29/11/2011 12:08:55
RDC-Elections : les dés sont jetés
Le peuple congolais est allé aux urnes hier lundi 28 novembre. Il a voté dans le cadre des élections présidentielle et législatives, édition 2011. Moment pathétique. Instant historique.
Le Potentiel
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Alea jacta est, diraient les latinistes. Les dés sont jetés, renchériraient les francophones. En attendant la proclamation officielle des résultats définitifs du vote.

Les élections présidentielle et législatives, édition 2011, se conjuguent désormais au passé. En effet, le peuple congolais s'est rendu hier lundi 28 novembre, dans le calme, pour poser le geste citoyen, ô combien significatif et déterminant.

Significatif parce qu'il devrait être fait en toute responsabilité pour traduire en acte l'indépendance de l'électeur. Déterminant dans la mesure où ce geste scelle le sort de la République démocratique du Congo.

Il va de soi que le peuple congolais a voté pour le futur président de la République, incarnation de la Nation, et également pour les futurs députés nationaux, ses mandataires. Certes, il faut encore et toujours prendre son mal en patience dans l'attente de la proclamation officielle, le 17 décembre, des résultats définitifs des scrutins couplés par la Cour suprême de Justice. Mais, le 6 décembre 2011, la CENI aura déjà annoncé les résultats provisoires. C'est alors que la boucle aura été bouclée. Le pays pourra repartir vers une nouvelle aventure que l'on souhaite plus heureuse que celle que l'on vient de vivre, au regard des grands défis à relever.

Le peuple congolais vient donc de connaître un moment pathétique. Il est en train de vivre des instants historiques, car si sa volonté est respectée, son vote demeuré naturel et les résultats non dénaturés, il aura accompli son devoir citoyen tel qu'il aura voulu. C'est dire qu'une nouvelle page d'histoire est en train d'être tournée et que tous les Congolais s'apprêtent à l'écrire en lettres d'or en vue de marquer leur détermination d'aller toujours de l'avant. De sortir ce pays du bourbier, de rejeter à jamais cette piteuse légende d'un Congo immature, instable et aliéné.

Les Congolais viennent par conséquent de prendre rendez-vous avec l'histoire dans cet élan de s'inscrire dans ce contexte d'un peuple émancipé, en pleine mutation en vue de faire de la RDC un pays uni, fort et prospère. C'est le sens que tous les Congolais devraient donner à leur choix, à leur vote du 28 novembre.

Fin de campagne brutale, ensanglantée

Mais hélas ! Le peuple congolais a continué à subir la pression tout au long de cette campagne électorale. Du début jusqu' à la fin, face à la boulimie du pouvoir, à l'intolérance politique, mais aussi à l'analphabétisme politique, manifestations incontestables de l'opportunisme et du clientélisme politiques pour les privilèges du pouvoir.

Le jeu a été en quelque sorte dénaturé par ces accrochages, cette escalade verbale ponctuée d'invectives et de violence qui s'est soldée par mort d'hommes. Du début jusqu'à la fin. Preuve que la campagne électorale n'a pas été honorable. Au contraire, elle s'est révélée brutale et ensanglantée.

Kinshasa, qui devrait servir de point de chute, a été privé de dernières heures de cette campagne tant la tension était à son comble. Il y a eu des accrochages, des tirs en l'air et à balles réelles. Conséquence : mort d'hommes et le bilan exact ne sera jamais connu. Cependant que l'autorité urbaine, à tort ou à raison, a décidé, sur le tard, l'interdiction de l'organisation des meetings et autres manifestations publiques sur toute l'étendue de la ville de Kinshasa. Une note négative et triste sur fond de laquelle les Kinois sont allés voter.

Inquiétante aussi d'autant que jusqu'au bout, les Congolais n'auront pas été rassurés de la crédibilité de l'organisation des élections. De l'audit du serveur central aux bureaux fictifs, vrais ou faux, le bras de fer a continué à exister, faisant ainsi le lit des contestations imminentes. L'on n'est pas encore sorti de l'auberge.

Le plus dur devant nous

C'est à partir de maintenant que l'on est en train de vivre les minutes cruciales, voire difficiles de ce processus électoral. Des minutes déterminantes visant à certifier la crédibilité et la transparence de ces élections. Mieux, de tout ce processus électoral. C'est la crédibilité de la CENI qui se joue en ces instants précis.

C'est même le sort de la République démocratique du Congo. Car, il suffit d'une déclaration inopportune autour de ces élections pour servir de déclic à des imprévisibles avec tous ces nerfs tendus. Surtout qu'aucun des candidats à la présidentielle n'a affiché une image rassurante de tolérance politique. Qu'aucune déclaration de tolérance politique, pourtant très attendue, les engageant et qui aurait joué à la décrispation n'a été faite. On ne sait deviner leurs vraies intentions. On ignore de quoi sera fait demain.

Demain, c'est la constitution de la majorité parlementaire, l'élection du futur bureau de l'Assemblée nationale, la mise en place du futur gouvernement. Encore des « joutes politiques » à même de porter un coup dur au « vote » du peuple congolais. Car, plus que jamais, l'avenir de ce pays réside dans l'existence des « institutions nationales dépersonnalisées ». Force est donc de tirer les leçons utiles de précédentes élections et du fonctionnement des institutions issues du scrutin de 2006.

Il ne reste plus qu'à demander aux acteurs politiques de respecter la « volonté réelle et naturelle » du peuple congolais. Dans la paix, le respect des résultats des urnes non falsifiés et la tolérance politique. Car demain, c'est déjà 2012, l'amorce d'une nouvelle aventure politique face aux grands défis, notamment l'émergence d'un Etat moderne, d'une Nation prospère et d'un peuple responsable.

 

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