16/04/2009 16:47:59
Assainissement des villes : les déguerpis à l'abandon
Ephraim Inoni et son gouvernement interpellés par la pression sociale. Alors que les vendeurs à la sauvette déguerpis projetaient une marche vers le Palais de l’Unité pour rencontrer le président Paul Biya, le Pm Inoni a réuni plusieurs membres de son équipe, le 07 avril 2009 pour plancher sur les conséquences des mesures d’assainissement urbain de Yaoundé
La Nouvelle Expression
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Tsimi Evouna suit ses chantiers pour une capitale assainie. Le prix à payer est douloureux pour des milliers de déguerpis sans titre d’occupation des espaces. La société civile plaide pour une dimension sociale et dénonce des abus.

Ephraim Inoni et son gouvernement interpellés par la pression sociale. Alors que les vendeurs à la sauvette déguerpis projetaient une marche vers le Palais de l’Unité pour rencontrer le président Paul Biya, le Pm Inoni a réuni plusieurs membres de son équipe, le 07 avril 2009 pour plancher sur les conséquences des mesures d’assainissement urbain de Yaoundé. Alors qu’un immense cordon sécuritaire de la police tenaient en respect les responsables du regroupement des vendeurs à la sauvette déguerpis.

A finish, les services du Pm ont publié un communiqué appelant à l’apaisement social. Cela en dépit de vagues promesses issues d’une “ importante réunion interministérielle consacrée à l’examen des conséquences socio-économiques des récentes mesures d’assainissement urbain conduites par la Communauté Urbaine de Yaoundé. ”

Entre autres, Inoni Ephraim s’est félicité des mesures de réinstallation envisagées et a instruit leur accélération ; il a alors prescrit : de parachever, dans un bref délai, le projet d’extension des capacités d’accueil du marché central, qui devrait accueillir environ 200 nouveaux commerçants ; de finaliser dans un délai raisonnable l’aménagement dans les quartiers Etetak et Mvog-Betsi, sur environ 9 hectares, de l’espace dit “ village des jeunes ”, retenu pour accueillir ceux des jeunes exerçant divers métiers ou pratiquant une activité artisanale.

Enfin, il a invité le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation à animer un groupe de travail interministériel, chargé de définir les mesures propres à favoriser le recasement des déguerpis. En retour, il recommande “ aux déguerpis la patience, leurs doléances diverses faisant l’objet d’un examen diligent et bienveillant tant au niveau du Gouvernement que de la Communauté urbaine de Yaoundé. ”

Des casses à visage humain

Pour les observateurs, le gouvernement a réussi à parer au plus pressé en amenant les vendeurs à la sauvette à ne plus observer leur mouvement d’humeur. En même temps, il a pris en compte les nombreuses interpellations de la société civile au sujet des “ violations massives des droits de l’homme en cours à Yaoundé et ailleurs, engagés sous le fallacieux prétexte de l’embellissement des villes du Cameroun ”. Une publication a accompagné les plaintes de la société civile : “ Nous sommes tous camerounais ”. Halte aux évictions forcées des citoyens. Le citoyen Hilaire Kamga a adressé à sa manière une “ lettre citoyenne au délégué du gouvernement ”.

A la suite d’autres acteurs de la société civile, il insiste sur le décret du Premier ministre n°2008 0738/PM du 23 avril 2008 portant organisation des procédures et modalités de l’aménagement foncier. Il s’agit selon l’auteur d’une “ correction républicaine du Premier ministre ” face à ce qu’il qualifie d’abus du PM. Il démontre que la disposition du PM n’est pas observée par le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé.

A l’évidence les grands chantiers de Tsimi Evouna appréciés par les populations s’accompagnent de beaucoup de douleurs sur le plan social. Une conciliation entre le droit déguerpir, les droits des déguerpis, dont le recasement ou d’autres formes d’assistance est souhaitée. Cela dans un contexte généralement marqué par une occupation anarchique des espaces et des bâtiments sans titre foncier ou permis de bâtir. Le visage humain des travaux de Tsimi Evouna, selon des responsables de la société civile voudrait qu’il propose un nouveau site aux vendeurs à la sauvette avant de les faire déguerpir du centre de la ville de Yaoundé.

François Xavier Eya

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