11/10/2011 02:42:49
Violences postélectorales. Polémique sur la femme tuée à Bandjoun
Virginie Djemo, 56 ans, a succombé à la suite des coups de pied reçu au bas ventre. Quant aux mobiles politiques du drame, une divergence existe entre sa famille et les cadres du parti de Fru Ndi.
Le Messager
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Virginie Djemo, 56 ans, a succombé à la suite des coups de pied reçu au bas ventre. Quant aux mobiles politiques du drame, une divergence existe entre sa famille et les cadres du parti de Fru Ndi.

« Le deuil de maman est devenu une affaire d’Etat. Son corps se trouve entre les mains des autorités. Elles ont décidé que les obsèques ne peuvent avoir lieu qu’après la baisse des tensions post-électorales.» Inconsolable, Nadège Domché est gênée face à l’ampleur pris par le décès de sa mère, Virginie Djemo, 56 ans. Présentée comme militante du Social democratic front (Sdf) de la cellule de Keng à Bandjoun, cette dernière a trouvé la mort dans la soirée du 9 octobre dernier, dans un carrefour situé juste à un jet de pierre du bureau de vote de l’école publique de Keng à Bandjoun.

« A la fin du dépouillement et du décompte des voix dans le bureau de l’école publique de Keng à Bandjoun, elle s’est mise à crier : ‘Rdpc Oyééé !’ Paul Biya a gagné ! Arrose alors ! ». Par la suite, un jeune homme du quartier qui répond au nom de Nestor Waffo posté à ses côtés s’est mis à lui donner des coups de pied sans raison valable. « Dans le même déchaînement de violence, il lui a assené des coups de pied au bas ventre », rapporte un témoin. « La scène s’est déroulée rapidement. Au moment où l’on voulait intervenir, on a juste constaté les dégâts », complète notre interlocuteur. Pourquoi Nestor Waffo s’est-il alors pris à Virginie Djemo  juste quelques minutes après le dépouillement des votes exprimés à Keng dans le cadre de l’élection présidentielle du 9 octobre avec en lice le président sortant Paul Biya et 22 autres candidats ?

Appel à l’apaisement

Les positions sont divergentes. Evariste Fotso Fopoussi, ministre de la Communication du shadow cabinet du Sdf et cadre local du parti dans le Koung-Khi, estime que «Virginie Djemo a été tuée par les militants du Rdpc opposés à son combat acharné pour la sécurisation des votes exprimés par les populations de Keng ». Jean Takouguem, époux de la défunte, ne nie pas son engagement personnel dans les rangs du Sdf. « Je suis et reste militant du Sdf dans la cellule de Keng. Mais mon épouse, naguère militante au même titre que moi, n’y était plus active depuis quelques années. Je ne lui connais pas d’implication quelconque dans le parti depuis des années. Elle est restée à proximité du bureau de vote pour se livrer à son petit commerce, et non à la protection des votes. Elle n’était ni scrutatrice ni représentante du candidat du Sdf dans le bureau de vote », explique-t-il.

Comme le commun des mortels, il se pose des questions sur les réels mobiles de l’acte posé par le meurtrier de son épouse. Joint parLe Messager, le capitaine Ekani, commandant de la compagnie de gendarmerie du Koung-Khi à Bandjoun s’est refusé de tout commentaire. « Je suis tenu par le secret de l’instruction. Je ne saurais vous dire quelque chose. Soyez pondérés dans vos écrits », conseille-t-il.

A bonne source, nous apprenons que suite à l’autopsie menée par le médecin légiste, Virginie Djemo est décédée d’ «hémorragie interne ». Sa dépouille a été déposée à la morgue de l’hôpital de Dja à Bandjoun. Dans cette foulée, Victor Fotso aurait reçu les membres de la famille de la défunte pour un appel au calme. D’ailleurs, une délégation du Rdpc se serait rendue au quartier Keng pour présenter ses condoléances à la famille de la victime et nier son implication quelconque dans ce drame. Selon Nadège Domché, la fille de la défunte, le présumé meurtrier est introuvable. Seul son témoignage pourrait donc permettre de déterminer s’il réglait des comptes à Virginie Djémo ou s’il ripostait contre une parole malveillante ou un acte que cette dernière aurait posé allant à l’encontre des intérêts électoraux du Rdpc dans la localité.

Guy Modeste DZUDIE, à Bandjoun

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