14/12/2011 03:12:30
Analyse Psychologique du Transfert de Laurent Gbagbo La CPI
L’objectif de cet article est de jeter un regard sur les conditions psychologiques qui entourent le transfert et la détention inhumaine du Président Laurent Gbagbo à la Court de la Haine.
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L’objectif de cet article est de jeter un regard sur les conditions psychologiques qui entourent le transfert et la détention inhumaine du Président Laurent Gbagbo à la Court de la Haine.

Pour tout Ivoirien ou Africain qui croît et aspire à la paix, à l’indépendance, à la liberté et au développement économique de l’Afrique, le pire est que l’houphouétisme n’a produit que du retard économique, de la guerre et des générations sacrifiées. Si l’on jette un regard sur la situation que vit la Côte d’Ivoire, on conclura rapidement que c’est Alassane Ouattara qui est la cause de la misère des Ivoiriens. Cela est vrai et indéniable.

Mais nous limiter à cela serait non seulement limiter notre jugement mais aussi faire une erreur d’appréciation. Et laquelle erreur nous a d’ailleurs conduits au génocide actuel du peuple ivoirien. Cependant, si l’on met à la loupe de manière objective d’un point de vue psychologique les réalités politiques, sociales et économiques en Côte d’Ivoire, on se rend compte qu’Alassane Ouattra n’est qu’un élément dans un ensemble nocif à la Côte d’Ivoire. Et cet ensemble, c’est bien l’houphouéstisme. A travers cette affirmation, les lecteurs se diront que l’Houphouétisme n’a été que négatif pour la Côte d’Ivoire. Non, le problème ne situe pas là. Par exemple, j’ai voyagé dans plusieurs pays africains comme la Sierra Leone, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Liberia, le Togo et l’Ethiopie, dans le but d’évaluer les bénéfices de l’Houphouétisme. Force est de  reconnaître que l’houphouétisme a bien d’aspects positifs du point de vue du poids et des infrastructures économiques de ce pays en Afrique.

Mais la grandeur d’un pays ne se mesure pas seulement à sa grandeur économique mais aussi à sa grandeur psychologique, c’est à dire aux mentalités qui soustendent cette grandeur économique. Ce qui manque à l’houphouétisme. Et c’est ce manque de grandeur psychologique qui explique la soumission de la Côte d’Ivoire à la France, la guerre actuelle que nous connaissons, la tentative d’assassinat de Laurent Gbagbo suivie de son arrestation et de son emprisonnement. En effet, selon les houphouétistes et pour l’Ivoirien et l’Africain les moins avertis, l’houphouétisme est une doctrine de paix, une paix sans faille, une paix religieuse associée à une stabilité politique, sociale et une prospérité économique. Pour cette raison, aujourd’hui en Côte d’Ivoire, des milliers d’Ivoiriens regrettent le Président feu Félix Houphouët Boigny, qu’ils considèrent comme l’homme de paix. Houphouet aimait dire que la paix n’est pas un mot, mais c’est un comportement. Ce qui est qui tout a fait juste. Toutefois, si le comportement repose sur des mentalités pathologiques, la paix reste une fiction, donc elle devient un mot.

C’est pour cela que les Ivoiriens devraient plutôt regretter cet homme à l’opposé, car l’houphouétisme n’est pas en vérité ce que les Ivoiriens en pensent. L’houphouétisme, c’est du cosmétique. Les notions de paix et de religion utilisées par l’homme servaient à cacher sa vraie face. Contrairement à l’idée répandue de  l’houphouétisme comme une paix religieuse, l’houphouétisme se présente comme une aliénation politique et économique, c'est-à-dire le pillage de l’économie basé sur l’utilisation des concepts de paix, de la religion, la distorsion et torpillage des mentalités. L’houphouétisme c’est aussi la soif absolue du pouvoir caractérisée par des faux complots, le génocide des Guébié, des emprisonnements politiques, les assassinats politiques aussi bien en Côte d’Ivoire qu’en Afrique. En d’autres termes, l’houphouétisme, c’est une non-paix, une paix sanguinaire charactérisée par l’injustice, l’arbitraire, le mépris et la haine de l’être humain ou encore la destruction de l’humanité.

L’houphouétisme, c’est l’opium du peuple,c'est-à-dire une paix sans paix ayant pour finalité la soumission aveugle à l’exploitation française, c'est-à-dire la défense des intérêts français en Afrique. Ceux qui se réclament de l’houphouétisme comme le RHDP (PDCI, RDR et autres) peuvent être ainsi bien compris. Alors, pour comprendre les actes d’Alassane Ouattara, il est nécessaire de comprendre la psychologie du président Félix Houphouët-Boigny dont il clame être l’héritier. Il s’agit donc de comprendre la personnalité houphouétique.

Tel père, tel fils dit-on souvent. En effet, la personnalité houphouétique est une personnalité caractérisée par le délire de grandeur, la surestimation du moi ou de soi, de la méfiance, la peur, le complexe d’infériorité, l’influençabilité, la dépendance et le manque de remords, etc. Et qui se réclame de l’houphouétisme, a lui ces traits psychologiques. Ces caractéristiques sont celles de la personnalité paranoïaque. Le paranoïaque est une personnalité dépendante, influençable et qui repose fondamentalement sur le complexe d’infériorité. Le paranoïaque nie et refuse de reconnaître son complexe d’infériorité. Et ce, le refus de ce complexe est souvent transformé en une surestimation de soi ou délire de grandeur. Et l’individu se croît supérieur aux autres, les sous- estime et les piétine.

Cela est bien apparent chez Houphouët, Bédié, Alassane et autres. Ce n’est donc pas  un fait du hard que l’homme solution et Nzueba se réclament de l’Houphouétisme. Ce n’est pas aussi un fait que ces deux hommes aient introduit en Côte d’Ivoire respectivement la carte de séjour et le concept d’ivoirité qui sont les causes directes de la crise ivoirienne. En vérité, le concept d’ivoirité est la forme amplifiée et la plus achevée de la carte de séjour. Ils ont donc en commun tous les traits de leur père politique dont la surestimation de soi. Cette surestimation de soi est la cause de la méfiance et de la suspicion envers les autres et explique la jalousie du paranoïaque qui pense que les autres sont jaloux de lui et développe le même comportement.

Mais en vérité, c’est son propre comportement qu’il attribue aux autres. Cela conduit finalement à la peur des autres et à un sentiment d’insécurité et de persécution. Tous ces facteurs produisent un état d’anxiété, c'est-à-dire une peur ou crainte non fondée qui aboutit à des fausses accusations, tels que les complots, à des menaces qui se traduisent par anticipation par des attaques physiques ou verbales en guise de défense. En clair, le paranoïaque se sent dans un état permanent de persécution, d’insécurité et voie sa vie menacée par les autres. En retour, il attaque les autres par anticipation afin de se protéger contre l’agresseur qui, dans la réalité, n’existe pas. A travers cette description, vous comprendrez aisément ici pourquoi le Président Laurent Gbagbo a été transféré à la CPI dans des conditions extraordinaires dont Dieu seul est témoin.

L’homme, ayant été neutralisé et emprisonné à Korhogo depuis son arrestation avec l’appui de l’armée française, ne posait aucune menace directe ou indirecte qui pourrait en fait justifier son transfert à la «Cour de la Haine». Il n’y avait véritablement aucun danger, aucune urgence ou faillite juridique qui pourrait expliquer ou justifier une telle déportation qui n’honore pas ses auteurs ivoiriens, africains et occidentaux.

En clair, les auteurs de ce transfert honteux qui ressemble au transfert des Africains en Amérique pendant l’esclavage sont hantés par la gbagbophobie. La simple évocation du nom ‘Laurent Gbagbo’ est source d’angoisse, de tension psychique chez ses bourreaux. C'est dire que ceux qui l’ont arrêté ne sont pas en paix et ne se sentent pas en sécurité mentale ou physique. D’où son transfert à la CPI afin d’asseoir leur pouvoir en toute quiétude.

Ce transfert de Gbagbo à la CPI est également l’expression du délire de grandeur qui caractérise le pouvoir actuel pour affirmer qu’ils sont grands et forts et se taper sur la poitrine. Ce qui leur permettra de retrouver leur stabilité mentale.

Mais ce que ces hommes ignorent, c’est que l’on peut enlever un homme de son pays, mais on ne pourra jamais retirer le pays de cette personne. D’où ils seront toujours dans une psychose continue. C’est dire que ce transfert ne changera rien en la situation. Mais au contraire et sans le savoir, ces hommes font la publicité de Laurent Gbagbo qui sera perçu comme un héros, un grand homme qui restera à jamais dans l’histoire de l’Afrique et du monde. Il sera donc vécu par les Ivoiriens et les Africains comme un phénomène.

Ces hommes ignorent également que lorsque l’on éprouve de la haine contre un individu, on devient prisonnier de ce dernier, mais pas le contraire. Parce que l’évocation du nom de cette personne ou une simple référence à ce dernier cause toujours du stress et une vive tension chez celui qui haie. C’est dire que ce transfert à la CPI fera plutôt plus de bien que de mal à Gbagbo et à la Cote d’Ivoire ; contrairement à Sarkozy et Ouattara qui ont nettement frappé dans le mur et continuent d’avoir des nuits blanches à la recherche de plans diaboliques pour contrarier ce prisonnier pas comme les autres.

Lorsqu’un prisonnier de ce genre demande d’être jugé en présence des chaînes de  télévision, cela ne peut donner à ses accusateurs et même aux juges que des inquiétudes de nature à couper le souffle. Sinon un fautif ou un criminel ne réclamerait jamais de se faire juger devant des écrans de télévision. C’est dire que la lutte pour l’indépendance et la liberté de la Côte d’Ivoire a pris une autre allure qui se joue au gôpô. Qui de Gbagbo, Soro ou Ouattara boira cette substance toxique à la Haye?

L’heure est à la mobilisation et la solidarité pour une Afrique libre des prédateurs de ses ressources économiques pour lesquelles elle souffre. Un vrai chef d’Etat, ce n’est pas celui qui se décrète ou se fait imposer à son peuple. Mais c’est celui dont la présence à la tête de l’Etat est rendue nécessaire par son crédit d’idiosyncrasie et par les circonstances de son pays. Briser ce principe, c’est se faire exploser soi-même la tête avec une mitrailleuse. Et le temps est le maître absolu de toute justice.

Anderson Loa
Professeur de Psychologie (Angleterre)

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