13/10/2011 15:01:51
La caution de la France un dictateur
Deux jours seulement après l’élection présidentielle au Cameroun, le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, ne s’est pas gêné pour déclarer que « selon le rapport de l’OIF, l’élection s’est bien déroulée », tout en appelant les acteurs politiques à utiliser les voies de recours constitutionnelles.
Le Pays
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Deux jours seulement après l’élection présidentielle au Cameroun, le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, ne s’est pas gêné pour déclarer que "selon le rapport de l’OIF, l’élection s’est bien déroulée", tout en appelant les acteurs politiques à utiliser les voies de recours constitutionnelles.

Ainsi donc, comme dans une course de vitesse, la France s’est empressée de cautionner une énième élection chaotique de Paul Biya, qui totalise 29 ans au pouvoir. Rien d’étonnant à ce jeu politique malsain et cynique.

Nos "ancêtres les Gaulois" apportent et continueront d’apporter leur soutien aux dictateurs de la trempe des Biya, pour peu que ceux-ci défendent leurs intérêts. Alain Juppé, qui est un dinosaure du système de la Ve République, sait certainement ce qu’il fait en se prononçant aussi rapidement. S’il a sacrifié la prudence qui devrait le caractériser surtout pour une élection qui compte des morts et dont les risques de dérapages sont toujours présents, c’est que le jeu en vaut la chandelle.

Mais alors, la France ne peut plus se vanter d’être le pays des droits de l’Homme et se faire le chantre du respect de la démocratie. En effet, malgré toutes les insuffisances constatées durant tout le processus, elle n’a pas levé le petit doigt pour interpeller les dirigeants camerounais.

Dans cette situation, la France ferme les yeux et se montre complaisante avec une dictature solidement installée de 29 ans qui a pris en otage la vie des Camerounais. Sous la Ve République, les méthodes chiraquiennes se poursuivent allègrement au grand dam de l’avenir des citoyens africains.

Pour sûr, il ne faut pas compter sur la France pour défendre une cause aussi juste que l’alternance dans certains pays. C’est pourquoi les Camerounais devraient se réveiller et se battre pour une véritable démocratie dans leur pays dont les dividendes leur seront d’abord profitables. Car, enfin, ils sont aussi responsables de la sclérose du régime camerounais dont les exploits sont d’entériner la nomination en conseil de ministres de personnes décédées.


Dayang-ne-Wendé P. SILGA

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE