31/10/2011 03:35:59
Albert Dzongang : Fru Ndi n'a pas trahi
La déclaration de Ni John Fru Ndi, le chairman du Social Democratic Front mardi dernier 25 octobre continue de faire de remous.
Le Messager
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La déclaration de Ni John Fru Ndi, le chairman du Social Democratic Front mardi dernier 25 octobre continue de faire de remous. Dans sa réaction à chaud au quotidien Le Messager, Albert Dzongang, le président de la Dynamique, confiait dans notre livraison d’hier jeudi que « la déclaration de Ni John Fru Ndi n’engageait que son parti, le Sdf et lui ». Dans l’entretien qui suit, tout semble rentrer dans l’ordre au sein de cette coalition de l’opposition dite » Front du refus ».
 
Que reste-il de votre coalition après la déclaration du chairman du Sdf ?

Il est regrettable que les médias aient exploité négativement une erreur tactique du Sdf/ Je puis d’emblée vous dire que M. Fru Ndi n’a pas trahi. Il demeure avec nous dans la logique du refus du résultat de l’élection du 9 octobre 2011. La seule erreur du Sdf a été de vouloir faire cavalier seul. Nous tous aurions pu signer ce communiqué, qui a d’ailleurs été remis aux ambassadeurs au cours de la concertation que notre groupe a eue avec eux le 25 octobre 2011 à Yaoundé : Autant il y a au Rdpc une lutte pour le leadership, autant au Sdf il doit y avoir quelque incompréhension.

Je suis en contact permanent avec le chairman et puis vous affirmer que Mme Kah Walla, MM. Fru Ndi, Bernard Muna, Paul Ayah et moi-même, sommes sur la même longueur d’onde au moment présent. Le pouvoir et ses agents médiatiques locaux et internationaux tentent de briser le « Front du refus » que nous constituons en faisant feu de tout bois ; comme nous l’avons constaté, avec une interprétation fallacieuse qu’ils ont faite de notre déclaration de Yaoundé. Ils nous traitent de tous les noms d’oiseau. Alors que nuitamment, ils nous contactent individuellement pour essayer d’affaiblir ce front du refus, en faisant force promesses aux uns et aux autres.

Et pourtant comme en 2008, personne ne peut dire quand et où le peuple désabusé manifestera son ras-le-bol. Ce qui est sûr est que les quelque 40 000 diplômés, réduits au pis aller de moto-taximen de Douala, les centaines de milliers de Camerounais spoliés dans la foireuse opération de recrutement de 25 000 diplomés et tous les autres laissés pour compte qui constituent la seconde tribu du Cameroun ne resteront pas éternellement les bras croisés, à regarder passer les trains. Quant à l’issue d’une élection, un candidat prétendument appelé par le peuple et plébiscité à 80% par celui-ci prend peur de la déclaration d’une poignée de challengers battus représentant moins de 15%, c’est la preuve que le vrai est ailleurs et que le score et la participation annoncés sont fictifs.

Après avoir ridiculisé l’opposition à travers les manœuvres frauduleuses, le pouvoir tente aujourd’hui de positionner les autres candidats par « ordre de mérite » et certains s’en réjouissent de manière puéril cela me rappelle un élève, dernier de sa classe qui, pour se justifier devant son père, lui dit candidement : « je suis arrivé dernier par malchance parce que celui qui est habituellement le dernier de la clase était absent ». En ma qualité d’enseignant de métier, je sais que la moyenne de 10/100 soit 02/20 est une note de cancre, élément à renvoyer de l’école ou à rétrograder de classe. Cette note n’est pas différente de 0/20. C’est pourtant la note du 2é, selon la Cour suprême. Le ridicule ne tue vraiment pas au Cameroun.
 
Maintenant quelles sont les perspectives de votre front du refus ?

Nous avons clairement dit dans la « Déclaration de Yaoundé » ce que nous attendons du pouvoir. Il convient de signaler que même en cas d’annulation du scrutin du 9 octobre comme nous le demandions, le président en exercice restait en place jusqu’à la nouvelle élection. Nous pensons que tel est le cas en ce moment. Nous avons, par ma voix d’ailleurs, signifié à la dizaine d’ambassadeurs qui nous ont reçus le 25 octobre 2011, que la clé de sortie de cette crise commence par une rencontre entre le pouvoir en place et l’opposition, afin de réfléchir sur les voies et moyens de réconcilier les citoyens camerounais avec la classe politique et préparer les règles de jeu démocratique acceptables par tous. La solution bancale préconisée par plusieurs médias comme ballon d’essai, qui consiste en un gouvernement d’union nationale, ne répond pas aux problèmes de l’heure.

Les membres de l’opposition et particulièrement les sept de Yaoundé, encore moins le président de la Dynamique, ne sont pas demandeurs de strapontins, pour assouvir quelques besoins matériels, à ce que je crois. D’ailleurs, ceux qui auparavant ont joué à ce jeu savent le sort que le vrai peuple leur a réservé. Plusieurs ont finalement été ramenés à leur véritable place dans l’opinion et se sont abstenus de se mesurer à nous à l’occasion de ce scrutin. Ils préfèrent désormais parader dans les médias. Pour le front du refus, la prochaine réunion est prévue à Bamenda.

Propos recueillis par Jacques Doo Bell

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