l’aide du pays des soi-disant hommes intègres pour enraciner sa rébellion. Beaucoup de ces jeunes vont y laisser leur vie car n’ayant aucune connaissance du maniement des armes.

Jusqu’à ce jour, certains parents, naguère enthousiastes d’offrir leurs enfants à ces chefs rebelles, croyant défendre une cause noble, et trouver ainsi un travail rémunérateur à leurs progénitures, continuent d’attendre, sans grande espérance, leur retour hypothétique.

De 2002 à 2011, parmi ces jeunes, se trouvaient de nombreux élèves et étudiants obligés de sacrifier leurs études pour une imaginaire libération des nordistes de Côte d’Ivoire et pour des promesses mirobolantes jamais tenues et qui continuent d’ailleurs, de faire l’objet de revendications de la part de ses rebelles.

Comme on le voit bien de nombreux jeunes ont été abusés par Ouattara et ont constitué ses forces rebelles, lesquelles sont devenues de véritables dangers pour la société ivoirienne et la sous-région Ouest-Africaine.

2.    Jeunesse ivoirienne privée de formation par Ouattara

Depuis l’élection présidentielle de 2010 jusqu’à Avril 2011, les établissements scolaires et universitaires des zones Centre, Nord et Ouest sont restés fermés sur instruction de Ouattara. C’est pourquoi, il a ordonné la fermeture immédiate pour une durée indéterminée des universités d’Abidjan pendant que celles des zones CNO rattrapent leur retard. C’est ce qui explique le report des examens à grands tirages qui se déroulent sur tout le territoire, seulement maintenant, en Octobre, mois habituel de rentrée scolaire.

Les prochains bacheliers issus de ces examens iront grossir le nombre de leurs devanciers qui attendent d’être pris en compte par les universités.

Il apparait indispensable alors de présenter la situation des campus universitaires et de chercher à savoir ce qui justifie la décision de fermeture des universités.

L’état des lieux

Après le 11 Avril 2011, date de son arrivée au pouvoir, les universités d’Abidjan ont été pillées, saccagées.
Etait-ce nécessaire dès lors que le pouvoir lui avait été octroyé ? Il s’agit donc de détruire volontairement les universités pour empêcher les étudiants de recevoir le savoir.

Après le passage de ses rebelles, les universités d’Abidjan sont dans un état lamentable, indescriptible, inimaginable et ne seront opérationnelles qu’après d’importants travaux de restauration. En effet, ces hauts lieux du savoir sont aujourd’hui occupés par les rebelles sans foi, ni loi. La visite des lieux permet de faire les constats suivants :

Tous les locaux ont été vidés de tous leurs équipements informatiques, de tous les appareils de climatisation, du matériel d’enseignement et de recherche et de tout le mobilier.

Par ailleurs, dans les différentes scolarités, tous les registres aussi bien sur supports physiques qu’électroniques ont été emportés, comme pour mettre fin à la formation universitaire des jeunes ivoiriens.
Les universités qui ont été par ailleurs le théâtre de largage de bombes par l’armée française présentent encore des dangers, certains obus n’ayant pas explosé.

Dans les cités universitaires, les forces de Ouattara ont chassé manu militari les étudiants de leurs chambres, incendiant leurs documents et autres supports de formation, les dépouillant du peu de biens et éliminant physiquement certains considérés, bien à tord d’ailleurs, comme miliciens de GBAGBO. Plus grave, dans leur fuite, d’autres ont été rattrapés aux différents corridors érigés par les rebelles et mercenaires de Ouattara pour être tragiquement égorgés comme des moutons de Tabaski.

On note aussi que certaines cités universitaires sont occupées illégalement par ses forces rebelles, d’autres ont été purement et simplement incendiées, et d’autres encore abandonnées à la broussaille.

Aujourd’hui, les universités sont sous occupation des rebelles qui en interdisent l’accès aux personnels enseignant, technique et administratif pour, disent-ils, assurer la sécurité des lieux et empêcher les vols et pillages. Et pourtant, les pillages continuent au point où on constate, jour après jour, les disparitions successives d’antivols, du matériel sanitaire et électrique, de tout le mobilier et même la destruction des murs et sols pour en ôter le matériel d’électricité et de revêtement de sol. Les pillages continuent de plus belle depuis que les vigiles ont été chassés par les rebelles.

Face à cette situation de désolation, il s’est trouvé des maires du RHDP qui, dans leur joie machiavélique et leur haine contre la jeunesse estudiantine, ont souhaité voir ces cités universitaires disparaître de leurs communes.
Qu’est-ce qui a bien pu motiver les actions exposées ci-dessus ?

Les motivations

La grande aversion de Ouattara vis-à-vis de la jeunesse ivoirienne l’a amené à faire fi des précautions élémentaires pour sécuriser les universités alors qu’il avait déjà le pouvoir. C’est donc lui le responsable de cette situation de privation de formation des étudiants.

Il s’agit pour le pouvoir actuel, de bâillonner la FESCI fer de lance de l’éveil démocratique en milieu estudiantin et scolaire, de refuser le dialogue avec les syndicats d’enseignants et d’étudiants, dialogue prôné par Houphouët dont il se réclame, d’empêcher ces syndicats et particulièrement la FESCI, et le SYNARES, pionniers de la lutte démocratique en Côte d’Ivoire, de prendre position sur cette grave situation de non droit dans le pays et dans les universités d’Abidjan.

Ainsi, le nouveau chef de l’état voudrait briser le binôme enseignants-étudiants, sans doute jusqu’à l’installation, dans la tranquillité, de ses parlementaires qu’il aura sélectivement choisis par une parodie d’élections.
Celui qui est aujourd’hui installé au pouvoir par la France a montré du temps où il était premier ministre, peu d’intérêt pour la formation de l’élite de ce pays. On en veut pour preuves :

•    la suppression des cars de transport d’étudiants, des internats des lycées et collèges ;
•     la diminution des salaires des enseignants en 1991, créant pour le même poste de travail deux salaires différents ;
•    l’étiolement du nombre de bénéficiaires des bourses d’étude ;
•    l’emprisonnement des responsables syndicaux ;
•    les expéditions punitives des militaires dans les cités universitaires.

C’est pourquoi il a délibérément fait ou laissé piller, saccager, détruire les universités pour en justifier la fermeture.

Il s’agit aussi pour M. Ouattara de trouver dans les cités universitaires des lieux d’hébergement aux éléments de sa milice hétéroclite. Les faits l’attestent par l’occupation actuelle des chambres des étudiants.

En outre, le pouvoir actuel, sans doute, ne voudrait pas collaborer avec les responsables, élus par leurs pairs des Universités dont l’ancien Premier Ministre AKE N’GBO, Professeur émérite des plusieurs universités africaines, Président de l’Université de Cocody-Abidjan aujourd’hui détenu arbitrairement dans l’un des goulags du nord du pays. Un tel homme ne sacrifie-t-il pas la jeunesse ivoirienne?

D’autant plus que, lui, homme des hautes finances mondiales, n’a pu construire, le moindre établissement en Côte d’Ivoire pour former la jeunesse qu’il dit tant aimer et à qui il ne sert que la mort et la désolation sur tous les plans.

Plus grave encore, Ouattara fait une distinction entre les étudiants des zones CNO et ceux du Sud, comme il a créé la division du pays en deux zones. En effet, ces dernières semaines, les nouveaux tenants du pouvoir s’activent à faire organiser à l’université de Bouaké, non délocalisée, les examens, dans le but de faire payer aux étudiants de la partie Sud du pays, leur prétendu soutien indéfectible au Président GBAGBO.

Pour gagner la jeunesse à sa cause, Ouattara et ses parrains, nomme Soro Guillaume, ex-responsable de la FESCI, comme chef de la rébellion. La grande majorité de la jeunesse consciente politiquement ayant rejoint le camp de Blé Goudé , il ne restait plus à l’homme méchant que de mener des actions susceptibles de nuire à la jeunesse ivoirienne.

Cette jeunesse, depuis la fermeture des universités par les organisations chargées de l’éducation est aussi abandonnée par les organisations chargées de l’éducation et de la formation.

3.    Jeunesse estudiantine ivoirienne abandonnée par les organisations de promotion de l’éducation.

Depuis la fermeture des universités du Sud, aucune association de parents d’élèves et d’étudiants n’a daigné approcher les nouvelles autorités pour solliciter la réouverture des institutions universitaires qui, au cours de la prochaine année universitaire 2011-2012, regrouperont en première année trois promotions de bacheliers. En outre, les étudiants des autres années écoperont de deux années blanches. Du jamais vu en Côte d’Ivoire! C’est donc le nouveau régime de Ouattara qui fait subir aux étudiants ivoiriens deux années de retard dans leur cursus universitaire. L’homme ne sacrifie-t-il pas là les intérêts de la jeunesse ivoirienne au profit de ces intérêts et de ceux de ses parrains ?

De même, la société civile, les nombreuses ONG d’éducation et de formation des jeunes et l’UNESCO dont la Côte d’Ivoire est membre sont restées jusqu’à ce jour de marbre devant tant d’injustices faites aux jeunes ivoiriens dans le cadre de leur formation universitaire. Aucune de ces organisations chargées de promouvoir l’éducation et la formation n’a jusque là entrepris une quelconque démarche auprès des nouvelles autorités pour solliciter la réouverture des universités.

Outre ces organisations, les enseignants et les chercheurs, face à la destruction de leur cadre de travail gardent étonnement le silence devant la fermeture des universités. Est-ce le résultat de la barbarie des rebelles de Ouattara et la peur des représailles subséquente qui amènent ces syndicats de défense de leurs droits à rester ainsi muets comme des carpes ?

Ce silence est inquiétant car le pays serait en grave péril si l’on doit se taire parce qu’on perçoit son salaire, comme c’est le cas en ce moment : ce n’est pas bon pour l’honneur des enseignants-chercheurs et c’est aussi mauvais pour le pouvoir Ouattara-Soro.

A cette allure, il faut craindre pour les luttes syndicales à venir car la démobilisation actuelle permet au pouvoir de tuer dans l’œuf toute velléité de contestation, abandonnant ainsi les étudiants à leur propre sort.

Quant à l’Unesco, ses responsables se sont laissés certainement influencés par Sarkozy dont l’armée a renversé dans le sang, le Président GBAGBO en qui les étudiants se reconnaissent pour la grande majorité.

Est-ce normal que l’UNESCO abandonne les nobles idéaux de la formation des jeunes ivoiriens ? Cette organisation qui était si prompte à brocarder le système éducatif ivoirien sous le régime GBAGBO par des communiqués et autres menaces de non reconnaissance des diplômes ivoiriens, à cause des années tronquées du fait de la rébellion est, depuis l’octroi du pouvoir à Ouattara par la France, muette sur la fermeture par les nouvelles autorités des universités d’Abidjan. Quelle injustice !

Et pourtant des solutions auraient pu permettre d’éviter aux universités cette situation catastrophique :
•     La France et Ouattara auraient pu donner des instructions fermes pour que les universités qui ne sont pas des camps militaires ne soient pas touchées par les pillages de leurs supplétifs ;
•    Ouattara qui a dépensé plusieurs dizaines de milliards de FCFA pour ses « investitures » à Abidjan et à Yamoussoukro, pour le prix Houphouët-Boigny en France, pour la réhabilitation des prisons et d’autres cérémonies inutilement dispendieuses sur le dos du peuple ivoirien, aurait pu dégager s’il le voulait, les ressources financières et matérielles nécessaires pour une réouverture urgente des universités d’Abidjan, car il a toujours fait croire à ses affidés  qu’il « sait trouver l’argent ».
•    Il est urgent de mettre en place un comité regroupant les parents d’élèves et d’étudiants, les syndicats du monde universitaire, les autorités universitaires, les autorités administratives et politiques, pour réfléchir sur une relance rapide des activités universitaires ;
•    Il appartient aux pouvoirs publics de tout mettre en œuvre pour que les enseignants et étudiants reprennent dans les meilleurs délais les cours malgré les conditions difficiles de nos universités, car à la vérité, plus le temps passe, plus les problèmes s’accumulent ;
•    L’UNESCO doit apporter son concours financier et technique pour la réouverture des universités.
En résumé, face à la rébellion de Ouattara confiée à Soro, un autre jeune sacrifié, Le Président GBAGBO a jugé indispensable de délocaliser, en zone gouvernementale, les universités des zones rebelles, pour permettre aux étudiants de poursuivre leur formation, malgré une situation financière difficile. Par contre, Ouattara qui dispose de l’ensemble des ressources du territoire ivoirien n’a trouvé comme solution que de faire casser, piller, incendier et de fermer sine die les universités d’Abidjan.

Qu’attendent les parents d’élèves, les syndicats d’enseignants, les organisations de droits de l’Homme, la convention de la société civile, l’UNESCO pour mettre fin à cette grave injustice ? Le silence de ces organisations fait d’elles indiscutablement des complices.

Elles devraient au contraire prendre attache avec les pouvoirs publics, les syndicats des enseignants et d’étudiants pour une reprise rapide des activités universitaires.

Vivement que les universités rouvrent pour dispenser le savoir à la jeunesse ivoirienne, l’avenir de ce pays.

Une contribution de patriotes seniors

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