17/10/2011 02:25:40
Manifestations en vue pour la reprise du scrutin
Réunis avec des organisations de la société civile dans le cadre d’une plate-forme, les leaders de l’opposition camerounaise exigent l’annulation de l’élection du 9 octobre dernier.
Le Messager
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Une semaine après le scrutin présidentiel du 9 octobre 2011, on en sait un peu plus sur la stratégie de l’opposition camerounaise face aux irrégularités qui ont émaillé son organisation. Après une déclaration commune rendue publique le 15 octobre dernier, des leaders de l’opposition se sont réunis à Yaoundé ce week-end pour parachever la mise sur pied d’un cadre de concertation dans l’optique de mener une contestation commune du scrutin du 9 octobre dernier.

C’est dans cette logique que Ni John Fru Ndi, Jean Jacques Ekindi, Adamou Ndam Njoya, Anicet Ekanè, Edith Kabang Walla, Bernard Muna, Jean de Dieu Momo, Albert Dzongang, Marie Louise Etéki Otabela ainsi que des représentants des organisations de la société civile, à l’instar de Philippe Nanga (Un monde avenir), Achille Kotto (Cocitel), Hilaire Nzouakeu (Association des motos taxis), des enseignants d’Université, des étudiants et des associations de défense des droits de l’homme ont rendu publique les revendications motivant leur initiative.

Il s’agit pour ce regroupement de demander «l’annulation pure et simple du scrutin du 9 octobre 2011.» Raison essentielle évoquée : «il nous est revenu de façon récurrente et sur toute l'étendue du territoire, un ensemble d'irrégularités et dysfonctionnements de nature à discréditer le scrutin et remettre en question les résultats qui peuvent en être attendus. Ces irrégularités volontairement entretenues par Elecam, au service du régime.» Les revendications du regroupement des leaders de l’opposition et des organisations de la société civile ont pour point d’ancrage l’absence du chiffre officiel du nombre d’inscrits sur les  listes électorales.

«Menaces sur la paix»

Les treize récriminations faites à Elections Cameroon (Elecam) évoquent aussi «la confusion constatée dans la distribution des cartes d’électeurs», la détention de multiples cartes par certains électeurs, la présence des noms de personnes décédées sur les listes électorales, l’absence de bulletins de vote de certains candidats dans les bureaux de vote, l’intervention des forces de l’ordre dans le déroulement du scrutin, l’absence des noms de nombreuses personnes inscrites sur les listes le jour du scrutin. Les partis de l’opposition et les organisations de la société civile dénoncent aussi l’acheminement des procès verbaux issus des commissions locales vers les commissions départementales «en lieu et place des commissions départementales mixtes, comme le prévoit la loi ( art.23 al 2).»

Outre l’ouverture de certains bureaux de vote à des heures tardives et l’interdiction faites par les forces de l’ordre à certains scrutateurs d’accéder à leur poste de représentant de parti lors du déroulement du scrutin, le regroupement dénonce également les votes multiples de certains électeurs «du fait de l’encre non indélébile». Des raisons pour la plate-forme des organisations de la société  civile et des partis politiques de constater que «la paix, si chère à notre pays, est fortement menacée par toutes ces irrégularités».

En sus, la plate-forme exige la mise sur pied d’un cadre de concertation en rapport avec l’organisation de nouvelles élections sur la base d’un minimum consensuel avec pour préalables : «une élection présidentielle à deux tours, des inscriptions biométriques, un bulletin unique, une commission électorale indépendante, un calendrier électoral précis et transparent ainsi qu’un code électoral unique.» Des revendications qui, à en croire les membres de cette plate-forme, seront exprimées à travers des «marches pacifiques» organisées à travers le pays.

Joseph OLINGA

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