21/12/2011 05:13:07
RDC : Kabila, oint par l'Occident ?
...Le bristol avait été envoyé à une douzaine de chefs d’Etat, mais ils ont préféré se faire représenter à la cérémonie. Seul le paria, Papy Bob, Robert Mugabe du Zimbabwe, était de la partie. A Kinshasa, on n’a donc pas eu droit au défilé de mode des boubous empesés et des vestes dernier cri des princes qui nous gouvernent.
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On était en droit de craindre un déferlement de violence, voire l’apocalypse, à Kinshasa hier mardi 20 décembre 2011 à l’occasion de la prestation de serment de Joseph Kabila, mais fort heureusement, le pire ne s’est pas produit.

Et c’est dans une ville relativement calme que Joseph Kabila a juré devant Dieu et la nation de sauvegarder l’unité nationale, de ne se laisser guider que par l’intérêt général et de respecter les droits de la personne. Théâtre de cette solennité, l’esplanade de la Cité de l’Union africaine.

Si Kabila avait toutes les raisons de jubiler, il vient ainsi d’enchaîner un second mandat de cinq, on peut tout de même imaginer qu’au fond de lui-même, cette allégresse a été quelque peu assombrie par l’absence criarde de ses pairs africains du syndicat des présidents.

Pourtant le bristol avait été envoyé à une douzaine de chefs d’Etat, mais ils ont préféré se faire représenter à la cérémonie. Seul le paria, Papy Bob, Robert Mugabe du Zimbabwe, était de la partie. A Kinshasa, on n’a donc pas eu droit au défilé de mode des boubous empesés et des vestes dernier cri des princes qui nous gouvernent. Serait-ce là un désaveu du syndicat vis-à-vis d’un membre dont la réélection pose encore problème ? On n’en sait rien !

Mais si tel était le cas, le jeune président pourrait quand même se targuer d’avoir la bénédiction de nations occidentales comme la France, les Etats-Unis d’Amérique et la Belgique. En effet, ces pays ont dépêché leurs ambassadeurs sur l’esplanade de la Cité l’Union africaine à Kinshasa. Et autant, sinon plus que la présence d’une kyrielle de chefs d’Etat africain, la présence de ces diplomates occidentaux est très déterminante pour l’homme qui vient de renouveler son bail au palais présidentiel congolais : sous nos tropiques en effet, une poignée de main sur le perron de l’Elysée ou de la Maison-Blanche couvre de légitimité le roi nègre vomi par son peuple.

Et c’est justement pour cela que l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, qui conteste la réélection de Kabila, doit avoir du souci à se faire, puisque, contre vents et marées, le président des urnes l’emportera contre le président du peuple qu’il est. Le soutien de Paris ou de Washington fragilise beaucoup et même handicape définitivement la résistance qu’il entend opposer au chef d’Etat légal. Du coup, on devrait en principe assister très rapidement à des spasmes de sa résistance avant qu’elle s’estompe et s’évanouisse pour toujours…

Dans ces conditions, on attend de voir la mobilisation que le leader de l’UDPC réalisera ce vendredi, jour de son auto-investiture annoncée. Aura-t-elle lieu et au prix de combien de morts ? Et d’ailleurs pour quelle réalité sur le terrain si Kabila détient toujours la réalité du pouvoir et donc le droit à la violence légale ?

Cependant, malgré l’auréole légale dont il vient de se parer, Joseph Kabila ne devra pas oublier qu’avec ses 48,95% de suffrages récoltés, il reste minoritaire au Congo, puisque n’ayant pas obtenu la majorité électorale qui aurait pu conforter son assise et son pouvoir dans ce vaste pays-continent. C’est justement pour cela qu’il ne doit pas se lasser de tendre la main à ces opposants. Toute autre politique ne sera qu’une fuite en avant, comme une volonté de déterrer la hache de guerre dans ce Congo qui n’en finit pas de sortir de la spirale de la violence et de la guerre civile larvée depuis 1996.

San Evariste Barro

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