19/12/2011 20:52:19
Les FRCI tuent froidement 6 personnes
Le cycle d’impunité des FRCI dont les hauts faits ne se racontent plus n’est pas près de connaitre une fin. La volonté d’un commandant FRCI de Vavoua de laver dans la violence un affront qui lui aurait été fait par des jeunes a entrainé le week-end des tueries et violences dans la ville qui ressemblait hier à un champ de bataille.
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Le cycle d’impunité des FRCI dont les hauts faits ne se racontent plus n’est pas près de connaitre une fin. La volonté d’un commandant FRCI de Vavoua de laver dans la violence un affront qui lui aurait été fait par des jeunes a entrainé le week-end des tueries et violences dans la ville qui ressemblait hier à un champ de bataille.

Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), les chouchous du régime Ouattara, ont encore fait parler la poudre contre les populations. Entre la nuit de samedi et hier dimanche, au cours de la matinée, elles ont tué froidement 6 habitants de la ville de Vavoua, dans le centre ouest du pays, à quelque 300 Km d’Abidjan. Ces tueries ont entrainé la révolte des populations, essentiellement malinké, qui ont exprimé leur ras-le-bol par des actes de violence. La tension était vive dans la ville, tant les populations étaient décidées à mettre fin au diktat des FRCI (ex-Forces nouvelles) qui y font la pluie et le beau temps. On se croirait, selon des habitants de la ville, sur un champ de bataille. «Dix ans de rébellion, ça suffit. On ne veut plus de vous à Vavoua. Trop, c’est trop ! FRCI, dehors. Ce sont des hors-la-loi qui échappent au contrôle des autorités. Notamment du préfet. On ne veut plus de FRCI à Vavoua», scandaient les manifestants. Le poste de commandement des FRCI de la ville a été pillé par les révoltés qui réclamaient à cor et à cri leur départ. Tous les documents gardés en ce lieu ont été incendiés et les corridors des FRCI aux différentes extrémités ou à l’intérieur de la ville été mis à sac.

FRCI: la débandale

Jusqu’à la tombée de la nuit, il ne faisait pas bon vivre pour les éléments des Frci de la localité dont les biens ont été saccagés ou incendiés purement et simplement. Notamment des maisons, des maquis, magasins et autres biens leur appartenant. Ulcérés, les populations ont rejeté une médiation du préfet qui a même été hué parce qu’il tenait coûte que coûte à l’arrêt des manifestations, afin de ramener l’ordre dans le pays. Pour celles-ci, l’intervention du préfet était inacceptable car il était temps de mettre fin aux abus et violations des droits de l’homme répétés de ces soldats.

Il a fallu l’arrivée des hommes d’un capitaine des FRCI, du nom de Sylla, en provenance de Séguéla, aidés des casques bleus de l’Onuci basés à Daloa, pour que la ville retrouve quelque le calme en début de soirée. Aux environs de 17h, un détachement important de la gendarmerie nationale, venu de Daloa, foulait le sol de Vavoua. Une présence qui a rassuré énormément les populations qui avaient commencé à quitter la ville par crainte de représailles des FRCI. Cette entrée triomphale de la gendarmerie à Vavoua symbolise, pour ces populations, le retour définitif de l’Etat dans la localité.

Une banale histoire de pétard!

Les origines de ce drame remontent au samedi 17 décembre dernier. Selon les informations recueillis sur place, les meurtriers,des éléments des FRCI qui tenaient la ville, avaient reçu de leur supérieur hiérarchique, commandant Amara, de boucler le quartier résidentiel de la ville. Afin de faire payer aux populations du quartier une correction infligée à une de ses amies par des riverains.

Des enfants jouent avec des pétards qu’ils balancent dans tous les sens, comme c’est souvent le cas en période de fin d’année. Un pétard atterrit dans une cour habitée par une amie du chef FRCI de la ville. La jeune fille rentre dans une colère noire, rattrape les enfants qu’elle bat copieusement, les traitant de tous les noms. Indignés, des jeunes du quartier réagissent. S’en suivent des échanges houleux au cours desquels la copine du tout puissant chef FRCI est rouée de coups. Informé, le commandant Amara décide de laver l’affront par la manière forte. Il envoie sur place des hommes qui bouclent le quartier et procèdent à des rafles. Ils embarquent de force, à bord de leur véhicule, un jeune homme qui était en train de consommer du thé dans un kiosque. Comme lui, de nombreux jeunes du quartier qui ont été pourchassés longuement dans le quartier aux alentours de 23h passeront la nuit au poste de commandement (PC) des FRCI. Au cours de la garde à vue, le jeune homme appréhendé au kiosque, du nom de Fofana, est tabassé à mort. A coup de crosse de fusil, selon ses codétenus. La nouvelle est portée aux parents tôt le matin.

C’est l’indignation totale au sein des populations qui, dans un mouvement spontané traduisant leur  exaspération, se révoltent contre les hommes en armes. Alors qu’ils manifestaient bruyamment devant le QG des FRCI, le commandant Amara ordonne à ses hommes de faire usage de leurs armes. Ces violences occasionneront quatre morts et de nombreux blessés, tous de la communauté malinké de la ville. Dans un communiqué lu sur les antennes de RTI 1 par le colonel Moussa Chérif, l’état major des armées donne une tout autre version des faits. Il a tenté de faire endosser la responsabilité des violences enregistrées à un groupe de jeunes qui auraient refusé d’obtempérer alors qu’ils avaient été interpeller, au cours d’une patrouille régulière aux environs de 23h, et dont l’un, appréhendé et battu sauvagement, a rendu l’âme dans une clinique de la ville.

Pour le reste, à ses dires, les populations qui ont manifesté hier matin devant le PC des FRCI n’étaient que des vandales «armés de gourdins et de fusils calibre 12», qui ont voulu prendre le contrôle du camp militaires situé dans la moitié nord de la ville. Une version tronquée des faits, regrettent des témoins. Selon le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, le bilan de ces violences pourrait encore s’alourdir, car des blessés graves continuent de lutter contre la mort dans les unités de soins où ils ont été admis.

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