08/12/2011 04:18:06
Cameroun: Le prix du carburant la pompe augmente (de 205 fcfa) ds janvier
Le directeur technique de la Caisse nationale de stabilisation des prix d’hydrocarbures l’a fait savoir lundi 5 décembre dernier au palais des Congrès, lors d’une conférence. Des mesures d’accompagnement en étude. Des syndicalistes du secteur des transports terrestres annoncent des mouvements de grève
Le Messager
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La Csph annonce une augmentation des prix du carburant en janvier 2012

Le directeur technique de la Caisse nationale de stabilisation des prix d’hydrocarbures l’a fait savoir lundi 5 décembre dernier au palais des Congrès, lors d’une conférence. Des mesures d’accompagnement en étude. Des syndicalistes du secteur des transports terrestres annoncent des mouvements de grève

Cela ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Les prix de carburant seront revus à la hausse dès janvier 2012. Annonce a été faite lundi 5 décembre 2011 au palais des Congrès lors d’une conférence-débat par monsieur Boniface Zé, le directeur technique de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph). Les nouveaux prix à pratiquer à la pompe dans quelques jours ne sont pas encore connus. Mais le gouvernement prendra des mesures d’accompagnement adéquates, rassure-t-il. L’on cite par exemple des investissements dans le secteur de l’éducation, le redressement de la Société nationale de raffinerie (Sonara) et la gratuité du transport en commun par bus dans les grands centres urbains.

Jusqu’ici, le gouvernement, indique la Csph, subventionne à  hauteur  de 337 francs le litre de pétrole, et légèrement moins (238 Fcfa) pour le gasoil et l’essence. « Pour la seule année qui s’achève, le gouvernement a dépensé un peu plus de 300 milliards Fcfa pour permettre aux Camerounais d’accéder facilement aux produits pétroliers. La Société nationale de raffinerie vend ses produits à perte et ne compte que sur les subventions de l’Etat. L’Etat de son côté a des problèmes budgétaires. Au moment où je vous parle, le gouvernement doit plus de 300 milliards Fcfa à la Sonara qui est en difficulté et fonctionne déjà péniblement. De 2008 à 2011, l’Etat a par exemple dépensé près 700 milliards Fcfa dans le cadre de la subvention des produits pétroliers. Cet argent pouvait permette de construire l’axe lourd Douala-Yaoundé ou être investi dans un secteur structurant », explique le directeur technique de la Csph.

Par exemple, illustre-t-il, le litre de carburant en Côte d’Ivoire se situerait au dessus de 700 Fcfa. Il en serait de même en Guinée Equatoriale et dans plusieurs autres pays du même niveau de développement que le Cameroun. Notre pays qui ne produit finalement que 80 000 barils de pétrole par jour est désormais dos au mur. Mais comme l’on est passé d’une fixation administrative des prix à une fixation concertée, des rencontres seront organisées avec les leaders de la société civile et toutes les autres composantes sociales pour que le prix arrêtés soit le fruit d’un consensus.
 
Hausse du prix du carburant . Des syndicalistes menacent de faire grève

Le syndicat national des employés du secteur des transports terrestres qui soutient avoir flairé le piège du gouvernement en cette veille de fête de fin d’année, prépare ses adhérents à la riposte.

La sortie de la Csph confirme une rumeur qui se faisait persistante : une probable augmentation du prix du carburant (pétrole, super et gasoil) à la pompe. En dépit des assurances du directeur du budget, des syndicats de taxis sont sur leur garde. Certains à l’instar du Syndicat national des employés du secteur des transports terrestres prépare déjà ses adhérents à rallier un mouvement de grève en cas d’augmentation du prix du carburant.

Depuis quelque jours en effet, le Synester distribue des tracts aux fins de mobiliser ses troupes. « … le gouvernement semble vouloir nous prendre dans un piège et nous prendre par surprise. Nous avons tenu à préparer nos camarades pour que le jour même où il y aura augmentation même d’un centime d’augmenter du prix du carburant, nous entrions immédiatement», explique Jean Collins Ndefossokeng, président du Synester.
Sur ces tracts, on peut entre autres, lire : « Le gouvernement va bientôt augmenter le prix du carburant. Comme un seul homme, préparons-nous à dire non ! Non et non ! ».

Le Synester entend donc anticiper « sur ce qui va arriver » malgré les assurances du ministère des Finances. « C’est vrai que j’ai entendu dire que le directeur du budget est monté sur certaines antennes pour affirmer que désormais il n’y aurait plus augmentation. Parce qu’ils vont continuer à subventionner. Mais pour le moment, nous restons sur nos gardes. Et nous appelons nos camarades à être prêts à la riposte au cas où… ». Le Synester fonde sa méfiance sur des signaux perçus au ministère des Finances. Notamment dans les propos du patron des lieux. Essimi Menye les avait alors conviés à une réunion d’information sur les produits pétroliers le 17 novembre 2011dans les locaux de son département ministériel.

205 Fcfa en plus

J. C. Ndefossokeng  soutient que le ministre des Finances leur a fait comprendre le poids du gouvernement de supporter de trop le carburant. Or, la subvention que l’Etat apporte à la Sonara est très élevée, plus de 250 milliards Fcfa par an, et il est bien possible que le gouvernement ne puisse plus supporter cette subvention. « Par conséquent, il faut que tout le monde paie le prix qui s’arrime au marché mondial à savoir 800 Fcfa le litre du carburant. Au terme de la réunion, il a dit que l’augmentation était prochaine sans donner une date ». Si cette augmentation est effective, les transporteurs devront désormais payer un plus de 205 Fcfa. Ce que n’entendent pas accepter les taximen et moto-taximen qui, à travers le Synester, ont saisi le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Robert Nkili. La correspondance à lui adressée sert de « préavis de grève ».

D’autant plus que les transporteurs pensent que le gouvernement voudrait profiter de l’effervescence des fêtes de fin d’année pour mettre ce projet à exécution. Dans ce milieu, la période des fêtes est considérée comme une haute saison « Ils veulent profiter de ce que les camarades ont un peu d’argent qui rentre pour augmenter le prix du carburant ».

Dans une correspondance adressée au patron des Finances, laquelle aurait suscitée la rencontre du 17 novembre, le Synester propose des alternatives au gouvernement pour éviter que la grève ne plane plus telle une épée de Damoclès. Ce sont : la péréquation tarifaire, la subvention des taximen et moto-taximen ; la ristourne sur la consommation de ces derniers qui se considèrent comme des revendeurs de produits pétroliers.

Joseph Flavien KANKEU / Nadège Christelle BOWA

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