16/12/2011 17:28:35
RDC: Manifestations anti-Kabila réprimées à Bruxelles
Un nerf à vif relie Bruxelles et Kinshasa, la Belgique et son ex-colonie. Un nerf qui, depuis la veille des résultats électoraux en RDC, secoue les rues de Matonge, le quartier congolais de Bruxelles.
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Un nerf à vif relie Bruxelles et Kinshasa, la Belgique et son ex-colonie. Un nerf qui, depuis la veille des résultats électoraux en RDC, secoue les rues de Matonge, le quartier congolais de Bruxelles.

Au-delà de la toponymie - Matonge est aussi le nom d'un quartier du nord de Kinshasa - c'est surtout l'histoire qui explique cette agitation commune. Car s'il est vrai que des manifestations anti-Kabila se sont déroulées dans plusieurs pays - en France, au Royaume-Uni, au Canada... - il ne faut pas se leurrer: un demi-siècle après la déclaration d'indépendance du Congo, la Belgique entretient un rapport privilégié et ambigu avec son ancienne colonie. Manifester contre Kabila dans les rues de Bruxelles ou de Paris, ce n'est pas la même chose.

A Matonge, ces manifestations ont parfois dégénéré, en créant de nombreux dégâts. Après les premières explosions de rage incontrôlée, il y a eu des actes de vandalisme gratuits de jeunes qui, très probablement, se moquent du sort de la RDC comme de l'an quarante. Ensuite la situation s'est partiellement calmée, même si l'on craint de nouveaux affrontements entre manifestants et police lors de la proclamation officielle de la victoire de Kabila, samedi 17 décembre. Et tandis que les plaintes se multiplient (plaintes des commerçants suite aux dégâts subis, plaintes des manifestants matraqués par la police, plaintes de certains belges qui, sur Internet, débitent des commentaires teintés de racisme), il est bon de rappeler quelques faits.

Le 13 décembre, selon le quotidien Le Soir, le ministre congolais des affaires étrangères Alexis Thambwe Mwamba a "remis une invitation aux autorités belges afin qu’une personnalité de haut niveau soit présente à la cérémonie de prestation de serment" de Kabila. Le même jour, Bénitha, réfugiée congolaise de 18 ans, dont la mère vit depuis dix ans en Belgique et a la nationalité belge, a subi une tentative d'expulsion à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem. Bénitha, qui vivait en RDC avec sa grand-mère, a fui son pays car un homme voulait la forcer à devenir son épouse, mais sa demande d'asile a été rejetée.

La RDC est pourtant considérée comme un pays non sûr par de nombreuses organisations, dont l'ong britannique Justice First, qui dans un récent rapport recommande au Royaume-Uni de suspendre tous les rapatriements de demandeurs d'asile congolais déboutés. Les autorités belges, tour à tour complices et mollement critiques à l'égard de Kabila, feraient bien de lire ce rapport. Bénitha et les habitants de Matonge lui en sauraient gré.

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