10/12/2011 02:19:26
Ma nuit avec madame...Fomi
Sur les routes poussiéreuses de Bafou, nous marchions la main dans la main. Les sissonghos griffaient nos pieds, nous nous baignions de vent et de soleil et le froid mordait nos visages blafards sous le soleil gelé du village de Johnny Baleng. Avec une soif de plaisir incontrôlable, je me souviens d’une autre rencontre entre toi et moi...
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Dis-moi, que sont les roses devenues ? Et les pétales que pleurent les roses au moment de l’effeuillage, les retrouverons-nous encore ? Folles sont mes pensées envers toi, et brûlant mon désir de te serrer dans mes bras, en souvenir de ces années où nous marchions pied nu sur la terre tourmentée de Bafou. A cette époque, chanteuse de cabaret, tu rêvais de percer.

Certes, la musique ne t’a pas souri, en ce sens que ce n’est pas demain que tu auras le disque d’or de la meilleure vente. De guerre lasse,  tu t’es reconvertie en politique. Devrais-je dire dans l’animation politique et pour la gloire de ton homme ? Pour lui tu as décidé de  grimper quatre à quatre les échelles pour les cimes politiques. "Lorsque tu veux vraiment une chose, tout l'univers conspire à te permettre de réaliser ton désir." écrivait Paulo Coelho dans l'alchimiste. C’est vrai, tu avais en ce début des années 80, des atouts indéniables : les hanches pleines, un balcon relevé et soutenu, et un appétit carnassier du pouvoir. Mais surtout, mon amour impossible, tu savais chanter. Auteur-compositeur dans l’âme, tu savais trouver les mots magiques qui font grimper le thermomètre de ceux qui y croient. Tu chantais faux c’est vrai, mais tu chantais quand même. « Si tu as kéké choz à diii, kéké choz à diii, si tu as kéké choz à diiii,  diiii lé maintenant ». 

Sur les routes poussiéreuses de Bafou, nous marchions la main dans la main. Les sissonghos griffaient nos pieds, nous nous baignions de vent et de soleil et le froid mordait nos visages blafards sous le soleil gelé du village de Johnny Baleng. Avec une soif de plaisir incontrôlable, je me souviens d’une autre rencontre entre toi et moi. A Bamenda, le Rdpc naissait des cendres encore chaudes de l’Unc dans l’euphorie générale de ceux qui voyaient le changement au bout du tunnel. Tu étais aux premières loges de la piste de danse. Tes coups de reins séduisent plus d’un. Je me souviens encore de ce corps à corps avec Mbella Mbappè, après l’annonce pleine d’émotion de la naissance du Rdpc.

Dis-moi, Dalida, que sont les roses devenues ? Et les pétales que pleurent les roses au moment de l’effeuillage, les retrouverons-nous encore ? Folles sont mes pensées envers toi, et brûlant mon désir de te serrer dans mes bras, en souvenir de ces années où nous marchions pieds nus sur la terre tourmentée de Bafou. Ce qui est remarquable, c’est que tu n’as pas oublié ton passé en ce moment crépusculaire où les points d’interrogation jonchent le boulevard politique. Je te revois encore comme à tes débuts, chantant ta mélopée fétiche : « Si tu as kéké choz à diii, kéké choz à diii, si tu as kéké choz à diiii,  diiii lé maintenant». Tu rêvais de changer le monde à partir de ton nombril. De te coller comme une sangsue sur le dos de ton héros et de te maintenir contre vents et marées sur son sillage, tant qu’il est là.

Dis-moi, que sont les roses devenues ? Et les pétales que pleurent les roses au moment de l’effeuillage, les retrouverons-nous encore ? Folles sont mes pensées envers toi, et brûlant mon désir de te serrer dans mes bras, en souvenir de ces années où nous marchions pieds nus sur la terre tourmentée de Bafou. A cette époque, chanteuse de cabaret, tu rêvais de percer. Dalida ma mairesse, tu es, il faut en convenir, la seule rdpéciste dans cette salle remplie de faux cols. Rdpéciste ? Non. Tu es une biyaïste convaincue. Ce choix tu l’a fais au début des années 80. Et tu es restée, accrochée au bastingage malgré les gros tangages de la mer houleuse du Rdpc. Mais que de victimes passées par-dessus bord, jetées à la mer par une conspiration politicienne dont tu es à Douala l’égérie. Les rats ont quitté le navire. D’autres sont montés aux escales du septennat. Mais tu es là, gardienne du temple, le sac rempli de peaux de bananes. Tu es là, vivant ton inertie comme une religion. Comme ce Cameroun de grandes illusions.

Parfois, toutes griffes dehors lorsque ton héros attrape un rhume, tu le défends bec et ongles. Ecartant de ta route et de sa route ceux qui sont politiquement incorrects. Ceux qui par exemple, osent croire que la constitution est inviolable, et que par conséquent il ne faut pas  rompre le verrou de la limitation des mandats. Dis-moi, que sont les roses devenues ? Et les pétales que pleurent les roses au moment de l’effeuillage, les retrouverons-nous encore ? Folles sont mes pensées envers toi, et brûlant mon désir de te serrer dans mes bras, en souvenir de ces années où nous marchions pieds nus sur la terre tourmentée de Bafou. A cette époque, chanteuse de cabaret, tu rêvais de percer.

Et tu n’as pas oublié d’où tu viens. Et ta voix perce toujours les oreilles indélicates du landernau politique. « Si tu as kéké choz à diii, kéké choz à diii, si tu as kéké choz à diiii,  diiii lé maintenant. Pô mbia oyéeeee ». Mais tu sais aussi changer de registre, idolâtrer l’alpha et l’oméga, pour faire bonne mesure. « Mama chantoux ho! Tu nous manqueront, tu nous manquerons, tu nous manquerons » Et lorsque quelque bonne âme te susurre à l’oreille qu’on dit « tu nous manqueras », espiègle comme tu sais l’être, et peut-être un peu par vengeance à cause d’un amour contrarié avec ton héros, alors tu griffe ta rivale virtuelle : « rat, rat, rat, tu nous manquerons ». Rat ? Tu dis bien rat ? Rat toi-même...

Bon vendredi et à vendredi.


Edking

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE