29/11/2011 01:19:13
Zone Franc : Pas de dévaluation du Fcfa en vue
Face à la presse vendredi dernier, le ministre des Finances s’est longuement exprimé sur une question qu’il dit ne pas être à l’ordre du jour.
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Face à la presse vendredi dernier, le ministre des Finances s’est longuement exprimé sur une question qu’il dit ne pas être à l’ordre du jour.

Le ministre des Finances, répondant à une question de journaliste au sujet de la dévaluation du Fcfa annoncée dans la presse ivoirienne, a plutôt réagi avec humour. « Si le ministre français de l’Economie nous annonce la dévaluation par Internet, ça me surprend. A l’époque de Mme Lagarde (ancienne ministre français de l’Economie, Ndlr), elle m’écrivait. Je n’ai encore pas reçu de lettre du ministre actuel (François Baroin, Ndlr) au sujet de la dévaluation », affirme Essimi Menye. Visiblement contrarié par cette nouvelle. « It creates noice », affirme le ministre des Finances pour bien se faire comprendre. « L’économie n’aime pas cela, elle n’aime pas le bruit », poursuit-il.

En début de semaine dernière un journal ivoirien, « Notre Voie », annonçait la dévaluation du franc Cfa. Ce journal, que l’on dit pro-Gbagbo, l’ancien président ivoirien déchu, affirmait en citant une source diplomatique que cette dévaluation avait été prévue par Paris pour janvier 2012. Les chefs d’Etat ivoirien et Congolais était chargés d’informer leurs homologues de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine) et de la Cemac (Commission économique et monétaire d’Afrique centrale).

Mais, le ministre Essimi Menye insiste sur le fait qu’une nouvelle dévaluation du franc Cfa en ce moment n’est pas possible. « Il a fallu des négociations durant 3 ans pour aboutir à la première dévaluation survenue en 1994. Et à cette époque là, les chiffres de l’économie n’étaient pas du tout bons. Nous étions noyés et nous connaissions toutes sortes de problèmes », argue le Minfi. Actuellement, les pays de la zone franc font tout pour garder la tête hors de l’eau. « Nous payons nos dettes, nos fournisseurs, même si c’est parfois en retard. Mais, nous ne sommes pas au stade d’une autre dévaluation », lance le Minfi. Qui s’appuie sur un exemple : celui du Congo Brazzaville qui peut supporter à lui tout seul la masse monétaire de la sous-région Afrique centrale avec ses 1 million de barils de pétrole par jour.

Cette information sur une prochaine dévaluation du Fcfa, selon le ministre camerounais des Finances, serait donc l’œuvre des commerçants qui sont surtout des banquiers. Ils voudraient, avec cela, amener les gens à changer leurs devises, ce qui va faire monter des monnaies comme l’euro au plan international. « Ce n’est pas parce que l’Europe a des problèmes aujourd’hui qu’on doit parler de dévaluation du franc Cfa. Pour en arriver à la dévaluation, il faut que cela se justifie », conclut Essimi Menye. Il faut bien qu’il se méfie car Justin Ndioro avait annoncé qu’il n’y avait pas de dévaluation en vue, et trois mois plus tard, le Fcfa était déprécié par rapport au franc français.

Alain NOAH AWANA

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