16/10/2011 04:50:19
Demain, en 2035
... Mais nous ne serons pas loin du compte par rapport à la promesse d’un Cameroun vision 2035 ou coulera le lait et le miel avec enfin, 53 ans après l’avènement du renouveau,  la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et l’amélioration tangible des conditions de vie des populations.
Le Messager
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Les hommes souvent inspirés, ont essayé, de tout temps, de transmettre leur vision à leurs semblables. Par exemple, lorsque le pasteur Luther King déclare : « I have a dream », il avait ‘vu’, avant l’heure, l’avènement d’un Noir à la présidence  des Etats-Unis.

Sur les marches du Lincoln Mémorial à Washington D.c. le 28 octobre 1963, le pasteur disait : « Le Noir n'est toujours pas libre; la vie du Noir est toujours tristement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination; le Noir vit isolé sur une île d'indigence au milieu d'un vaste océan de prospérité; un siècle plus tard, le Noir languit toujours dans les coins de la société américaine et il se trouve exilé dans sa propre terre ».

Le pasteur King ajoutait : « Je rêve qu'un jour, les petits garçons noirs et les petites filles noires pourront aller la main dans la main avec les petits garçons blancs et les petites filles blanches, nous serons à mesure de hâter l'arrivée du jour où tous les enfants de Dieu, noirs et blancs, juifs et non juifs, protestants et catholiques, pourrons chanter en se tenant la main ces mots du vieux Negro Spiritual: Libres enfin, libres enfin; béni soit le Tout-Puissant, nous sommes libres enfin! »

Moins de 50 ans plus tard, la parole semée par le pasteur  aboutira à l’arrivée d’un Noir à la Maison Blanche, voté par une majorité blanche ! Certes, la discrimination sous toutes ses formes n’a pas pris fin, ni là-bas, ni ailleurs, ni ici. Mais que de chemin parcouru ! Dans la bouche du pasteur parlait Dieu.

Mais attention, lorsqu’on est leader d’opinion ou personnalité publique, il y a des paroles inabouties, parfois nuisibles pour la société qui trahissent soit la duplicité, soit l’incapacité à imaginer le rêve et à le faire partager au plus grand nombre. Alors  la désillusion n’est pas loin. Que penser lorsque dans une sorte de fierté nationale, on proclame que « le Cameroun n’est la chasse gardée de personne », pour ensuite s’aligner sur le balcon de l’Elysée : « Je suis le meilleur élève de la France ! ». De même lorsqu’on prend à témoin des députés pour affirmer en 1987 : « Le Cameroun n'ira pas au Fmi! ». Conviction nationaliste ou rodomontade ? Rien n’a résisté à l’épreuve du temps.
L’Etat providence, l’époque des subventions budgétivores et des dépenses publiques incontrôlables est-elle définitivement révolue ? Maintenant c’est : « Aide-toi, et le ciel t'aidera ». A tort. 

Et l’Etat dans tout cela ? La relance de la croissance, l’amélioration du niveau de vie, la lutte contre la corruption, sont encore à parfaire pour l’horizon…2035. Aujourd’hui, plus que jamais, en espérant un Etat régulateur, il est urgent de compter sur ses propres forces, en utilisant le bon vieux système ‘d’.

Pourtant en septembre 1983, le Renouveau national se définissait comme « une politique dont les mots d’ordre seront la rigueur et la moralisation, la libéralisation et l’ouverture démocratique, le style nouveau dans l’action de l’Etat et du parti, la dynamique nouvelle pour mobiliser l’ensemble de la société camerounaise. »

Billevesées ? Deux ans après, l’Unc était sabordée au profit du Rdpc. Mais  « le Cameroun.....c'est le Cameroun » ! La preuve ? L’article 6-2 de la constitution de 96, qui stipulait que « le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois » est présenté 12 ans plus tard comme anti-démocratique. Cet article, explique la voix la plus autorisée,  « apporte (...) une limitation à la volonté populaire, limitation qui s'accorde mal avec l'idée même de choix démocratique ». En l’an de grâce 2011, le candidat du Rdpc, élu à deux reprises depuis l'entrée en vigueur en 1996 de l'actuelle Constitution,  contre toute attente, s’est représenté et va passer pratiquement les doigts dans le nez. En toute démocratie. Et il a raison.

Mais certains sont aujourd’hui en prison ou six pieds sous terre pour avoir pensé que l’ancien futur président de la République pouvait laisser sa part comme ça, selon la constitution et le bon sens. Au restaurant, quand tu manges ta part, tu te lèves et tu pars pour laisser la place au prochain client. C’est comme ça que le patron du restaurant fait des bonnes affaires, grâce à la rotation de la clientèle.

La rotation politique à divers niveau d’un Etat participe de la même réalité. Ainsi doit aussi être un homme d’Etat. Qui doit laisser le pays progresser avec et sans lui. Et non l’’unique miracle qui s’accroche au bastingage comme une bouée de sauvetage.  Jusqu’à quand ?

Le 4 juin 2004, une rumeur affirmant la mort du leader bien aimé en Suisse met le pays sens dessus dessous. Réponse du berger à la bergère : «Il paraît qu'il y en a, qui s'intéressent à mes funérailles. Eh bien, dites-leur que je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d'années ».

En ajoutant 20 ans à 2004, cela ne fait guère que 2024. C'est-à-dire après la fin des grandes réalisations en 2018, un autre septennat pour les grands résultats. Et il restera même sur ça un petit cadeau d’un quinquennat  de la grande paix éternelle pour bien faire les choses.

Mais nous ne serons pas loin du compte par rapport à la promesse d’un Cameroun vision 2035 ou coulera le lait et le miel avec enfin, 53 ans après l’avènement du renouveau,  la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et l’amélioration tangible des conditions de vie des populations.

Me reviennent aujourd’hui en mémoire, ces promesses de l’homme du 6 novembre 82 lors de sa prestation de serment, les yeux fixés sur 2035 : « s’agissant en particulier des options (…) dont l’application et les résultats font du Cameroun cet îlot de paix, d’unité, de stabilité, de justice et de progrès dans un monde aux prises avec les affres de l’instabilité, de la violence et de la pénurie, ces options, dis-je, je les rappelle, parce que les circonstances l’exigent, et pour m’en porter garant ».

En sommes nous si proches ?

Edking

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