28/07/2009 15:19:00
Cameroun : L'école s'ouvre aux langues nationales
Les établissements publics à la traîne: Seules les écoles privées dispensent des cours de langues maternelles aux élèves.
Le Jour
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Vous voulez qu’il pleuve ? ». Plusieurs élèves et anciens élèves ont déjà entendu cette question au moment ils s’entretenaient en public ou à l’école en leur langue maternelle. Cette question traduit en partie le fait que tous les Camerounais sont incapables de s’exprimer en une langue locale commune. Ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays africains, où des langues locales sont même érigées en langue officielle. 

Au Cameroun, près de 250 langues locales existent, mais aucune n’est parlée par l’ensemble des Camerounais. Plus encore, aucune langue nationale n’est encore enseignée dans les établissements d’enseignement publics.

Conscient de ce manque, le ministre des Enseignements secondaires, Louis Bapès Bapès, avait annoncé en septembre 2007 sur les antennes de la Crtv  que, dès l’année scolaire prochaine, les langues maternelles seront insérées dans le système éducatif camerounais. Mais à ce jour, l’expérience n’est menée que dans quelques établissements scolaires confessionnels. « Le véritable problème, ce sont les enseignants de ces langues locales », explique Simon Pierre Amougui délégué régional du ministère des Enseignements secondaires pour le Centre. Pour lui, le choix de la langue n’est pas un problème. « Quand vous êtes dans la région du Centre par exemple, le choix s’impose par lui-même. C’est l’ewondo en raison du nombre de personne qui s’expriment en cette langue », dit-il. D’après lui, c’est le manque de ressources humaines qui fait problème.

« Nous avons demandé et obtenu du gouvernement la création d’un département de Langues et cultures nationales à l’Ens de Yaoundé. Le concours d’entrée dans cette nouvelle filière s’est achevé mardi dernier. Donc, dans deux ans, la première cuvée d’enseignants de langues et cultures nationales sera sur le terrain », rassure Prosper Djiafeua, responsable de l’unité de langues et cultures nationales au Minesec, rencontré hier, 27 juillet 2009. Il ajoute d’ailleurs qu’une expérimentation des cours de phonétique et de grammaire appliquée de l’alphabet général des langues camerounaise s’est déroulée l’an dernier dans cinq établissements publics au Cameroun. Il s’agit du lycée général Leclerc de Yaoundé dans le Centre, du lycée d’Akwa dans le Litorral, du lycée moderne de Garoua au Nord, du lycée de Njinikom dans le Nord-Ouest et du lycée de Bafang dans la région de l’Ouest.

Au ministère des Enseignements secondaires, il n’existe pas une direction des langues nationales, mais une inspection pédagogique des Arts, lettres et langues étrangères. C’est ici que l’on retrouve l’unité de langues et cultures nationales. En attendant la mise en application des déclarations du ministre des Enseignements secondaires, des initiatives privées et des collèges confessionnels à l’instar de Libermann à Douala, la Retraite et Vogt à Yaoundé, promeuvent les langues nationales.

Beaugas-Orain Djoyum

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