05/12/2011 05:08:24
RDC: Kinshasa se prépare au pire
A 24 heures de l'annonce des résultats provisoires de l'élection présidentielle en RDC, Kinshasa craint une flambée de violences post-électorales. Face à un président sortant, Joseph Kabila, sûr de sa réélection et l'opposant Etienne Tshisekedi qui crie déjà victoire, les lendemains d'élections sont particulièrement redoutés à Kinshasa. Plus de 3.000 Congolais ont déjà fui vers Brazzaville.
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A 24 heures de l'annonce des résultats provisoires de l'élection présidentielle en RDC, Kinshasa craint une flambée de violences post-électorales. Face à un président sortant, Joseph Kabila, sûr de sa réélection et l'opposant Etienne Tshisekedi qui crie déjà victoire, les lendemains d'élections sont particulièrement redoutés à Kinshasa. Plus de 3.000 Congolais ont déjà fui vers Brazzaville.

L’attente de la publication des résultats du scrutin présidentiel, mardi 6 décembre (ou mercredi), suscite la crainte chez de nombreux Kinois qui se ruent vers Brazzaville, la capitale voisine. Depuis vendredi, "une traversée inhabituelle" a été constatée au "Beach" de Brazzaville, ont déclaré des gardes frontières à l'agence Xinhua. L'Agence France Presse parle déjà de 3.000 personnes, ce dimanche. Il faut dire que les habitants de Kinshasa ont encore en mémoire les violents affrontements qui avaient opposé le camp Kabila, aux partisants de Jean-Pierre Bemba, après la présidentielle de 2006 (élection qui avait déjà été contestée).

Le situation sécuritaire devient extrêmement tendue avant l'annonce des résultats, qui pourraient d'ailleurs être reportés mercredi. Le couvre-feu est désormais en vigueur dans le centre du pays, à Mbuji-Mayi (fief de l'opposant Tshisekedi) et la Garde républicaine s'est déployée à Lubumbashi, au Katanga, réputée pro-Kabila. Depuis vendredi soir, les Congolais sont également privés du service de SMS par l'ensemble des opérateurs téléphoniques. Le ministre de l'intérieur a expliqué vouloir "préserver l'ordre public" à l'approche des résultats et évité la circulation de "faux résultats".

Pendant ce temps, loin de rassurer une population déjà sous tension, les évêques de l'église catholique congolaise ont comparé la situation de leur pays à "un train qui va droit dans le mur". Très inquiet de la tournure que prennent les événements, Monseigneur Monsengwo a condamné "les agissements de peur et d'énervement posés par les sympathisants des acteurs politiques et qui frisent la barbarie pendant la période électorale".

Il faut dire que l'annonce de résultats partiels avant la date prévue par la CENI n'a pas arrangé les choses : la Commission électorale a en effet déclaré samedi que le président sortant Joseph Kabila "obtenait 51% des voix" et son principal rival "Etienne Tshisekedi 34%" selon les résultats provisoires portant sur un tiers des bureaux de vote. Faux ! rétorque l'opposition, pour qui, selon ses décomptes, Etienne Tshisekedi serait "loin devant Kabila". On s'achemine donc vers une inexorable contestation des résultats faisant craindre une flambée de violence dans les grandes villes du pays.

Christophe RIGAUD

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