06/10/2011 05:55:07
Une plainte attend Biya Douala
Selon un communiqué du cabinet civil publié hier mercredi, 5 octobre, le candidat du parti des flammes, Paul Biya, sera à Douala ce jour dans le cadre de sa campagne pour la présidentielle du 9 octobre 2011. Où l’y attend une procédure judiciaire...
Le Messager
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Selon un communiqué du cabinet civil publié hier mercredi, 5 octobre, le candidat du parti des flammes, Paul Biya, sera à Douala ce jour dans le cadre de sa campagne pour la présidentielle du 9 octobre 2011. Où l’y attend une procédure judiciaire...
 
Depuis le début de la campagne pour la présidentielle du 9 octobre prochain, le débat sur la venue ou non du candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais meublait les conversations aussi bien dans les services publics que dans les chaumières. La rue n’était pas en reste.  Désormais, c’est officiel. Paul Biya, candidat à sa propre succession à la tête de l’Etat, sera dans la capitale économique, Douala, ce jour.  Un communiqué de Martin Belinga Eboutou, directeur du cabinet civil de la présidence de la République, vient de confirmer son arrivée, ce jeudi 6 octobre 2011 à Douala. 

Comme à Maroua, mardi 4 octobre 2011, le candidat du Rdpc est à Douala pour battre campagne en vue de sa réélection à la tête de l'Etat. Il y passera deux jours et sera accompagné pour la circonstance des ministres originaires de la région. En effet, outre les habituels René Sadi, Martin Bélinga, l'aide de camp Joseph Fouda, le chef de protocole Bikélé et le gouverneur de la région, le reste de la délégation officielle est constituée des ministres Laurent Esso, Louis Bapès Bapès et autres David Sigfried Etamè Massoma.

Douala, capitale économique est réputée ville frondeuse. En dépit de ses offensives répétées, le pouvoir peine à faire basculer définitivement cette cité portuaire dans son escarcelle. Aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd’hui, le Rdpc y est divisé et l’opposition serait en train de regagner  du terrain. Après le célèbre «me voici donc à Douala», en 1992, au plus fort de «l’opération villes mortes», le discours de Paul Biya dans cet important vivier électoral est vivement attendu. En fait, la tension reste palpable après l’incident de la semaine dernière sur le pont sur le Wouri (des hommes munis d’armes de guerre et vêtus de treillis militaires ont tiré des coups de semonce en demandant le départ du président actuel). Le gouverneur de la région  du Littoral, Francis Faï Yengo,  avait parlé d’un individu  qui avait tenu en respect les populations en tirant en l’air.

A Douala, c’est pratiquement la veillée d’armes dans les quatre coins de la ville relativement calme. En effet, comme à son habitude, le candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a réussi à mettre ses troupes sur le qui-vive. Voulant décrocher la timbale d’accueillir le chef de l’Etat, la fièvre des préparatifs est montée depuis quelques jours dans la ville.  Les dissensions entre les élites, soucieuses d’être en pointe, semblent avoir considérablement gagné en ampleur. Le candidat Biya réussira-t-il à ramener la sérénité dans sa maison ? Déjà une plainte l’y attend (voir texte ci-dessous)

Après Douala, le candidat Paul Biya se rendra à Kribi, cité balnéaire située dans la région du Sud. L’évènement sera suivi de la pose de la première pierre du port en eau profonde située dans le chef-lieu du département de l’Océan qui abrite l’un des «projets structurants» devant conduire le Cameroun « à l’émergence à l’horizon 2035 ».
Blaise-Pascal Dassié
 
Citation directe*. Plainte contre le candidat Biya à Douala**
 
Pour :

 – Paralysie et prise en otage de toute l’administration publique, pour les besoins de campagne électorale
 – Confiscation et utilisation exclusive de toutes les salles de fête et du palais des congrès
 – Violation flagrante des règles d’affichage dans la campagne électorale
 – Tentative de corruption d’un membre d’élection Cameroon (Elecam)
 
Monsieur le président,

Je viens respectueusement auprès de votre haute bienveillance par la présente, déposer plainte contre la personne et le parti politique sus cités, pour les motifs énumérés en marge. En effet monsieur, depuis le début de la campagne électorale pour la présidentielle 2011, il m’a été donné de constater des manquements et violations graves aussi bien de la loi pénale qu’électorale de notre pays par le candidat Biya et son parti le Rdpc.
 
1.    – Sur la paralysie de l’administration publique

Rendu dans plusieurs bureaux  administratifs de la province du Littoral ou je vis, pour le suivi de quelques dossiers me concernant, j’ai une désagréable surprise de constater depuis le début de cette campagne, que la quasi-totalité des fonctionnaires et hauts responsables administratifs étaient tous absents, parce que obligés d’aller battre campagne pour le président sortant, dans leurs villes d’origine, sous peine de représailles.
Cette situation inacceptable crée donc un manque à gagner et une paralysie de toute l’administration qui est comme momentanément morte, sans oublier les usagers qui subissent des dommages graves, comme dans mon cas.
 
2.    Sur la confiscation de toutes les salles de fête et du palais des congrès

Vous êtes sans ignorer monsieur, que depuis des décennies, le parti au pouvoir a fait du palais des congrès et de toutes les salles de fêtes le siège du Rdpc, désormais connus sous le nom de : Maison du parti. Ces bâtisses pourtant construites avec l’argent du contribuable font depuis très longtemps l’objet d’une utilisation exclusive et abusive de la part du parti au pouvoir qui en a fait ses propriétés privées, et dont il dispose à sa guise, et ceci se constate encore avec la campagne électorale en cours, où les partis d’opposition n’y ont pas accès.
 
3- Sur la prise en otage des fonds de campagne dus aux partis politiques

Il est de notoriété publique aujourd’hui au Cameroun qu’à chaque élection dans notre pays, le président du Rdpc s’arrange à faire libérer ces fonds selon sa guise et à sa vitesse, ceci en totale contradiction avec la loi électorale. Celui-ci s’arrange toujours à paralyser l’action des partis de l’opposition qui ont pourtant besoin de cet argent pour leur déploiement sur le terrain. Malheureusement, le président du Rdpc et son parti se servent tranquillement dans les caisses de l’Etat et ne libèrent les fonds alloués aux partis de l’opposition que de façon homéopathique, comme ce fut le cas en 2004 lors des présidentielles et comme c’est actuellement le cas avec le processus en cours.
 
4- Sur la violation flagrante des règles d’affichage dans la campagne électorale

Ceci est un flagrant d’élit qui se constate sur le terrain actuel de la campagne, ou les affiches du candidat Biya sont faites dans des formats totalement hors des limites prévues par la loi y afférent. Comme si cela ne suffisait pas, celles-ci sont affichées partout sur des supports non prévus pour cela, et tout ceci au mépris de la loi.
 
5- Sur la tentative de corruption d’un membre d’Elecam

Voici quelques jours que nous avons appris que Mme Biyong Pauline, membre d’élecam, est celle qui a gagné le marché d’affichage du candidat Biya. Ce qui veut dire qu’elle travaille sur le terrain à la victoire de l’un des candidats à l’élection pour laquelle elle est arbitre. Ceci de mon point de vue est une autre violation de l’esprit de la loi de la transparence qui devait prévaloir dans un processus électoral comme le nôtre.

Devant cette série de violations et manquements graves à la loi et à l’image de marque de notre pays, je souhaite que la loi soit appliquée avec la dernière énergie contre les auteurs de ces délits, à savoir monsieur Biya et son parti le Rdpc ; demande l’invalidation du mandat de Mme Biyong au sein d’Elecam et que le Rdpc soit condamné à déménager du palais des congrès de Yaoundé, et de toutes les salles de fêtes à travers le pays, non sans avoir démonté toutes les enseignes du parti au pouvoir qui jouxtent l’entrée de chacun de ces édifices, afin que ceux-ci soient désormais ouverts à tous les partis politiques et associations désirant en faire usage.
Dans l’attente d’une suite favorable et équitable à ma requête, veuillez agréer Monsieur l’expression de ma très haute considération.

Signé Monsieur Kameni Joe de Vinci (Joe la conscience)
Fait à Douala le 03 octobre 2011
 
* adressée à monsieur le président du Tribunal de première instance de Douala
** la titraille est de la rédaction du Messager

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