06/12/2011 02:05:59
Cameroun: Marché Nkololoun. Policiers et populations affrontent les commerçants
Les habitants ont prêté main forte aux flics pour échec à l’exercice d’une activité mercantile dans les rues de ce quartier hier lundi 5 décembre 2011. Ce qui n’a pas manqué de provoquer le courroux des vendeurs…
Le Messager
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Les habitants ont prêté main forte aux flics pour échec à l’exercice d’une activité mercantile dans les rues de ce quartier hier lundi 5 décembre 2011. Ce qui n’a pas manqué de provoquer le courroux des vendeurs…

De violents affrontements ont opposé hier lundi 5 décembre 2011 policiers, populations riveraines et commerçants au marché de Nkololoun à Douala. La rixe a provoqué un indescriptible bouchon qui a paralysé la circulation, notamment vers le quartier Ngonsoa, obligeant les automobilistes à faire un détour vers Mboppi. Et pour cause, les entrées est et ouest du marché Nkololun ont été bloquées par les commerçants dont les vêtements ont été saisis et confisqués par les flics.

Car après la destruction des centaines de boutiques et d’étals pour besoin de restauration de la voirie, les vendeurs jadis propriétaires de boutiques ont grossi les rangs des ambulants, encouragés par le début tardif des travaux. Calvin Nonossi, un vendeur à la sauvette qui avoue avoir été molesté par la police raconte ses tribulations : «Même si on nous casse, il faut qu’on nous laisse vendre avant que les travaux ne commencent. J’ai reçu plusieurs coups de matraque à la tête et aux fesses pour rien. Pourquoi ne pas nous laisser vendre au moins jusqu’en janvier? Nous sommes en pleine préparation des fêtes et nous prions le préfet d’être attentif à nos doléances. Je suis condamné à vendre sinon, c’est fini pour moi».

Devant l’entêtement des commerçants qui ont opposé une farouche résistance, la police finira par plier bagages. Une perspective que refusent d’admettre les populations riveraines qui se lancent dans la bataille. Une centaine de gros bras du voisinage entre en scène, tels des justiciers, pour «chasser la vermine de notre quartier. Il faut qu’ils partent de Nkololun, car c’est eux qui freinent le développement. Ils empêchent que cette entreprise (Razel, ndlr) effectue les travaux à cause de leur présence. S’ils ont réussi à amadouer la police, tel n’est pas notre cas. Notre quartier doit avoir un nouveau visage», plaide Gilbert Douanla, habitant de New-Bell.

Escalade

Si la police semble avoir jeté l’éponge et compte revenir à la charge en début janvier, tel n’est pas le cas pour certains jeunes du quartier. Au moment où nous quittions les lieux hier lundi 5 décembre 2011, les deux camps (riverains et commerçants) affûtaient leurs armes en élaborant des stratégies de combat. «S’ils tentent encore de revenir nous embêter demain (ce mardi 6 décembre 2011, ndlr), il y aura du sang et mort d’hommes. La police a dit que nous pouvions rester jusqu’en début janvier. De quoi se mêlent-ils dans une affaire qui ne les regarde pas ? Je ne partirai pas d’ici avant janvier ».

Telles sont les menaces de Ferdinand Zingui, commerçant au marché Nkololoun. Aiguisant une machette et exhibant des couteaux et des gourdins, il promet une résistance «de taille à ces gros bras qui ont accepté un peu d’argent pour troubler notre tranquillité. C’est sur mon cadavre qu’ils passeront. Je ne suis pas contre la construction de la route, mais il faut une méthode dans chaque action humaine. Si c’est la guerre qu’ils veulent, ils seront servis», poursuit notre interlocuteur. Malgré le retrait de la police, des patrouilles mixtes sont annoncées sur le site dès ce jour aux premières lueurs de l’aube afin de parer à tout éventuel débordement. La réaction de la communauté urbaine et de la commune d’arrondissement territorialement compétente est vivement attendue.

Etame KOUOH

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