31/10/2011 03:40:14
Cameroun : Un Paul Biya chipoteur et une opposition affamée
Par le temps qui court, on ne peut s'empêcher de lire avec notre mémoire la honte au Cameroun sur de qualificatifs réputés souvent répétés avec ironie en occident sur les titres ronflants de Paul Biya: Père de la nation, Homme lion, Premier Magistrat, Premier footballeur, le dirigent populaire et j'en oublie...
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Par le temps qui court, on ne peut s'empêcher de lire avec notre mémoire la honte au Cameroun sur de qualificatifs réputés souvent répétés avec ironie en occident sur les titres ronflants de Paul Biya: Père de la nation, Homme lion, Premier Magistrat, Premier footballeur, le dirigent populaire et j'en oublie.. Biya est bel et bien fier de ces titres, alors qu’il devra savoir que porter une telle étiquette est  à la limite synonyme de culte de la personnalité dictatoriale d'un individu et partisan de la continuité du manque d'alternance dans  son pays.

Si Biya se plaît de ce titre de Père de la nation, soit le chef d'État qui a passé plus de 39 ans au pouvoir dans son pays, cela s'appelle la dictature de fer, obligeant le peuple de son pays à souffrir et surtout à vivre comme dans une prison.

Mais lorsqu’on se rappelle bien de la date à laquelle ce monsieur Biya est au pouvoir, il est parfois mal de pousser quelqu'un jusqu'à ce point lorsque l'écrasante majorité du peuple Camerounais veut le changement. Et qui dit changement suppose la retraite d'un système qui a vieilli et qui ne fait  que rouiller la machine.

Combien de temps ce monsieur doit-il  continuer à rouler les Camerounais.? Quoi qu’il en soit, "l'appétit venant en mangeant», le despote Biya vient de signaler à la communauté nationale et internationale à travers sa mascarade électorale, qu’il doit mourir au pouvoir. Sous prétexte de garantir la "paix" des Camerounais! Il parle même du Cameroun émergent en 2035. En 2035, il aura 102 ans. Donc…

L’homme Lion doit encore rempiler un autre mandat de 7 ans, sous le regard inerte d’un peuple qu’il a affamé pendant 29 ans

Les populations vivent dans une extrême pauvreté, tandis qu’une minorité contrôle toutes les richesses du pays. La gestion du pays se confond à la famille de Biya Bi Mvondo famille où la corruption, le clientélisme, le tribalisme, la manipulation sont érigés an mode de gestion.

En participant à la mascarade électorale du 9 octobre dernier, les forces dites de l’opposition camerounaise qui ont accompagné Biya dans ce cirque ont grillé leur carte.

Opposition  de la famine, assumez vos échecs et vos trahisons

Vous avez tous  raté la refondation d’une république digne de ce nom. Cela était plus que prévisible. Nous l’avons répété à plusieurs reprises : vos échecs sont à la mesure de votre déficit épistémologique et de vos appétits gloutons pour « la mangeoire ».

Il vous faut réapprendre à lire les signes des temps. Vous imposer une certaine ascèse quant au manger et au boire. Faire et refaire les analyses et les débats d’idées en sachant que « les idées sont immortelles » et qu’il faut apprendre à les transformer en votre sang. En effet, disait Martin Gray, « savoir n’est rien si ce que nous savons ne se transforme pas en notre sang. » N’en déplaise à ceux qui prétendent que nous théorisons à outrance, l’opposition camerounaise, égoïste par essence, refuse de constituer un front uni pour porter plus haut ses revendications. Et Biya en profite pour s’éterniser au pouvoir

Que veut donc l’opposition camerounaise ? Faire du " Commerce" ou gagner les élections ?

Quand on regarde le silence de notre opposition aujourd’hui, incapable de boycotter une élection dont ils savent bien que les dés sont pipés en avance, et pire, à ce jour aucun opposant camerounais n’ose dire à Paul Biya qu’il n’est plus le président légitime du Cameroun au regard de sa propre constitution qui plus est taillée sur mesure pour lui et rien que pour lui,  on se rend compte que c’est une opposition non seulement alimentaire, mais également une opposition qui ne sait pas ce qu’elle veut.

Il me  semble, que la meilleure manière de perdre une élection consiste à faire exactement comme l’opposition camerounaise  est en train de faire en ce moment : c’est-à-dire, accepter l’offre de Biya  et légitimer la fraude par la participation à des élections de mascarade.

Nous l’avons vu avec l’UNDP qui a carrément disparu de la scène au profit du parti au pouvoir. Nous l’avons également vu avec le SDF  dont les différents scores  à toutes les élections présidentielles  témoignent de son manque d’innovation. De 34% à  17%, le Sdf a dégringolé à  10%. Une manière de dire  que si ce parti ne fait pas sa mue. Elle aura moins de 5´% prochainement. Idem pour les autres dindons de la farce politique qui ont accompagné Paul Biya dans sa mascarade électorale.

Le peuple camerounais a compris finalement que les forces dites de  l’opposition  qui ont participé à la mascarade électorale du 9 octobre dernier, ne l’ont pas fait parce qu’elle voulait gagner. Ces poltrons se sont concentrés à faire gagner le régime de Biya dans l’espoir d’en tirer des bénéfices personnels aux dépens d’une réelle aspiration du peuple au changement.

Participer aux élections sous Biya, c’est  assurer l’échec de l’opposition dans un contexte où cette opposition, minoritaire au Parlement, ne pourrait, d’une part, aucunement influer sur l’avenir du pays, et d’autre part, serait condamnée à végéter pendant les 7 prochaines années.

Par ailleurs, à quoi sert une opposition minoritaire quasiment absente dans les hautes sphères de la nation camerounaise ? A rien du tout. Cette opposition du 9 octobre ne fera rien pour le peuple. Elle se contentera d’être des éternels " affamés et calculateurs".
 

Raoul Pokam

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