06/10/2011 04:39:44
Cameroun: Abstenons-nous Pacifiquement de la Présidentielle
Quelques jours seulement avant que le peuple camerounais ne se retrouve face à son destin, il convient de faire un examen critique sur les enjeux et les acteurs de cette élection présidentielle dans l’optique d’être mieux averti afin d’opérer le meilleur choix je jour J.
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Quelques jours seulement avant que le peuple camerounais ne se retrouve face à son destin, il convient de faire un examen critique sur les enjeux et les acteurs de cette élection présidentielle dans l’optique d’être mieux averti afin d’opérer le meilleur choix je jour J.
 
Quoiqu’on en dise, il faut être à la fois sourd et aveugle pour ne pas se rendre à l’évidence que l’élection qui se prépare au Cameroun en ce moment est une mascarade assez bien organisée pour maintenir M. Paul Biya come chef de l’Etat de notre pays. Avec les bulletins de vote déjà imprimés et en route pour les bureaux de vote, même le miracle d’une candidature unique de l’opposition en cette dernière heure ne pourrait plus rien contre la machine électorale que M. Biya contrôle de main de maître.

Alain Mbe

Il faudrait donc savoir pourquoi la vingtaine de candidats en course s’égosille à convaincre les camerounais  qu’ils sont les hommes et femmes de la situation et surtout prétendent même  venir en tête du scrutin de dimanche prochain. Si la plupart de candidats n’est bien évidemment pas de bonne foi, on pourrait aisément penser que les manœuvres de charme que nous observons au courant de cette campagne visent simplement à tromper la conscience collective des camerounais.

D’une part, le régime en place s’appuie sur les leviers du pouvoir pour orchestrer la victoire d’un candidat qui se contente de lire les discours dans lesquels les promesses non tenues sont remises en scène avec de nouveaux décors. On pourrait par exemple citer les grandes ambitions qui sont devenues les grandes réalisations ou le sénat - prévu dans la constitution du 18 Janvier 1996 - qui sera mis en place. On se souvient que la mise en place effective de ce même sénat faisait déjà l’objet d’une des promesses lors discours présidentiel en fin d’année 2009.
 
Malgré l’exercice d’un septennat tout au plus médiocre, certains camerounais ne manquent pas d’enthousiasme pour applaudir ces discours démagogiques. Il va sans dire que les pontes du régime et leurs proches ont de très bonnes raisons pour applaudir car il savent ce qu’il ont a défendre le 9 Octobre prochain. Ou même s’ils ne savent pas, ce jour n’est pas le moment de le leur rappeler. Ceux qui irons voter massivement, nous nous devons bon gré mal gré  de respecter leur préférence d’accomplir leur devoir. Toutefois, il serait judicieux de suggérer a ces derniers que le Cameroun est actuellement un pays pauvre et très endetté, donc au lieu de participer massivement une élection gagnée d’avance, nous pourrions nous inspirer d’un certain Jean Bedel Bokassa qui s’était fait proclamer empereur a vie de la république centrafricaine, épargnant ainsi des dépenses inutiles à son pays pour des élections sans objet.
 
Le SDF quant à lui, considéré comme principal parti d’opposition semble avoir jeté la confusion dans l’esprit des camerounais qui avaient eu pour consigne qu’il n’y aurait pas d’élection avec Election Cameroun (ELECAM), l’organe en charge d’organiser les élections au Cameroun. Parmi les onze points proposés en préalable aux élections, seuls le vote des camerounais de la diaspora et l’élargissement des membres d’ELECAM ont été retenus et drôlement mise en œuvre a la suite d’une modification de la loi électorale. Allons donc chercher ce qu’a fait le SDF durant les sept dernières années. Pourquoi n’a t’il pas fédérer les forces d’opposition crédible afin pour porter les aspirations légitimes du peuple camerounais. Nous avons plutôt observé une dislocation avec le retrait des personnes clé a ce parti telles que Maître Bernard Mouna et Mme Kah Walla qui ont respectivement crée l’AFP et le CPP. Ces deux parti animent avec le RDPC et les vingt autres cette campagne présidentielle qui – en dehors que quelques baladins qui animent la galerie- est décrite come terne par de nombreux observateurs.

Alors que certains partis de l’opposition sont encore en train d’attendre les fonds publics pour le financement de leur campagne, il est curieux et regrettable d’observer que les camerounais de la diaspora en occident - pourtant capable de supporter financièrement les partis qui leur auraient fait part de leurs préoccupations – n’ont pas beaucoup été courtisés. Comment expliquer par exemple que dans un pays comme le Royaume Uni, le seul parti officiellement constitué est le parti du pouvoir en place. L’on ne saurait pourtant imaginer par quelle alchimie ce régime en place parviendrait même à empêcher les partis de se constituer et de mobiliser les sympathisants au sein de la diaspora afin de récolter des fonds pour les campagnes électorales.
 
Dans l’espoir que chaque parti fera une évaluation au lendemain cette élection et que de bonnes résolutions seront prises pour les échéances électorales à venir, il ne nous reste plus qu’à voir ce qu’il ya lieu de faire de son vote le 9 Octobre 2011. Il faut reconnaitre que sur cette question, les camerounais ont des avis divergents. Ceux par exemple qui n’ont pas le droit de voter ne sont bien entendu pas concernés par cette question. Vient ensuite ceux qui ont le droit au vote et ont choisi de ne pas s’inscrire sur les listes, là également, les dés sont jetés car boycotter activement tout le processus signifie que et leur vote et surtout leur existence ne comptera jamais à cette élection.

Descendre dans la rue est certes une forme de protestation qui en principe ne devrait pas poser de problème, surtout au regard du printemps arabe qui a donné de bons résultats au peuple Tunisien et Egyptien au début de cette année. Toutefois, nul n’ignore que le pouvoir en place n’hésiterait pas à utiliser un marteau pour écraser une mouche. Certes, on ne peut pas faire des omelettes sans casser les œufs, toutefois, il serait impératif que tout leader qui invite les camerounais dans la rue du triangle national tache d’être en tête de file. Apres les récents massacres de février 2008, il n’est plus question que le sang des camerounais ordinaires – qui souffrent déjà assez  au quotidien – coule d’avantage.
 
Si participer massivement ou boycotter activement sont des moyens qui aideraient le régime en place à s’accrocher davantage au pouvoir, que faire donc de son vote, il semble circonspect de considérer une troisième option qui consisterait à étaler pacifiquement son mécontentement à tous les acteurs prenant part a cette élection. La réussite d’une élection se mesurant avant tout sur le taux de participation du corps électoral, ne pas voter  alors qu’on est bien inscrit seraient la preuve indubitable qu’il y a malaise et peut pousserait  donc tous les acteurs à refléter. Dans un pays développé comme le Royaume Uni,  les inscriptions sur les listes électorales sont obligatoires ; il est donc très facile de noter le taux d’abstention. Chez nous, il n’y a aucune contrainte,  ainsi le régime est libre de se baser sur le dernier recensement contesté pour faire des estimations sur le nombre de camerounais ayant droit au vote.  Aller s’inscrire ne garantit pas qu’on obtiendra sa carte électorale ou même qu’on saura a quelle bureau de vote se rendre, par contre participer permettra au monde entier de voir les limites d’ELECAM qui admet déjà ses défaillances en indiquant par exemple que les camerounais pourraient aller voter avec leurs cartes nationales d’identité.

De plus au regard du fait que le boycott actif de l’élection présidentielle de 1997 n’avait pas changé grand chose, au regard du fait que participer massivement maintiendrait les camerounais au service d’un groupuscule qui se sert et se moque bien du peuple, il faudrait faire en sorte que sa voix compte pour quelque chose. Une abstention pacifique par les électeurs régulièrement inscris pour voter permettrais qu’au lendemain, tous les acteurs qui auront gaspillés l’argent du contribuable se rendraient bien a l’évidence que les camerounais ne souhaitent pas cautionner la mascarade qui leur étais préparer.
 
Sur les rus de nos villes et chemins de nos campagnes, il ne fait plus l’ombre d’aucun doute qu’une large franche du peuple camerounais se sentant abusé a perdu confiance au politiciens et même à la politique comme instrument de gestion de la cité, toutefois, il ne sera jamais tard pour que tous les citoyens camerounais  aient en souvenir que, s’ils ne font pas la politique, ils en seront encore plus victime. Ainsi, après cette élection, Nous devons donc plus que ne jamais nous mobiliser afin de voir comment nous pouvons contribuer a l’organisation des élections crédibles dans notre pays.

Alain Mbe
Coordonateur de CamerPlus

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