14/10/2011 17:17:14
UE et Quai d'Orsay :S'il vous plaît « défossilisez » votre position hypocrite!
A terme, les Africains devront compter sur eux-mêmes pour authentifier la crédibilité des élections qui sont organisées dans leur pays. On ne le dira jamais assez.
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Dimanche dernier, les Camerounais se sont rendus aux urnes pour se donner un nouveau président ou reconduire l’actuel chef de l’Etat, Paul Biya (au pouvoir depuis 1982). Alors que tous les concurrents sérieux du président sortant crient haro sur l’organisation de cette présidentielle, Paris et les observateurs étrangers (de l’Ue entre autres) déployés sur le terrain voient presque tout autrement. Une fois de plus.

A terme, les Africains devront compter sur eux-mêmes pour authentifier la crédibilité des élections qui sont organisées dans leur pays. On ne le dira jamais assez. Comme ne cessent de le clamer haut et fort plusieurs opposants africains, les observateurs que déploie l’Ue (Union européenne) à la faveur de joutes électorales en Afrique francophone ont besoin d’être mieux au fait des réalités des Etats dans lesquels ils sont pratiquement largués. Souvent à quelques jours seulement de la compétition électorale, quand le parti au pouvoir a déjà noyauté le terrain et jeté ses habituels grands filets de fraudes.

« On n’organise pas les élections pour les perdre en Afrique francophone », n’hésitent pourtant pas à chanter dans les rues les populations d’Afrique d’expression francophone. Ce refrain qui est entonné depuis plusieurs décennies semble toujours ne pas parvenir à ces messieurs et dames qui découvrent habituellement le soleil africain, à la faveur de leurs missions d’observation…

Non, ces lignes ne sont pas destinées à exiger de ces Européens (des deux sexes) qu’ils changent le cours des scrutins en Afrique. Ils ont tout simplement une obligation morale de mieux mettre en exergue les nombreuses insuffisances qu’ils décèlent sur le terrain. Qu’ils soient largués en retard ou non sur le champ électoral, il y a un minimum de vérités qu’ils ne peuvent et ne doivent pas louper. En sortant enfin du carcan du langage diplomatique. Ce serait la meilleure façon d’aider, d’acter en faveur du développement du progrès démocratique en Afrique, comme le proclame habituellement l’Ue dans ses slogans, dans son approche de ses relations avec les pays Acp (Afrique Caraïbes Pacifique).

Hier le Togo, le Tchad, aujourd’hui de nouveau le Cameroun

Lors de la présidentielle de 2010 au Togo, la Mission d’observation de l’Ue a énuméré dans son « Rapport final » une série d’anomalies sans indiquer que ces incohérences mettent à mal la sincérité que les autorités collent à ce scrutin. Au Tchad, en début d’année 2011 pour des élections générales, Louis Michel et sa suite qui officiaient comme observateurs de l’Ue n’ont pas osé relever publiquement les nombreuses imperfections brandies par les opposants tchadiens contre ce processus électoral !

C’est au même jeu scabreux que jouent “les émissaires” de l’Ue en ce moment au Cameroun. En ressortant leur désormais célèbre maxime : « Les quelques imperfections recensées ici et là ne sont pas de nature à remettre en cause la régularité du scrutin ». Une conclusion hâtive que les capitales européennes reprennent pourtant, rapidement, à leur compte pour se positionner sur des élections en Afrique. C’est ce que vient encore de faire le Quai d’Orsay ; en dépit de la kyrielle de promesses du président Sarkozy de reconsidérer l’approche hexagonale des relations figées entre la France et son précarré africain. Du leurre ; les déclarations du ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé sur la présidentielle du 9 octobre 2011 démontrent un peu plus que rien n’a changé ! Dans les discours oui, mais dans les faits non…

Le fauteuil de président en Afrique francophone se négocie donc toujours avec des émissaires de l’Elysée ou de multinationales françaises qui ont des intérêts stratosphériques sur le continent noir.

Une réalité, certes ubuesque, que ne veulent pas prendre en compte des éternels opposants comme John N’di, J.-P. Fabre, N. Yorongar, etc.

Achille Ngueti

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