10/10/2011 03:46:55
Mascarade électorale, coups de feu à Bakassi
Démarrage très tardif du vote . Encre non indélébile.Isoloirs de fortune... Les coulisses. Quatre morts du côté des pandores hier 9 octobre 2011.
Le Messager
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Des assaillants attaquent une gendarmerie à Bakassi

Bilan : quatre morts du côté des pandores hier 9 octobre 2011
 
Les opérations électorales, notamment la campagne électorale qui s’est achevée samedi 8 octobre 2011 sans heurts à Bakassi, ont été malheureusement entachées par des coups de feu qui ont retenti sous le ciel de Bakassi, dans la région du Sud-Ouest. Selon des sources concordantes, hier dimanche 9 octobre 2011 aux alentours de sept heures du matin, la brigade de gendarmerie d’Isanguelé a été prise d’assaut par des assaillants non identifiés. Ils ont tenu en respect quatre pandores qui convoyaient le matériel électoral et s’apprêtaient aussi à quadriller la ville les bureaux de vote, question de parer à toute éventualité.

Ceux-ci auraient tenté de riposter et sur ces entrefaites un gendarme serait tombé. L’on aurait pas en des trois autres. Selon nos sources, les assaillants ont dégainé les premiers. Cette attaque intervient après les coups de feu enregistrés sur le pont du Wouri à Douala, jeudi 29 septembre 2011. Un assaut qui avait été revendiqué par Bertin Kisob, candidat recalé à la présidentielle 2011, qui serait à la tête d’un mouvement qui a promis de perturber par tous les moyens, le scrutin d’hier.

En rappel, ce n’est pas les premières fois que des coups de feu crépitent à Bakassi, sont généralement l’œuvre des pirates forcement pas d’accord avec la paix des braves qui règne entre le Cameroun et le Nigeria. Entre ces menaces et l’attaque d’Isangele, il y a évidemment un pas que Le Messager se refuse de franchir en attendant d’avoir plus amples informations sur la question… Au moment où nous allions sous presse, nos sources évoquaient que les quatres gendarmes attaqués auraient tous péri.

Logique insurrectionnelle: Les anti-Biya sèment la panique à Bafoussam

Des messages exigeants le départ du candidat du Rdpc de la présidence de la république ont marqués sur des murs des sites visités de la ville. Une pluie fine a arrosé la ville de Bafoussam aux premières heures de la matinée du 9 octobre 2011. Les personnes s’étant réveillé de bonheur pour se livrer au sport de maintien sont tombées sur des messages anti- Biya inscrit sur le mur de quelques sites stratégiques de la métropole régionale de l’Ouest. « Biya dégage », pouvait-on lire sur le mur de la tribune de la place des fêtes. Au niveau du siège de la Coopérative agricole des planteurs de la Mifi (Caplami), un message similaire a été inscrit dans le décor. Les toilettes publiques du marché « B » à Bafoussam ont aussi reçu la visite de ces personnes supposées adeptes de l’alternance au sommet de l’état par une logique
insurrectionnelle.

Pour l’observateur, cette situation est d’autant embarrassante que depuis quelques semaines, les forces de sécurité sont en état d’alerte dans la ville de Bafoussam. « On dirait même que nous sommes en état d’urgence non officiellement décrétée. Tous les jours, on rafle toute personne trouvée dehors à plus de 20 heures. Que vous soyez titulaire d’une carte d’identité nationale ou pas », explique un analyste politique de la
place. Rappelons que selon des informations puisées à bonnes sources, deux gendarmes en service à la brigade de gendarmerie de Bayangam, notamment le commandant de cette brigade, se sont rendus au domicile du Dr Siméon Kuissu, 1er vice-président du Rassemblement démocratique pour la modernisation du Cameroun (Rdmc) dont la candidature du président Milla Assouté à l’élection présidentielle du 9 octobre prochain a été rejetée.

En l’absence du maitre des lieux à Djabù, rapporte-t-on, ils sont repartis sans préciser les motifs de leur présence sur les lieux. Informé de cette visite « surprise» à son retour, le Dr Siméon Kuissu, s’est rendu à la brigade de gendarmerie de Bayangam pour s’enquérir des mobiles de cette action. Sur place, les gendarmes ont mis en cause ses relations avec Milla Assouté, indexés comme chantre d’une révolution par « tous les moyens ». « Soyez rassuré, le désordre à Bayangam ne saurait venir par moi. Milla Assouté a pris la tête du conseil national de la révolution pour rechercher l’alternance par une autre démarche.

Nous, au niveau du Rdmc, nous avons pris nos responsabilités, et avons décidé de poursuivre nos activités dans le respect des lois de la République »
, conclut-il.

Organisation Scrutin à plusieurs vitesses dans le Littoral

Il était un peu plus de 17 heures lorsque nous quittions l’un des centres de vote de l’arrondissement de Douala IV. Le maigre contenu des urnes transparentes trahissait la faible participation des électeurs à la présidentielle de 2011. Le nombre impressionnant de candidats : 23 en lice n’a pas entraîné des foules de votants.

Le vote censé commencer dès 8 heures dimanche matin a pris d’énormes retards dans les différents bureaux de l’arrondissement de Douala IV. Le reporter du quotidien Le Messager arrivé à l’antenne d’Elecam de cet arrondissement à Bonabéri à 8 h 20 constate que le matériel est encore en voie d’acheminement dans les différents centres et bureaux de vote. Avec tout le cafouillage que cela a pu entraîner. A l’école maternelle de Bonassama, les bulletins d’Albert Dzongang de La Dynamique sont manquants.  Tout comme ceux de Paul Biya du Rdpc au bureau D d’une école privée de Manbanda.

Des électeurs sont isolés ou par petits groupes qui attendent le lancement du scrutin. Si ce n’étaient les présidents des bureaux de vote qui brillaient par leur retard, c’étaient les représentants de l’administration. Le record de la lenteur revient au bureau de vote de Ndobo où le scrutin a commencé bien au-delà de 13 heures. Les électeurs les plus patients avaient à choisir, soit de faire le pied de grue, soit de vaquer à une quelconque occupation pour revenir plus tard voir. C’est le cas de Mme D. S. qui a fini par aller faire la cuisine pour revenir. A quelle heure ? Nous ne le saurons pas. Ne pouvant, comme elle, revenir éventuellement.

A Bojongo de l’autre côté de la grande route qui relie Douala aux régions de l’Ouest et du Sud Ouest, de l’avis des présidents des bureaux de vote rencontrés, le vote a commencé entre 9 h 30 et 10 h en fonction des bureaux, en raison de l’arrivée tardive des bulletins de vote. Les isoloirs étaient pourtant là depuis la nuit, assure une présidente de bureau de vote.

Si dans ces cas de retard on peut dire que tout est bien qui finit bien, on a constaté par ailleurs qu’en dehors du Rdpc et du Sdf, le plus grand nombre de partis politiques n’avaient point de représentants dans les bureaux de vote. Le Manidem, le Mouvement progressiste, l’Afp ont pu dépêcher des scrutateurs ici et là. Situation d’autant plus inquiétante que le président d’un bureau de vote à Bojongo se demandait comment il allait établir les procès-verbaux sans appliquer la sentence selon laquelle « les absents ont tort ».

Si des patients ont pu voter, il reste que une fois encore très peu de gens n’ont pas pu le faire pour défaut d’obtention de carte d’électeur et de l’incompréhension des consignes données par la direction d’Elecam. Pour certains responsables de bureau de votre, tout électeur inscrit, mais sans carte, pouvait élire sur présentation de sa carte nationale d’identité. D’autres exigeaient mordicus les deux pièces sans lesquelles, le citoyen pourtant désireux d’accomplir son devoir, était courtoisement, mais fermement interdit de vote.

Par ailleurs, un communiqué du gouvernement diffusé samedi interdisait formellement la circulation des moyens de transport public dès 18 heures ce samedi à dimanche 18 heures. Ce qui a accentué la psychose qui sévit à Douala depuis environ trois semaines. Beaucoup de personnes ont préféré se terrer chez elles par mesure de prudence et de sécurité. Certes, quelques téméraires parmi les transporteurs urbains ont bravé les termes du communiqué gouvernemental. Mais n’ont pas pu amener les habitants de Douala dont bon nombre d’électeurs, à braver la peur qui les tenaille. Et même ce lundi matin, d’aucuns seront sans doute encore dans l’expectative. Au vu du fort déploiement des forces de défense dans la ville : police et gendarmerie anti-émeutes, unités spéciales patrouillent comme pour faire face aux nouvelles de plus en plus alarmistes qui circulent.

Alain Njipou / Guy Modeste DZUDIE / Essomba Franck

 

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