22/10/2011 04:14:50
Post-élection. Les évêques appellent à la paix
Pour les prêtres réunis au sein de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, démocratie et violence sont incompatibles.
Le Messager
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Effet de mode ! C’est avec ce sentiment que de nombreux journalistes ont quitté le Centre Jean XXIII de Mvolye à Yaoundé ce jeudi 20 octobre 2011. Mgr Joseph Atanga, président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun les y a convié pour entendre « l’appel à la paix des évêques du Cameroun » à la veille de la proclamation des résultats par la Cour suprême siégeant en lieu et place du conseil constitutionnel. Au nom de ces confrères, le prélat invite les Camerounais à la paix, l’entente, le dialogue et la concertation consensuelle. Car tout croyant à l’instar du Christ qui apparaît à ses disciples après sa résurrection doit souhaiter la paix. Qu’il définit comme « un état de quiétude totale dénuée de toute peur, de toute angoisse et de psychose. C’est un état de bien-être total ».

Réagissant sans doute à la déclaration faite à Yaoundé par quelques leaders de l’opposition qui appellent les populations dans la rue si jamais la Cour suprême proclame ses résultats, l’évêque soutient que « le choix des électeurs se passe dans les bureaux de vote et non à la rue, c’est un combat des urnes et non un combat de rues ». En outre, « en démocratie, la violence, les manifestations publiques, les casses, les atteintes aux droits et à l’intégrité physique, la destruction des biens publics, ne sont que des méthodes et des instruments de la déstabilisation et des raccourcis pour accéder au pouvoir. Et en choisissant la voix de la violence, c’est le bas-peuple qui paye le lourd tribut », prévient-il.

Avant d’inviter les Camerounais « de tous ordres, de toutes classes sociales » à ne point descendre dans la rue. « Restez sourd aux appels à la violence, et au désordre qui vous sont lancés. Tout mot d’ordre à manifestation donné par des leaders de certains partis politiques est irresponsable », renseigne-t-il. Les leçons tirées des années 90 lui feront dire qu’on sait quand la violence commence mais pas quand elle finit. Cette violence a pour corollaire des règlements de compte, des pillages, des assassinats, viols, haines, rancœurs… or pour lui les Camerounais ont leur vie à préserver, leur famille à nourrir, etc. Toutefois, l’Eglise indique Joseph Atanga, « demande seulement au candidat qui sera proclamé vainqueur, de prendre à cœur les difficultés socio-économiques que connaissent les Camerounais ».

À la question d’un journaliste qui souhaite savoir s’il existe des indices pouvant permettre de penser que la paix est menacée au Cameroun pour justifier cette sortie médiatique des évêques, Joseph Atanga répond : « Même si la paix n’est pas menacée… » Le reste de ses propos se perdant dans le rire du public qui croit avoir compris qu’il s’agit en réalité d’un effet de mode.

Nadège Christelle BOWA

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