26/10/2011 02:53:19
Présidentielle 2011. Les politiques prennent le peuple en otage
Le pouvoir, comme l’opposition, ne tient pas ses promesses. Les leaders mènent le peuple en bateau. Faut-il accepter l’offre de contestation de l’opposition ou alors les appels « tsunamiques » du pouvoir  à la paix?
Le Messager
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Le pouvoir, comme l’opposition, ne tient pas ses promesses. Les leaders mènent le peuple en bateau. Faut-il accepter l’offre de contestation de l’opposition ou alors les appels « tsunamiques » du pouvoir  à la paix?
 
21 ans après le retour du multipartisme au Cameroun, les principales promesses des leaders politiques restent sans suite. Le libéralisme communautaire de Paul Biya du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a accouché de grandes ambitions et maintenant, de grandes réalisations. Mais le concret qui en sort, relativement à l’amélioration de la vie des Camerounais, n’est pas à la hauteur des attentes. Après 28 ans de magistrature suprême, le plus grand acquis que brandit le Rdpc c’est la paix.

«Le pouvoir au peuple» promis par le chairman du Social democratic front (Sdf) semble absorbé dans les incohérences du parti de la balance. La dynamique de départ s’est émoussée dans l’émiettement du parti du 26 mai. Adulé et porteur d’espoir de changement au début des années 90, John Fru Ndi semble désormais s’agripper à son rang de dauphin de Paul Biya. La formation a perdu l’essentiel de ses représentations locales au profit de l’obstination du chairman à préserver sa place de «leader de l’opposition camerounaise».

Une attitude qui semble partagée par beaucoup d’autres leaders de la classe politique camerounaise. Nombre d’entre eux ont ainsi depuis longtemps opté pour des strapontins ministériels en faisant des alliances avec le Rdpc. Tel est le cas de Bello Bouba Maïgari de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), de Dakolé Daïssala du Mdr, ou encore de feu Augustin Frédéric Kodock de l’Union des populations du Cameroun (Upc). Certains de ces partis ont oublié leurs projets de société de départ et… ignoré, au fil des années, des citoyens qui leur avaient accordé leur confiance.
 
Le peuple spectateur jusqu’à quand ?

A l’issue de la présidentielle du 9 octobre dernier, alors que certains se positionnent déjà en silence pour accueillir des deux mains les postes que Paul Biya voudrait bien leur confier, d’autres tentent de mettre en mouvement ce « peuple » qu’ils ont si souvent placé entre parenthèses. 07 leaders de l’opposition maintiennent l’exigence d’une  annulation du scrutin ; une exigence formulée au moment où on attendait les résultats. Ils évoquent «un minimum consensuel» pour l’organisation d’une nouvelle consultation et entendent manifester dans la rue.
Ces leaders qui dénoncent un système électoral conçu de manière à toujours favoriser le candidat du parti au pouvoir ont pourtant accepté d’aller à l’électoral avec les « lois » qu’ils dénoncent aujourd’hui. Alors même que l’essentiel des Camerounais souhaitait des réformes profondes, conditions d’un processus clair et transparent. La volonté du peuple a été ignorée. Plus est, les leaders politiques de l’opposition, entre deux présidentielles, n’ont pas su entretenir les citoyens électeurs au moins par la traditionnelle éducation politique.

En ignorant l’émergence de l’abstention à l’élection présidentielle du 9 octobre dernier et en mettant en exergue la psychose sécuritaire comme cela est le cas, les leaders politiques camerounais étalent leur incapacité à faire prospérer l’idéal démocratique. Dans ce jeu qui s’anime au quotidien, le parti au pouvoir et l’opposition dans sa grande majorité inaugurent une nouvelle forme de «démocratie» basé sur des consensus de salon là ou le peuple revendique une compétition ouverte et transparente.

Que ce soit avec des incitations à la mobilisation ou alors des mobilisations pour la préservation de la paix, les leaders politiques semblent distraire le peuple camerounais. Les manifestations peuvent conduire à des dérives, cependant que la préservation de la paix et de l’unité nationale ne seront durables que si les aspirations du peuple sont prises en compte. Trêve de distraction politicienne : les Camerounais ont besoin de démocratie et d’une amélioration substantielle de leurs conditions matérielle de vie.

Joseph OLINGA

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