16/04/2009 16:06:00
Affaire Albatros : Jérôme Mendouga aux portes de Kondengui
L’ex-ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, selon plusieurs sources, y aurait été écroué hier soir. Après avoir été entendu à plusieurs reprises dans le dossier de l’achat controversé d’un aéronef pour le compte du chef de l’Etat, entre 2002 et 2004.
La Nouvelle Expression
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L’ex-ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis, selon plusieurs sources, y aurait été écroué hier soir. Après avoir été entendu à plusieurs reprises dans le dossier de l’achat controversé d’un aéronef pour le compte du chef de l’Etat, entre 2002 et 2004.

Au moment de mettre sous presse, nous apprenions de sources informées, que Jérôme Mendouga, ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis d’Amérique, aurait été écroué cette nuit à la prison centrale de Yaoundé, au quartier Kondengui. Après un passage dans la journée d’hier devant le juge d’instruction en charge du dossier Albatros. La Nouvelle Expression n’a pu, pour le moment, s’enquérir des motifs pour lesquels le juge aurait délivré un mandat de dépôt en l’encontre du diplomate.

Vendredi 03 avril, Jérôme Mendouga a été longuement entendu en tant que " témoin " par le juge Magnanguemabé, rapportait Mutations, dans sa livraison du lundi 06 avril. Le quotidien de la place Repiquet ajoutait que son audition portait sur l’affaire Albatros, du nom de cet aéronef dont les tractations en vue de son acquisition pour le compte du chef de l’Etat du Cameroun débutèrent en 2002. Le diplomate alors en poste à Washington y joua un rôle non négligeable, chapeauté en cela par le secrétaire général de la présidence de la République à l’époque des faits, Jean Marie Atangana Mebara, aujourd’hui locataire de Kondengui.

Cette mise sous mandat de dépôt couronne pour l’instant une série d’auditions riche de ses péripéties. L’année dernière déjà, La Nouvelle Expression (édition du 19 août) évoquait le malaise des diplomates et policiers camerounais devant le peu d’empressement de Jérôme Mendouga à déférer de nouveau aux convocations des enquêteurs. En fait, le diplomate, après une première série d’auditions à la police judiciaire, à Yaoundé, les 11 et 12 juin 2008, avait manifesté le désir de retourner au pays de l’Oncle Sam, aux fins de rassembler la documentation comptable et financière relative à l’achat de l’Albatros. Autorisation accordée. Par la suite, le silence persistant que l’ambassadeur opposa aux relances des autorités les avait amenées à évoquer l’hypothèse d’un mandat d’arrêt international. Une menace qui porta, puisque Jérôme Mendouga finît par regagner le bercail.

Personnage clé dans l’achat de l’Albatros, Jérôme Mendouga fut en quelque sorte le mandataire de l’Etat du Cameroun, à plusieurs reprises en terre américaine. Son implication dans ce dossier va de la phase des discussions avec la firme Boeing en vue de l’établissement d’un contrat, aux transactions relatives à la décoration de l’aéronef, en passant les négociations visant la rupture du même contrat, après l’incident survenu en avril 2004, lors du vol inaugural de l’appareil ayant à son bord Paul Biya, sa famille et des proches collaborateurs. Le Cameroun fut obligé d’éponger une ardoise de 2 milliards F Cfa auprès du constructeur d’avions américain.

Jérôme Mendouga, un témoin capital.

Omer Mbadi Otabela

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