05/12/2011 13:49:24
Déportation de Gbagbo: Jerry Rawlings : « Nous ne devons pas rester silencieux à ce sujet... »
« L’Afrique doit faire disparaitre la justice d’importation. Ça défie la logique et la quête d’une paix durable en Côte d'Ivoire... »
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J'ai appris avec consternation l’information selon laquelle le président ivoirien renversé Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI), le mardi 29 novembre suite à un réquisitoire rapide, en totale des codes et procédures pertinentes et au mépris total pour les exigences de la paix en Côte d'Ivoire. Ce transfert a suivi
une procédure si expéditive qu'elle pouvait être légitimement décrite que comme un enlèvement.

Mes soupçons se sont accrus lorsque j’ai constaté que le procureur, qui affirme cibler six personnes en Côte d'Ivoire, insiste indûment sur Gbagbo, celui qui est le moins susceptible de s’échapper puisqu’il est déjà en détention. Cet empressement à inculper et à transférer Gbagbo, qui n'a pourtant pas fui lors du bombardement de son palais, comme un criminel de droit commun, défie la logique et la quête de la véritable réconciliation et d’une paix durable en Côte d'Ivoire. Après cinquante ans d'indépendance, l'Afrique devrait avoir l’expertise nécessaire pour rendre la justice qu’elle doit à ses propres citoyens et faire disparaître la justice d’importation.

Quel est ce type de poursuites qui se précipite pour traduire en justice la victime d'une attaque, et qui se montre si indulgente envers l’auteur de cette attaque ? Personne ne cherche à échapper à la justice. Mais quand la justice baigne dans une mer d'humiliation et d'abus, de façon à être régie par la haine de personnes qui s’autoproclament justes avec leur logique intenable, il est bon que la conscience humaine s’élève contre eux et pour le bien de tous. Nous ne resterons pas silencieux à ce sujet. Nous ne devons pas rester silencieux à ce sujet dans la mesure où nous sommes partie prenante de ce drame humain.

 

I have learnt with dismay reports that deposed President Gbagbo of Cote d’Ivoire has been transferred to The International Criminal Court (ICC) on Tuesday, November 29th, following a speedy indictment, in total violation of relevant internationalcode of procedures and in total disregard for the demands of peace in Cote d’Ivoire.

This transfer followed a procedure so hasty that it could be rightfully described as abduction.  

My suspicion grows even more, when the prosecuting attorney claiming to be targeting six officials in Cote d’Ivoire, unduly focuses on Gbagbo, the one who is least likely to escape due to his being already in custody.
                   

This eagerness to indict and transfer Gbagbo, who did not run in the face of the bombing of his palace like a common criminal, defies logic and the quest for true reconciliation and sustainable peace in Cote d’Ivoire.

After fifty years of independence, Africa should have all the knowhow to bring justice to its own citizens and do away with imported justice.

What kind of prosecution would rather be in haste to bring to justice the victim of an attack, and be lenient on the perpetrator of the attack?

No one is trying to evade justice. But when such justice is drenched in a sea of humiliation and abuses, so as to be governed by self-righteous hatred with its untenable logic, it only befits human conscience to stand up against it for the good of all.

We will not be silent about this because we must not be silent about it as participating members in this human drama.

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