20/10/2011 13:13:36
Recours en annulation. La Cour suprême avait tranché avant l'audience publique
De nombreux candidats ayant introduit auprès de la haute juridiction se sont montrés  indignés de ce que les invitations à l'audience de publication des résultats du scrutin du 9 octobre 2011 aient été distribuées.
Le Messager
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De nombreux candidats ayant introduit auprès de la haute juridiction se sont montrés  indignés de ce que les invitations à l'audience de publication des résultats du scrutin du 9 octobre 2011 aient été distribuées.

S'agissait-il d'une porte de sortie « honorable » de la salle d'audience de la Cour suprême siégeant comme Conseil constitutionnel après le rejet de sa première requête ?  Où alors Benard Muna, candidat à la présidentielle dernière brandissait un argument en béton pour montrer que l'audience d'hier, 19 octobre 2011 n'était  « que de la mise en scène» ? Toujours est-il que celui-ci relevé, alors que l'examen de son deuxième recours en annulation était en plein examen, qu'il n'entendait «  plus participer à une perte de temps ». Puisqu'il vient à l'instant de « recevoir une invitation au cocktail prévu à la fin de l'audience de la Cour réservée à la publication des résultats de l'élection présidentielle du 9 octobre 2011 ».

Et de renchérir, « Si des dispositions pratiques sont déjà prises pour la publication de ces résultats. Cela voudrait dire que la cour a prévu de ne pas tenir compte des débats à l'audience de ce jour [hier]. Alors je ne voudrais perdre du temps à personne ». Sur ce, le transfuge du social democratic front (Sdf)  quitte la salle. Il s'ensuit alors un silence de quelques secondes dans la salle. Le premier président de la Cour suprême et les conseillers qui l'entourent donnent l'air d'accuser le coup d'une bourde qui trahit ce que l'opposition estime être une mise en scène.

L'audience ne peut repartir que grâce à la prise de parole d'un avocat du candidat de Paul Biya accusé par Bernard Muna d'avoir tenté d'acheter la conscience d'une membre du Conseil électoral d'Elecam en lui attribuant des marchés d'affichage au cours de sa campagne. Cet avocat va s'avancer à la barre sans crier gare pour indiquer à la haute juridiction que les arguments du président de l'Afp relatifs à la théâtralisation de l'audience  est une fuite en avant face à son incapacité à apporter des preuves aux allégations consignées dans sa requête. Cela ne va pas empêcher la foule de journalistes commis à la couverture médiatique de l'audience de suivre le recourant dans le hall de l'immeuble siège de la Cour suprême. Là-bas, la dite invitation est brandie. D'autres personnes présentes attestent qu'elle a été distribuée depuis la veille de l'audience. Après quelques interviews avec les journalistes, le président Muna quitte les lieux en trombe en promettant ne pas y remettre les pieds avant une très longue date.

Disqualification.

Entre temps, dans la salle d'audience, l'examen du recours du candidat de l'Afp se poursuit sans lui. Et comme le premier  recours déposé, le 6 octobre 2011, trois jours avant le scrutin, le deuxième qui requiert également l'annulation totale du scrutin pour de nombreuses irrégularités constatées est rejeté. C'est le même sort qui était dévolu quelques temps avant, au recours de Ndam Njoya et d'Albert Dzongang. Et comme le présageait déjà Bernard Muna, Anicet Ekanè, candidat à la présidentielle et recourant également n'aura pas plus de chance.  Son recours est rejeté par la Cour suprême. Idem pour   Kah Walla (absente du l'audience)  ou encore  Joachim Tabi Owono, dont le premier recours en disqualification du candidat Biya pour non déclaration des biens a été jugé irrecevable et le deuxième portant sur la demande en annulation purement et simplement rejeté.

C'est le même sort que connaîtront les deux premières requêtes de Ni John Fru Ndi inscrites au rôle. Comme ses coreligionnaires, le chairman du Sdf, déjà habitué des recours en annulation d'élection a saisi la haute juridiction pour l'annulation partielle du scrutin (à Wouri V) et l'annulation totale pour des irrégularités constatées avant et pendant le scrutin. Au moment où nous mettions sous presse, le président national du Sdf et la dizaine d'avocats commis à la défense de ses intérêts bataillaient dur pour qu'un miracle se produise? que la scrutin de 9 octobre 2011 soit annulé et reprogrammé à une date ultérieure, alors que la Cour suprême a déjà convié le gotha des personnalités de la République (ministres, diplomates étrangers, leaders d'opinion, patron de presse, autorités religieuses et traditionnelles?)  à prendre part à la proclamation des résultats demain vendredi, 21 octobre 2011 comme l'annonçait en exclusivité Le Messager.

Rodrigue N. TONGUE


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