24/11/2011 04:51:29
Barbarie: Des Dozos attaquent un village Daloa
Bilan : 4 morts, des maisons incendiées. L’identité des victimes...
Le nouveau courrier
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Bilan : 4 morts, des maisons incendiées. L’identité des victimes...

Des violences ayant éclaté la veille dans un village de la sous-préfecture de Daloa mais qui avaient été contenues ont dégénéré lundi dans la soirée, causant quatre morts parmi les populations autochtones. Un drame qui interpelle sur la sécurisation de ces zones livrées aux forces de conquête du régime en place.

Bateguedia II, sous-préfecture Gboguhé, dans le département de Daloa, sur l’axe Daloa-Man, a sombré dans l’horreur dans la soirée du lundi 21 novembre 2011. Bilan : quatre morts et de nombreux dégâts matériels. Selon les renseignements, les auteurs de ces tueries ne sont autres que les dozos qui tiennent la région et les Burkinabé résidant dans le village qui ont littéralement massacré les populations autochtones, pour une affaire de vol qui a éclaté la veille et dont les auteurs restaient à déterminer. Les nommés Lago Pregnon Lucien, Pregnon Logbou Hubert, Tapé Kipré Pierre et Séri Djédjé Ernest, soit trois personnes âgées et un jeune, ont été tués à l’arme blanche et à l’arme à feu. Au moins 14 maisons et leurs greniers ont été incendiés.

Le domicile du chef du village qui était en déplacement à Daloa au moment des faits n’a pas été épargné. Face à la situation, femmes et enfants ont été convoyés depuis hier dans les villages voisins où ils ont trouvé refuge. Vingt-quatre heures après, le calme est revenu dans un village sans âme. Où un détachement des forces armées nationales veille au grain. Pour situer les responsabilités, la gendarmerie a ouvert une enquête. Des membres de la communauté burkinabé indexés comme étant les auteurs de ce massacre et les parents des victimes doivent se rendre ce matin à la brigade de gendarmerie de Daloa pour y être entendus.

A l’origine de ce drame, témoigne le chef du village, un vol d’articles appartenant à un jeune Burkinabé qui a été signalé la veille. Interpellé ce dimanche au sujet de vol, le chef du village s’est déplacé sur les lieux pour se rendre compte du mode opérateurs des malfrats. Quatre briques enlevées dans le mur du maquis de la victime et le tour est joué. «Dix portables, quatre vins et des articles divers», signale le jeune burkinabé. Le chef du village, tout en affichant sa compassion et son indignation, tente de dissuader son interlocuteur de faire appel aux dozos pour débusquer les auteurs du vol. Il lui conseille plutôt de saisir la gendarmerie, seule habilitée à traiter un tel dossier. Sans un début de preuve, des accusations sont portées à l’emportepièce contre des jeunes Bété. Ce dimanche-là déjà, le pire a été évité de justesse, car malgré les dissuasions du chef, le Burkinabé fera intervenir des Dozos. Ces derniers procédaient déjà à des arrestations quand le chef, alerté par le vacarme que cela produisait, a dû s’interposer pour leur demander de se retirer.

Quand le calme revient, un autre jeune burkinabé, qui détient un vidéo club, vient se plaindre de certains jeunes du village qui lui aurait intimé l’ordre de fermer son commerce. Ce jour-là, le pire avait été évité et le calme est revenu. Les dozos ayant déclaré avoir fait des incantations sur la base desquelles le voleur devrait se montrer, au bout de 24h, il n’y avait plus qu’à attendre. Le lendemain, c’est-à-dire le lundi, les dissensions de la veille entre ces communautés qui cohabitent depuis de longues années semblaient ravalées. Chacun vaque à ses occupations jusque dans la soirée, quand les Dozos et Burkinabé qui accusent les jeunes Bété d’être les auteurs du vol de portables reviennent à la charge. Cette fois-ci, en l’absence du chef du village qui séjourne à Daloa.

Informé de la situation aux environs de 19 heures, il se précipite pour informer les autorités militaires de la ville. Mais le temps que des dispositions soient prises pour rallier le village, un mort est signalé aux environs de 20 heures 30 minutes. Finalement, c’est à 22 heures qu’un détachement des Frci est envoyé à Bateguedia, où les hommes en armes ont découvert l’horreur.

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE