12/10/2011 02:43:38
Election présidentielle du 09 octobre 2011 : trois morts pour rien
Ces élections truquées, dont les résultats étaient connus d’avance, auront mobilisé pratiquement toute la fonction publique, et consommé une bonne parti du budget de l’état pour finalement enlever la vie à trois camerounais, pour rien.
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Ces élections truquées, dont les résultats étaient connus d’avance, auront mobilisé pratiquement toute la fonction publique, et consommé une bonne parti du budget de l’état pour finalement enlever la vie à trois camerounais, pour rien.

La convocation du corps électorale était tardive, le président de la république ayant attendu l’extrême limite du délai légal pour convoquer le corps électoral, avec la volonté évidente de prendre ses adversaires de court.
Les listes électorales étaient tripatouillées de nombreuses façons : inscriptions des membres et sympathisants du RDPC le parti au pouvoir par les responsables du parti qui collectaient les cartes nationales d’identités et ramenaient les cartes d’électeurs alors que cette démarche était refusée aux autres partis dont les militants devaient se présenter individuellement aux bureaux d’ELECAM pour leur inscription. Liste électorale ancienne et  liste actuelle mixées sans  toiletter l’ancienne, d’où des citoyens se retrouvant  inscrits plusieurs fois, ou des morts toujours inscrits.

La distribution des cartes électorales étaient désordonnée et arbitraire avec pour résultats de nombreuses cartes non distribuées, des électeurs  détenant plusieurs cartes tandis que des électeurs inscrits ne retrouvent pas leurs cartes, que des détenteurs de carte ne retrouvent pas leur bureau de vote. A Garoua par exemple, de nombreux citadins inscrits en ville se sont vus affectés dans des bureaux de vote à la campagne, parfois à plus de 10 km alors qu’ils n’ont aucun moyen de locomotion.

Des tentatives d’intimidations ont eu lieu : par exemple monsieur ELOUGA Nicodème, militant du RDMC a été enlevé à Yaoundé par quatre homme armés, en tenue, tabassé sauvagement et laissé pour mort. Il a survécu.
Des électeurs ont été empêchés de voter :

Le candidat Albert Dzogang et son épouse, régulièrement inscrits depuis 2004, n’ont pas eu de carte d’électeur malgré les promesses faites par ELECAM, n’ont pas trouvé leurs noms sur les listes et se sont vu refuser de voter avec la carte nationale d’identité.

À Londres par exemple, tandis que l’ambassade donnait des cartes consulaires  à des détenteurs de double nationalité (camerounaise et anglaise en l’occurrence) pour leur permettre d’obtenir la carte d’électeur, à Paris on refusait le droit de vote aux camerounais détenteurs de la nationalité française.

Des entorses grossières aux normes électorales : Dans l’arrondissement de Douala III par exemples, ce sont les dirigeants du bureau qui remettaient les  bulletins entre les mains des électeurs au lieu qu’ils les collectent eux-mêmes. Certains  électeurs se sont ainsi vu donner deux ou trois bulletins  de vote seulement (ceux du RDPC, du SDF et parfois de Kah Walla).

Le candidat Jean-Jacques Ekindi a annoncé que ses bulletins faisaient défaut dans plusieurs bureaux de Douala, et que certains bureaux de vote n’étaient pas ouverts à la mi-journée.

A Bandjoun, dans le département du Koung-Khi, province de l’ouest, l’ancien député SDF Evariste FOPOUSSI a annoncé qu’une militante du SDF a été battue à mort dans le bureau de vote où elle était scrutateur pour le compte de ce parti d’opposition, tandis que le gouvernement rétorque que la défunte était militante du RDPC (le parti au pouvoir)! Peu importe de quelle bord elle est, cette camerounaise est morte pour rien !

Des urnes ont été bourrées par exemple dans le département de la Mefou et Akono pour ne citer qu’un exemple.
Finalement, avec tant d’anomalies et d’entorses, que signifie le déroulement du scrutin dans le calme et la paix ? Absolument rien ! Veut-on faire croire qu’il suffit qu’un scrutin se déroule sans échauffourées, sans blessés et sans morts, pour qu’il soit juste et transparent ? Veut-on demander à l’opposition de provoquer des troubles pour montrer que l’élection n’est pas juste et transparente ? Dans les vieilles démocraties  européennes, un scrutin peut être annulé pour beaucoup moins que ce que nous avons vu le 09 octobre au Cameroun. Il est arrivé qu’une élection soit recommencée parce qu’un candidat avait fait circuler un tract après la clôture de la campagne électorale. Si cela se passe ainsi dans ces pays c’est que le législateur a pensé que de tels « détails » pouvaient modifier les résultats électoraux. 

Pourquoi en serait-il autrement ici ? Est-ce normal qu’un candidat président élimine de la course par des manœuvres dilatoires et par des violations grossières de la loi des candidats qui pourraient le gêner ? De surcroit, le  président –candidat s’est livré à un tour de ville très médiatisé à la mi-journée alors que le scrutin était en cours! Est-ce vraiment anodin ? Aurait-on toléré d’un autre candidat que le président une telle campagne médiatique hors délai ?

C’est pourquoi il est grave et  affligeant de voir les apparatchiks d’ELECAM et du RDPC ainsi que les  intellectuels organiques du pouvoir se répandre sur les divers médias, répétant en cœur après leur héro de président-candidat : Elecam est jeune ; soyons indulgents, il fera mieux la prochaine fois,  la perfection n’est pas de ce monde, etc.…etc. Mais qui leur demande la perfection ? Ce que demandent les démocrates du Cameroun et du monde entier, c’est que les organisateurs du scrutin respectent  les exigences élémentaires d’un scrutin libre, transparent et juste. Ce scrutin ne remplissait aucune de ces conditions : ELECAM est dominé par les militants du parti au pouvoir et recevait des ordres du ministère de l’administration territoriale ; ce n’est pas un organisme indépendant. Il a écarté sans raison valable certains candidats à la course à la présidence, comme pour retirer les obstacles pouvant gêner le président-candidat.  Avant le vote les listes électorales n’étaient pas connues, la liste des bureaux de vote non plus. La distribution des cartes électorale était désordonnée et arbitraire. Le jour du vote les irrégularités listées ci-dessus sont nombreuses ; on a tué un citoyen dans un bureau de vote. Que faut-il de plus pour annuler ce scrutin ?

Pourquoi des observateurs internationaux, dont certains viennent pourtant de grands  pays démocratiques, affirment –ils que le vote s’est déroulé dans le calme, sans rien dire des irrégularités qui se sont produites avant et pendant le scrutin, au risque de valider aux yeux du monde un scrutin truffé d’irrégularités ?
Dans moins de quinze jours, le premier président de la cours suprême proclamera monsieur Paul Biya élu, consacrant ainsi ce qui apparait nettement comme un coup d’état électoral et qui sera considéré comme tel par le RDMC et le peuple camerounais.

11 octobre 2011
Dr S. KUISSU
Premier vice p
résident de RDMC
(RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE POUR LA MODERNITE DU CAMEROUN).

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