17/11/2011 05:13:46
Apocalypse now !
Le capitalisme bifurque. L’Occident vacille. On dit même qu’il est en déclin. Le récent sommet du G20 qui a vu l’Europe tendre la main publiquement et supplier quasiment à genoux les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) de participer à son FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) atteste de cela.
Le nouveau courrier
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Le capitalisme bifurque. L’Occident vacille. On dit même qu’il est en déclin. Le récent sommet du G20 qui a vu l’Europe tendre la main publiquement et supplier quasiment à genoux les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) de participer à son FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) atteste de cela.

Les économies émergentes «sont prêtes à prendre part à des efforts conjoints, y compris l'octroi de crédits, selon les règles et les canaux qui existent au sein du Fonds monétaire international », a dit lors d'une conférence de presse à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. L'horloge a changé de genre ? Qui détient le portefeuille a le ton plus haut, c’est ainsi. Voilà maintenant que des économies émergentes indiquent la voie à la grande Europe. Le monde a bien changé, Nicolas Sarkozy le dit si bien. L’Europe perd pied entre bulle et gouffre financiers – la remise en cause d’un Triple A qui a finalement pour seul objectif que de tenir coite l’opinion en est tout de même un signe - l’Amérique au bord de l’asphyxie. La crise des subprimes n’est définitivement pas réglée car pas réglable à moins de saper tout ce qui a fait la force de ce pays, le libéralisme… Tout fout vraiment le camp.

La crise, contrairement aux assurances qu’on tente de donner au petit peuple est profonde. Les indignés, qu’ils soient d’Espagne ou de Wall Street, auront longtemps encore de quoi crier colère. Après, qu’on ne s’étonne pas que les Tea Parties fassent leur entrée au Congrès. Ce à quoi nous assistons est la mort lente du capitalisme,
l’échec du libéralisme. « Au fond, les financiers ne sont que des voleurs qui ont acheté près du gouvernement le droit de voler » disaient Edmond et Julie de Goncourt. L’agonie aura beau prendre son temps, que les mots politiques servent à quelque chose pour une fois, un système financier sans régulateur, sans gendarme ne prospérera plus. D’ailleurs la prise à bras le corps par les Etats renseigne déjà du rôle qu’il entend jouer dorénavant (ne surtout pas parler de communisme, ça fait mauvais genre).

Mais le pire serait à venir. Les crises économiques, quelles qu’elles soient se ponctuent toujours par des guerres. La révolution industrielle aboutit bien plus tard à la guerre de 14-18. Le crash boursier de 1929, les velléités expansionnistes d’Adolf Hitler avec les juifs comme bouc émissaire tout trouvé nous ont conduits à la guerre de 39-45. La chute des matières premières au début des années 80 a posé les bases de Novembre 2010 – Avril 2011 chez nous. La logique traditionnelle voudrait que l’Apocalypse tant promis ne soit plus loin.

Alors, une guerre pour détourner l’attention ? Oui et non. Oui car on donnera l’illusion d’avoir le contrôle. Une guerre, c’est l’occasion d’affirmation sa puissance. N’en déplaise aux colombes de paix et toutes ces niaiseries du style « guerre absurde ». La guerre, c’est tout ce qu’il y a de plus rationnel. Non parce que le capitalisme est omnivore. Karl Von Clausewitz affirme même que « la guerre n'est que la continuation de la politique par d'autres moyens ». Depuis l’invasion de Irak jusqu’à l’agression de la Libye, nous sommes spectateurs d’une triste campagne impérialiste qui vise à affirmer définitivement son leadership sur les riches gisements du Moyen-Orient.

‘’The Telegraph’’ et ‘’The Guardian’’, deux journaux anglais ont révélé il y a quelques jours les préparatifs militaires des Etats- Unis et de la Grande-Bretagne pour une éventuelle attaque contre l'Iran. ‘’The Guardian’’ a annoncé que : « le Ministère de la Défense (britannique) croit que les Etats- Unis pourraient décider d'accélérer leurs plans de frappe de missiles sur des installations iraniennes clé. Les officiels britanniques indiquent que si Washington va de l'avant ils rechercheront et recevront l'aide militaire britannique pour toute mission envisagée… ».

Le gouvernement israélien de son côté est déjà avancé dans ses préparatifs pour une attaque contre l'Iran. « Sur le front militaire, les avions militaires israéliens ont mené la semaine dernière un exercice à longue distance, du type nécessaire pour atteindre l'Iran, en utilisant une base de l'OTAN sur l'île italienne de Sardaigne » rapporte
le confrère. La guerre sourde, elle a déjà débuté. Israël aidé sûrement des Etats Unis a utilisé il y a peu un virus informatique Stuxnet pour saboter les installations d'enrichissement de l'Iran. Si la tension monte d’un cran cela est la conséquence du rapport du directeur général de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique), le très pro occidental ancien ambassadeur du Royaume Nippon à Washington, Yukiya Amano, rapport se basant sur des informations fournies par les services secrets de certains pays membres (on les devine) de l’agence et qui prêtent à l’Iran « de possibles dimensions militaires de son programme nucléaire ». Les mots sont lâchés, les bombes le seront aussi – la manipulation des esprits ayant bien préparé l’opinion.

On avait, nous, vu tout ça venir après l’éjection de Moubarak ; le printemps arabe ne prendrait fin qu’en Iran. Pourquoi ?

Primo parce qu’il veut s’affirmer scientifiquement et technologiquement.

Deuxio il est surtout indocile, et cela s’avère dangereux à cause du détroit d’Ormuz – seule voie unique de sortie pour l’exportation du pétrole iranien, saoudien, des émirats (un quart de la production mondiale et un huitième du brut utilisé par les USA).

Il faut donc comme l’aurait signalé Gabriel Ben-Dor, le directeur des études sur la sécurité nationale de l’université de Haïfa en Israël « qu’ils espèrent démanteler l’axe Iran, Syrie, Hezbollah et ainsi affaiblir cette coalition…». Travaillez, prenez de la peine, personne ne se laissera distancer par le baril bientôt franchissant le mur des 159
dollars. Une seule question reste en suspens, quel sera la réaction de la Chine et de la Russie qui ont au pays des Mollahs des intérêts considérables ? Feindront-ils de ne pas voir leur ‘’Pacte Asiatique’’ piétiné ? La quête de marché, l’affirmation d’une hégémonie de plus en plus contestée nous rapproche dangereusement du chaos. Vous avez dit apocalypse ?

Constant Neza

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