17/04/2009 05:40:50
Canada: Un présumé indic du Rdpc expulsé
La demande d’asile de M. Tchoumbou a été rejetée au motif qu'il a participé à des actions criminelles en faveur du  pouvoir.
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Selon le journal National Post et des  sources proches du gouvernement canadien, le jeune Éric, officiellement âgé de 23 ans, a été expulsé du Canada le lundi 13 avril 2009. Depuis 4 ans, il se battait pour obtenir le statut de réfugié au motif que sa vie était menacée au Cameroun. Un juge fédéral a déclaré que même son mariage soudain à une canadienne ne le disculpait pas des crimes contre l’humanité en tant qu’espion politique, ou encore en tant que pourvoyeur de filles mineures pour le plaisir sexuel du cousin du président camerounais.
D’après M. Tchoumbou ses problèmes ont commencé à l’âge de 17 ans, peu après qu’il eut rejoint la branche des jeunes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir. « Le chef des jeunes du Rdpc m’a enrôlé avec un groupe de membres qui avaient certaines tâches à faire pour le gouvernement, » a déclaré M. Tchoumbou aux officiels canadiens quand il a demandé l’asile politique pour la première fois.
Il révèle que lors d’une fête d’anniversaire, il a rencontré un «cousin » de M. Biya et très vite, s’est lui-même trouvé un rôle au sein du parti : sa principale tâche était de présenter des filles au «cousin», ce qu’il a fait une douzaine de fois sur une période de 9 mois. « En échange d’argent de poche, de bons repas au restaurant et de la compagnie du cousin du président Biya, [M. Tchoumbou]  trouvait des filles, qui, des fois, étaient mineures, pour que ce cousin ait des relations sexuelles avec elles, » selon une décision de la Cour fédérale du Canada. Il a plus tard rejoint une organisation qu’il a présenté comme «paramilitaire au service du parti ou de la machine de répression de l’État, servant à maintenir le parti au pouvoir», indique une décision de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.
M. Tchoumbou a dit aux agents des services de l’immigration qu’il avait une autre tâche : « infiltrer les partis d’opposition qui manifestaient contre le gouvernement afin d’en identifier les organisateurs ainsi que ceux qui incitaient les autres à descendre dans la rue, ceux qui donnaient l’alerte et qui encourageaient les manifestants à faire tout leur possible pour entraver la paix et faire échouer les actions du gouvernement actuel », a-t-il dit aux autorités canadiennes.
Les services d’immigration ont découvert que ceux qu’il a identifiés comme opposants politiques ont plus tard été torturés. En mai 2004, il dit avoir été emmené dans une pièce ou la police était entrain de battre les opposants au président. Il lui a été demandé de se joindre à la torture mais il dit avoir refusé et quitté la pièce.
Il raconte que peu de temps après, les agents du gouvernement l’ont fait sortir de force de son domicile et l’ont torturé à cause de son refus. Pendant qu’il était emprisonné, un gardien de prison lui dit qu’il allait se faire tuer et lui recommanda vivement de prendre la fuite, et toujours selon ses dires, il s’échappa et se cacha avec un ami pendant un an avant de s’envoler pour le Canada en 2005.
Les officiels de l’immigration n’ont pas trouvé son histoire crédible; ils ne croient pas qu’il ait été torturé ou emprisonné au Cameroun ou que sa vie serait menacée dans ce pays puisqu’il appartient au parti au pouvoir. Après qu’il se soit vu refuser l’asile politique, il a fait appel à la Cour fédérale du Canada, qui s’est prononcée en sa défaveur en 2008. Cependant, avant d’être renvoyé au Cameroun, il a informé le gouvernement qu’il venait tout juste de se marier à une Canadienne et soumettait une demande de résidence permanente motivée par des raisons humanitaires et compatissantes. Cela a mené à une seconde bataille à la Cour fédérale. Le juge Shore a noté que M. Tchoumbou n’a fourni aucune preuve de son mariage et que, même s’il l’avait fait, cela n’aurait pas empêché son expulsion par la perte du statut de réfugié conformément à la convention de l’Onu. D’autre part, les services d’immigration Canada ont établi que les actes qu’il révèle avoir posés (infiltration des opposants et leur dénonciation, le proxénète constituent des crimes contre l’humanité ». Dans ce cas, à écrit le juge Shore, « la balance de la commodité penche sur l’intérêt public».


Lire l'article sur le site du journal canadien

http://www.nationalpost.com/news/canada/story.html?id=1493066&p=1

Lire le document des services du gouvernement canadien

http://www.canlii.org/fr/ca/cfpi/doc/2008/2008cf1399/2008cf1399.html

Ernest Effa

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