11/10/2011 12:52:57
Présidentielle 2011: La machine de la fraude électorale s'est mise en place
Corruption, achat de conscience, refus de la validation de dossiers de certains candidats présidents, intimidation, menaces de toutes sortes, confiscations de cartes d'électeur...telles sont les moyens de pression utilisés par les hommes du pouvoir de Yaoundé pour se maintenir au pouvoir. Le décor d’une vaste tricherie a bien posé ses valises au Cameroun.
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Corruption, achat de conscience, refus de la validation de dossiers de certains candidats présidents, intimidation, menaces de toutes sortes, confiscations de cartes d'électeur...telles sont les moyens de pression utilisés par les hommes du pouvoir de Yaoundé pour se maintenir au pouvoir. Le décor d’une vaste tricherie a bien posé ses valises au Cameroun. Le Cameroun est l’un des derniers pays en Afrique où les résultats d’une présidentielle sont connus d’avance. Celle de dimanche dernier n’a pas dérogé à la règle. Déjà, le déroulement de la campagne avait donné un avant-goût de ce que serait ce scrutin : une vaste tragi-comédie avec de piètres acteurs, les candidats, et des spectateurs blasés, les électeurs.

Du côté de Paul Biya, tous les moyens ont été mis à  son profit et rien n’est laissé au hasard. Avec une si longue longévité au pouvoir, le camp du président Biya Bi Mvondo d’abord sur le concours de ses nombreux adhérents et autres inconditionnels aujourd’hui infiltrés dans les différentes structures étatiques et qui ont le moment venu battu leurs dernières cartes pour entretenir la fraude.

Et parmi les stratagèmes mis en place par le pouvoir se trouvent notamment la vaste corruption, l’infiltration et la prise en otage de Elecam par le parti au pouvoir, la manipulation du fichier électoral, la confiscation des organes de médias officiels, la mise à contribution de caisses de l’Etat, le refus de la validation de dossiers de candidats présidents pour de motifs fallacieux, l’intimidation de candidats rivaux, la menace sous toutes ses formes… Et ce, jusqu’à la prise en otage des agents de l’administration publique et dont un grand nombre ne se gênent pas de se comporter d’ailleurs en vrais militants inconditionnels de cet espèce de ‘’Parti-Etat’’ qu’en agent de la fonction publique sensés être impartiaux et au service de la nation tout entière.

Parmi le nombreux cas de dénonciations de la fraude électorale enregistrées jusque là au Cameroun se trouve des doublons, triplons, une méconnaissance de tous les bureaux de vote etc.

La distribution des cartes d’électeur s’est faite dans la plus grande confusion. Et selon nos informations,  le parti au pouvoir n’a pas hésité de  mettre la main à la poche pour recruter des électeurs.

Depuis le 9 octobre 2011, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les irrégularités dans l’organisation du scrutin. Sur des listes électorales, il y a eu des électeurs  inscrits  plusieurs fois - deux et jusqu’à trois fois - le même nom sur les listes électorales affichées devant les bureaux d’Elecam Autre cas de fraude relevé par le Messager dans son édition du 11 octobre 2011, « Dimanche dernier alors que le vote se déroule, le fils de l’ancien Premier ministre est pris à parti pour tentative de fraude. Lovet  Achu, pour le citer, a été interpellé par un groupe d’assaillants, certainement acquis à la cause de l’opposition.  Selon ces assaillants, « il avait sur lui 61 cartes d’électeurs qu’il devait utiliser pour voter plus d’une fois ou acheter des gens pour le faire ». Ces derniers ont passé leur victime à tabac. Il n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention des éléments de la gendarmerie. ». Des cas similaires ont été relevés dans plusieurs régions du Cameroun.

Le Cameroun de Paul Biya est le prototype même du pays qui évolue en donnant la nette impression d’avoir emprunté un chemin sans issue. Il a pourtant tout pour réussir : des ressources naturelles à rendre jaloux de nombreux pays, un potentiel humain extraordinaire parce que constitué, en tout cas ici mieux qu’ailleurs, de hauts cadres dans tous les domaines d’expertise. Malheureusement, ce pays traîne aujourd’hui de l’arrière.

Par souci d’alerter l’opinion internationale sur les cas de fraude généralisée au cours de l'élection présidentielle du 9 octobre dernier, il faudra retenir que tout président issu de ce scrutin ne sera pas légitime.

Après avoir brillé pendant longtemps au plan sportif, voilà le Cameroun qui entreprend de battre un autre record, plus triste cependant : l’importance de sa diaspora. Elle illustre de la part de nombreux Camerounais, la tendance à s’éloigner de leur pays. Par peur d’une dictature impitoyable, mais aussi du fait du chômage et de la misère qui découlent d’une gestion calamiteuse du pouvoir d’Etat. Plus de vingt- neuf ans après s’être approprié le destin de leur pays, Paul Biya et ses partisans semblent toujours à la recherche de solutions qui tardent à venir au secours des populations dans l’attente. L’immobilisme étant source de frustrations et de calvaire, il est probable que ce pays continuera de végéter lorsqu’après le décompte des voix, les officiels proclameront Paul Biya vainqueur du scrutin présidentiel du 9 octobre.
 
Evarist  Mohbeu

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE