19/12/2011 01:37:32
RDC : Kabila confirmé en catimini
On a du mal à imaginer qu’après que la quasi-totalité de l’opposition de la RDC, mais aussi l’ensemble des observateurs nationaux et internationaux aient dénoncé des irrégularités et une absence notoire de transparence autour des résultats publiés par la CENI, que la CSJ ait pu confirmer ces mêmes résultats, à la virgule près.
GuineeConakry.info
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Il était prévu que la Cour Suprême de Justice (CSJ) congolaise se prononce en dernier ressort sur les résultats de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier. Mais, contrairement au retard qui avait été constaté avec la CENI, l’instance judiciaire ultime du pays aura décidé de le faire par anticipation. C’est en effet, le vendredi 16 décembre que les membres de la CSJ avaient choisi pour confirmer la réélection de Joseph Kabila. En plus, ils avaient choisi de le faire de manière curieusement discrète, au point que même les médias d’Etat, ont été pris de court, ou délibérément écartés de la cérémonie. Un choix qui semble consécutif à la menace de manifestations qu’avait lancée l’opposition congolaise. Une stratégie qu'Etienne Tshisekedi pourfend non seulement en s'autoproclamant président à son tour, mais promettant de prêter sement également cette semaine...

La Cour Suprême de Justice congolaise a particulièrement de l’audace. Mais aussi une certaine responsabilité en moins.

En effet, on a du mal à imaginer qu’après que la quasi-totalité de l’opposition de la RDC, mais aussi l’ensemble des observateurs nationaux et internationaux aient dénoncé des irrégularités et une absence notoire de transparence autour des résultats publiés par la CENI, que la CSJ ait pu confirmer ces mêmes résultats, à la virgule près.

Si Etienne Tshisekedi avait besoin de preuves pour étayer les accusations selon lesquelles cette instance était à la solde du pouvoir congolais, elles viennent ainsi de lui être fournies dans un plateau d’or. Mais il y a des types d’audace et d’obstination qui sont suicidaires. Ceux de la CSJ congolaises en font certainement partie.

Si aujourd’hui, on peut avoir le sentiment que l’anticipation et la discrétion qui entouré la proclamation des résultats par la CSJ auront suffi pour éviter que le pays ne soit en proie à des violences, on n’a aucune assurance qu’il en sera ainsi prochainement. On peut même penser que la probabilité pour que les prochaines heures et jours soient moins terribement plus chauds que ceux que l’on a connus depuis le vendredi dernier.

On sait les partisans d’Etienne Tshisekedi particulièrement soudés à leur leader. Et comme ils sont résolus à exprimer ce qu’ils pensent de la confirmation des résultats publiés par la CENI, on peut vraiment compter sur eux, même avec la détermination tout autant manifeste des services de sécurité, à réprimer les manifestations de l’opposition.

En fin de compte, c’est de deux choses, l’une. Soit, Kabila et les siens consentent au partage du pouvoir que risque de leur proposer la médiation internationale. Auquel cas, le pays peut espérer vivre "pacifiquement ou presque" les cinq prochaines années, sous une cohabitation peu évidente, mais somme toute logique au regard de toutes les dénonciations qui auront entouré le scrutin. Soit, le pouvoir congolais reste figé dans sa logique aveugle et fondamentalement surréaliste. Alors, il exposera le pays à des risques d’in-gouvernabilité pérenne.

Pivi Bilivogui

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE