01/11/2011 03:31:52
Ouverture fermée ? Gouvernement d'union: la promesse qui divise le Rdpc
Paul Biya évoque l’ouverture du gouvernement aux forces de l’opposition. Sous cape, son camp désapprouve l’initiative. Une manoeuvre pour distraire?
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Paul Biya évoque l’ouverture du gouvernement aux forces de l’opposition. Sous cape, son camp désapprouve l’initiative. Une manoeuvre pour distraire?

C’est une évidence, en prêtant serment le 3 novembre prochain, Paul Biya a déjà à l’esprit de procéder à la configuration d’une nouvelle équipe gouvernementale. Un gouvernement qu’il entend placer sous le signe de l’implémentation des «grandes réalisations» promises aux Camerounais tout au long de sa campagne électorale. Dans cette équipe gouvernementale, des sources informées croient savoir que le chef de l’Etat veut associer des acteurs politiques autres que ses camarades du Rassemblement démocratique du peuple camerounais.
L’idée est d’ailleurs fortement vendue par la hiérarchie de ce parti depuis quelques temps. Reçu sur le plateau de la télévision Canal2, le secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc rappelle fort à propos que « le parti est disposé à toute ouverture ». Une ouverture à priori axée sur l’intégration de nouvelles compétences dans le gouvernement. Allusion aux acteurs de l’opposition à qui Paul Biya pourrait confier des portefeuilles lors de la prochaine restructuration du gouvernement.

Entre discours et réalité

Seulement, au moment où le président de la République et chef de file du Rdpc projette la composition de son 33e gouvernement sous le prisme de l’ouverture, la polémique bruisse sous cape au sein du parti. Pour l’essentiel, de nombreux cadres estiment que « même si le président est libre d’appeler qui il veut dans le gouvernement, il demeure que c’est celui qui gagne en démocratie qui gouverne. », tient à rappeler un cadre du Rdpc ayant requis l’anonymat. Une allusion claire au fait que le déploiement des cadres et autres militants du Rdpc lors de la campagne électorale du candidat Biya avait pour but, pour l’essentiel, de se positionner comme potentiels candidats autour de la « mangeoire » pour les néophytes et préserver les acquis pour ceux des militants déjà détenteurs d’un strapontin.

A en croire une source introduite, la volonté proclamée de Paul Biya d’intégrer les acteurs de l’opposition dans son prochain gouvernement,  se heurte également à la désapprobation de certains barons du régime «qui estiment que c’est un mandat délicat pour le président.» Conséquence précise notre source, «les gens pensent que si on associe l’opposition au projet de société vendu par le président Biya, on court le risque de voir cette ambition dévoyée par les acteurs de l’opposition.»

Mais le discours sur la formation d’un gouvernement d’union nationale n’est pas nouveau chez Paul Biya. En procédant au réaménagement gouvernemental du 30 juin 2009, «l’homme lion» laissait entendre quelque temps avant que «l’intérêt supérieur de la nation exigeait le plus large rassemblement possible de tous ceux qui sont déterminés à mettre leur énergie et leur talent au service de notre combat contre le sous-développement et la pauvreté.» Au final, Paul Biya procédait à une redistribution interne des cartes au sein du Rdpc à l’exception de l’entrée dans la machine de Issa Tchiroma Bakary qui retrouvait Bello Bouba Maïgari considéré à l’époque comme le seul leader de la plateforme garantissant encore un capital électoral dans le Grand nord. Qu’en sera-t-il cette fois ?

Joseph OLINGA

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE