16/12/2011 03:13:43
Cameroun: Litige foncier à Douala: 700 familles menacées d'expulsion
En guise de protestation, elles ont organisé hier jeudi 16 décembre 2011 un sit-in devant les services du gouverneur de la région du Littoral pour solliciter son arbitrage.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

En guise de protestation, elles ont organisé hier jeudi 16 décembre 2011 un sit-in devant les services du gouverneur de la région du Littoral pour solliciter son arbitrage.
 
« Non à l’injustice sociale, non à l’escroquerie foncière ! », « M. le gouverneur venez à l’aide des populations abandonnées, désabusées !» C’est la substance des pancartes portées par la cinquantaine de personnes venues défendre les intérêts des sept cents familles appelées à déguerpir. Ces familles de Songpe Logbessou dans l’arrondissement de Douala 5e, faut-il le dire, ont perdu le sommeil depuis que Mme Brigitte Edoubè, membre de la famille Koumba, propriétaire de trente huit hectares selon le titre foncier 29876/w établi le 2 mai 2000 à Douala, a décidé d’attaquer la transaction foncière menée par Mboa Philippe et Moukouri Koumba, ses cousins germains. Ces derniers ont en effet vendu plus de dix mille mètres carré aux populations qui ont émis, au début des années 2000, le vœu d’y élire domicile. Malheureusement, pour ces populations, les voies judiciaires entreprises par Brigitte Edoubè, lui ont donné raison. Mêmes les recours  initiés par les populations de Songpe Logbessou au tribunal de grande instance du Wouri ensuite à la Cour d’appel du Littoral et à la Cour de cassation de la Cour suprême, ont été prononcés en faveur de la cousine « lésée ».

Ainsi donc, l’arrêt n°70 du 5 décembre 2005,  « déclare nulles et de nul effet, toutes les promesses de vente effectuées anarchiquement sur les parcelles  partagées ». Conséquences, à en croire Albert Mbua, le leader du collectif qui s’est rendu hier jeudi 16 décembre courant devant les services du gouverneur de la région du Littoral, « nous devons déguerpir ou payer 25.000 Fcfa par mètre carré ». Or, toujours de l’avis d’Albert Mbua, depuis que la vente a été faite entre les populations et MM. Mboa et Moukouri Koumba, « la jouissance de l’acquisition de ces terres s’est manifestée par la construction d’au moins trois cents (300) habitations ».

A l’époque, ces gens qui doivent libérer les terres aujourd’hui, déboursaient chacun trois mille (3000) Fcfa par mètre carré. Maintenant que la décision de la Cour suprême doit être exécutée, ils n’ont plus que leurs yeux pour pleurer. A travers le sit-in chez le gouverneur, elles en appellent à son arbitrage. « Il faut que l’administration se penche sérieusement sur la question, car la Justice a été injuste », argue le représentant du collectif des populations de Songpè Logbessou. Poursuivant, « cette décision peut menacer la cohésion et la paix sociales. En tant que garant de la sécurité de la région, nous souhaitons que le gouverneur trouve un consensus qui satisfasse toutes les parties ».
 
Des viols perpétrés

Albert Mbua et ses amis d’infortune fondent leur pétition sur certains faits. Le plus saillant est d’ordre juridique : « il existe des parcelles de terrain que les occupants ont acquises depuis quatre ans et des gens arrivent et brandissent de titres fonciers établis en 2009 ou en 2010. Pourtant en droit foncier, lorsque le titre foncier mère a des litiges, ce titre est d’office pré-noté jusqu’à ce que le litige soit définitivement réglé ». Pour ceux qui se réclament propriétaires du lot, il faut bien rentrer dans son droit. Sur place, les casses ont d’ores et déjà débuté. Et la tension est à son comble à Songpè Logbessou.

Des gros bras  détruisent des biens, agressent et terrorisent la population. Le collectif parle même des viols perpétrés.  Face à cette escalade de violences, les populations qui jusqu’ici ont fait montre de retenue, affirment que « nous allons riposter et advienne que pourra. Nous sommes prêts à mourir pour nos enfants dans l’optique de défendre la cause que nous estimons juste ». Au moment où nous quittions les lieux, le n°1 de la région du Littoral n’avait pas encore réagir face à cette situation quelque peu dramatique.

Jacques Willy NTOUAL

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE