07/10/2011 04:29:52
Scrutin. Ben Muna menace de jeter l'Úponge
Au cours d’une conférence de presse très courue, le candidat de  l'Alliance des forces progressistes (Afp), condamne l’endormissement des consciences des Camerounais par les Nations unies, ouvre les hostilités et menace de jeter l’éponge, face aux irrégularités constatées avant le scrutin du 9 octobre prochain.
Le Messager
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Au cours d’une conférence de presse très courue, le candidat de  l'Alliance des forces progressistes (Afp), condamne l’endormissement des consciences des Camerounais par les Nations unies, ouvre les hostilités et menace de jeter l’éponge, face aux irrégularités constatées avant le scrutin du 9 octobre prochain.

Deux heures 30 minutes. C’est le temps qu’on a attendu au siège del'Afp, avant de voir arriver Bernard Acho Muna, candidat déclaré au scrutin du 9 octobre prochain. Dans les coulisses, les journalistes sont au fait de ce qui peut paraître comme un scoop ; la menace de Bernard Muna de se désister de la course à la présidentielle de 2011, pour ne pas servir de caution et d’onction à une élection où, vraisemblablement, tous les dés sont pipés et le jeu vicié.

'L’article 41 de la loi n°2006/011 du 29 décembre 2006, portant création, organisation et fonctionnement d’Elections Cameroon (Elecam), modifiée et complétée par la loi du 13 avril 2010 et celle du 6 mai 2011, stipule que : en cas de défaillance de Elecam, dûment constatée par le Conseil constitutionnel, le président de la République prend en vertu des dispositions de l’article 05 de la Constitution, les mesures qu’il juge nécessaires pour y remédier ' se plaint le candidat président de l’Afp ; dénonçant ainsi ce qu’il appelle : l’incompétence manifeste, les incongruités, les improvisations et le manque de diligence de Elecam, dans la gestion et l’organisation du scrutin du 9 octobre prochain. « Nous constatons qu’il y a des personnes qui se retrouvent avec plusieurs cartes d’électeurs. Nous avons rencontré des gens avec cinq voire sept cartes. Il y en a qui nous font le chantage de voter en même temps pour le Rdpc et le reste pour le candidat de l’Afp. Nous réitérons le fait que l’Afp ne sera pas responsable des débordements et mécontentements de la jeunesse, devant les fraudes et les irrégularités qui s’en suivront » explique Ben Muna, courroucé.

Le candidat de l'Afp s’étonne de la non existence des commissions départementales de supervision des élections à deux jours d’une échéance aussi cruciale comme l’élection présidentielle dont les missions premières sont de veiller au bon déroulement des opérations préparatoires aux élections et des opérations électorales proprement dites. Il s’insurge du fait que les cartes d’électeurs n’ont pas été distribuées dans les délais, pire, elles ont été abandonnées dans les chefferies, à la merci des mains inexpertes, pour une distribution spécieuse et incontrôlée. Selon lui, il y a fort à parier que le scrutin du 9 octobre prochain sera émaillé de doublons et de votes multiples. « Nous mettons en garde les nations unies qui sont venues endormir les consciences et le peuple camerounais, en nous faisant savoir qu’il travaillaient dans la perspective des élections transparentes. Où sont passées les listes informatisées ? S’il y a trouble dans ce pays, la grande responsabilité incombe à l’Onu. Nous avons demandé à la Cour Suprême qui officie en lieu et place du Conseil constitutionnel, de constater toutes ces irrégularités et de prendre ses responsabilités, de tout faire pour éviter le chaos », s’indigne Bernard Muna.
 
Disqualifier Elecam et proroger la date des élections

Le candidat de l’Afp pense qu’il y a lieu de constater que les insuffisances et les gravités des omissions d’Elections Cameroon, sont à même de créer un péril et des mouvements incontrôlés. « C’est pourquoi, M. le premier président de la Cour suprême, au vu des textes en vigueur, nous vous prions de bien vouloir ordonner le constat des disfonctionnements d’Election Cameroun qui constituent des défaillances graves de cet organe, au regard des missions qui lui sont confiées » écrit Ben Muna, à l’adresse de la Cour Suprême. Selon lui, les élections transparents et bien organisées, contribuent à faire du Cameroun, un pays fort, développé et prospère.

Bernard Acho Muna qui croyait jusqu’ici, que les dispositifs  juridique, institutionnel et organisationnel  qui encadrent cette élection capitale pour la vie du Cameroun n’allaient pas être viciés de bout en bout pour favoriser le candidat sortant, Paul Biya, comprend sur le tard que Elecam, malgré les nombreux amendements reste, de son point de vue, un dispositif qui recèle plein de contradictions tant dans la loi qui l’organise, le personnel chargé de le faire fonctionner que dans les mécanismes techniques d’exécution de sa délicate fonction d’organisation des élections.

« Nous sommes désormais parfaitement conscients que l’environnement actuel est peu propice à l’organisation d’une élection pacifique, libre, juste et transparente. Il appartient donc à la Cour suprême agissant en lieu et place du Conseil constitutionnel, de prendre ses responsabilités devant l’histoire », conclut-il.

Souley ONOHIOLO

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