28/10/2011 04:52:17
John Fru Ndi: « Je n'ai pas reconnu les résultats... »
Le retour du leader du Sdf à Bamenda mercredi dernier, après un séjour d’une quinzaine de jours à Yaoundé, a été émaillé d’incident. Avant de s’adresser à la population qui l’a accompagné à sa résidence de Ntarinkon, John Fru Ndi s’est prêté aux questions de la presse.
Le Messager
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Le retour du leader du Sdf à Bamenda mercredi dernier, après un séjour d’une quinzaine de jours à Yaoundé, a été émaillé d’incident. Avant de s’adresser à la population qui l’a accompagné à sa résidence de Ntarinkon, John Fru Ndi s’est prêté aux questions de la presse.
 
Vous avez publié un communiqué dans lequel vous dites prendre acte des résultats proclamés par la Cour suprême. Qu’est-ce que cela veut dire ? Reconnaissez-vous la victoire du président Paul Biya à la présidentielle du 9 octobre ?

Je n’ai pas reconnu les résultats quelqu’en soient les cas. Ce que nous avons dit dans ce communiqué, c’est que nous prenons acte de ce que la Cour suprême a fait.  Siégeant comme Conseil constitutionnel, elle a lu les résultats, proclamant M. Biya vainqueur. Nous n’avons pas dit que nous reconnaissons la victoire de M. Biya. Non, ce n’est pas ce que dit le communiqué. Et je crois que les Camerounais comprennent ce que cela veut dire. Cela voudrait dire en d’autres termes que je prends note de ce que la Cour suprême a fait. Ce que nous contestons. Je ne peux pas être en train de contester quelque chose et de l’autre côté je l’accepte.
 
Vous voulez insinuer que la Crtv a mal interprété votre communiqué ?

La Crtv ne comprend pas l’anglais, je regrette de le dire. Ils l’ont fait de mauvaise foi. Ils l’ont fait dans l’espoir qu’en disant que Fru Ndi a reconnu la victoire de M. Biya, la population viendra me jeter les cailloux ici. Mais, je voudrais remercier la population de Bamenda en particulier et les Camerounais en général, qu’en 22 ans, ils le savent, je ne les ai pas trahis. Et chaque propos qui vient désinformer le peuple, ils le savent déjà. Je les remercie sincèrement pour cela.
 
Vous appelez les Camerounais à la paix ?

Nous n’avons jamais appelé les Camerounais à la violence. Nous avons dit que les Camerounais manifestent pacifiquement et arrachent leur victoire. Et nous parlons de manifestation pacifique qui est le droit inaliénable de chaque Camerounais. Si la police peut protéger le Rdpc à jubiler lorsque M. Biya gagne, elle doit aussi me protéger pour que je manifeste. Dans chaque démocratie, chacun a le droit d’exprimer son point de vue. Et quand cette volonté d’exprimer ce point de vue se présente, la police doit protéger la population à le faire.

Ce qui se passe, c’est que dans le camp de Biya, il y a des gens qui veulent le renverser et quand nous en appelons le peuple à la manifestation pacifique, on parle de la violence.  Nous sommes à 22 ans de démocratie dans cette ville (Bamenda, Ndlr). Je ne sais pas où et quand, sur instruction du Sdf, un jeune de Bamenda est allé incendier une maison. On a incendié des maisons en 1992, organisé par le Rdpc, avec espoir qu’ils vont nous calomnier et causer la dissolution du Sdf, mais cela n’a pas prospéré.
 
Quel message avez-vous à l’endroit de la population ?

Le message que j’ai à l’endroit de la population est que je suis de retour à la maison (Ntarinkon, Ndlr). Mon intervention au niveau du Conseil constitutionnel a été partiellement publiée par The Post. Au plus tard vendredi, je vais faire imprimer tous les propos que j’ai tenus devant cette Cour et les mettre à la disposition du public. Je maintiens ces propos. J’ai dit aux magistrats de la Cour suprême que j’ai le droit de manifester, les Camerounais aussi.

En 1992 lorsque les enfants manifestaient, au lieu de rechercher à savoir pourquoi, M. Biya les a insultés, il s’est moqué de moi et de tous ceux qu’il pouvait injurier. Marafa a déclaré à la Crtv que c’est moi qui avais causé la descente des enfants dans la rue. C’est très malheureux et ridicule pour un système comme le nôtre. Ainsi, tout ce qu’ils font, c’est de rechercher un bouc-émissaire. Ils ne l’auront pas du Sdf et de Fru Ndi.
 
Que pensez-vous de la présence des forces de l’ordre un peu partout dans les rues de Bamenda et ses environs ?

Ils sont les bienvenue. J’en appelle à la population de les nourrir. Mais quel que soit ce que la population veut initier, qu’elle le fasse, ce sont vos frères et ils comprennent le problème du pays. Ils m’ont escorté de Matazen (frontière entre la région de l’Ouest et du Nord-Ouest Ndlr) jusqu’à Bamenda. Mais quand ils sont arrivés dans ma ville de résidence, ils ont tenté de me dérouter en montrant quelle direction je dois emprunter. Ils ne peuvent pas m’imposer dans ma propre ville, quelle direction je dois prendre. Ils ne m’ont pas informé si le pont s’était coupé ou s’il y avait un problème. L’ex-Préfet de la Mezam, qui est aujourd’hui gouverneur de la région du Sud (Jules Marcellin Ndjaga, Ndlr) l’avait fait en son temps quand je rentrais de Yaoundé avec un corps. Je veux remercier le gouverneur actuel de la région du Nord-Ouest (Abakar Ahamat, Ndlr) pour avoir envoyé la police m’escorter de Matazen à Bamenda.

Mais je condamne l’idée selon laquelle ils doivent m’imposer une direction à suivre dans cette ville. Ce que je n’ai pas fait. Les officiels supérieurs de la police et de la gendarmerie m’ont demandé à Veterinary Junction si je peux contrôler la population en partant avec elle, je leur ai rétorqué que mes enfants ne vont rien détruire. Nous n’avons jamais rien détruit et nous ne le ferons pas. Je leur ai dit qu’ils vont marcher pacifiquement et retourner paisiblement chez eux. J’en appelle la population de Bamenda de demeurer vigilante parce qu’on veut détruire les biens et rejeter la responsabilité sur nous, comme ils le font souvent.

Le nouveau gouvernement sera formé d’ici peu. Le Sdf y prendra part ?

Répondez cette question à notre place. Je vous remercie.

Propos recueillis par Donat SUFFO

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