21/12/2011 18:30:31
En guise de récompense: Alassane Ouattara abandonne l'ouest aux ex-rebelles
Vraisemblablement, le chef de l’Etat ivoirien a décidé d’offrir tout le grand ouest de la Côte d’Ivoire aux ex-rebelles des Forces nouvelles conduites par l’actuel locataire de la primature Guillaume Soro qui soutiennent Alassane Ouattara depuis la rébellion du 19 septembre 2002 et qui sous l’appellation de Frci...
Le nouveau courrier
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Vraisemblablement, le chef de l’Etat ivoirien a décidé d’offrir tout le grand ouest de la Côte d’Ivoire aux ex-rebelles des Forces nouvelles conduites par l’actuel locataire de la primature Guillaume Soro qui soutiennent Alassane Ouattara depuis la rébellion du 19 septembre 2002 et qui sous l’appellation de Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) créées rapidement en mars dernier pour voiler la collusion avec la rébellion qui lui a été d’un soutien déterminant dans la bataille d’Abidjan qui l’a porté au pouvoir.

Pour cela le chef de l’Etat a certainement voulu être reconnaissant à ses soldats d’une manière ou d’une autre. En témoignent les nominations à des hautes fonctions dans l’Armée des chefs de l’exrébellion, l’impunité dont bénéficient les Frci qui commettent des exactions et tracasseries régulières sur les populations sur l’ensemble du territoire. Mais la situation est plus atypique dans l’ouest où les soldats règnent en maitres absolus, et de ce fait, ont décidé de se payer sur le dos des populations qui souffrent le martyre de cet «état de siège» dans l’indifférence quasi-totale des nouvelles autorités.

Une économie parallèle ou de guerre qui a de l’avenir

En effet, les Frci ont ajouté une autre corde à leur capacité de nuisance sur les populations de l’ouest du pays : le racket généralisé ; s’érigeant mutatis mutandis en l’administration administrative et financière qui est quasiment absente ou présente pour la forme par endroit. Ainsi, en période de récolte, les perceptions illicites et autres extorsions se sont accentuées. De la plus mauvaise des manières et des méthodes peu orthodoxes au détriment des planteurs et acheteurs.

Le lieutenant Zoulou, commandant Frci de Bloléquin fait émettre des tickets pour prélever et percevoir des taxes illicites, donc non officielles, seulement pour son propre compte, appelés «tickets de ramassage» auprès des planteurs. Cette taxe fixée à 9 000 francs Cfa (une taxe soumise à des vicissitudes puisqu’elle peut évoluer en fonction des humeurs des hommes en armes) est perçue sur les pistes villageoises pour tout camion de café-cacao à destination de la ville de Bloléquin. Pour asseoir et consolider leur «trésor de guerre», la voracité des hommes en armes ne saurait se limiter ces «miettes». Ils jettent donc leur dévolu sur les acheteurs, une fois les marchandises stockées dans leurs magasins en ville. Et là, ces derniers doivent payer le prix fort, non sans colère. «C’est illégal mais on est contraint de payer», a réagi un des acheteurs de produits agricoles. En effet, avant de convoyer leurs différents produits achetés vers les différents ports du pays, les acheteurs doivent débourser la bagatelle de 150 000 francs Cfa par camion.

Un montant initialement fixé à 300 000 francs avant d’être revu à la baisse après une protestation des concernés. Et dont le paiement se fait sans aucune trace, sans ticket, contrairement à celui des paysans. Une sorte de « gré à gré », bien évidemment, sous la menace des armes. Un vrai butin estimé à environ … 2 millions de francs Cfa par jour puisque c’est en moyenne une dizaine de camions de 30 tonnes de Café-cacao qui s’achemine vers les ports. Un petit calcul nous donne la somme de 240 millions au moins que le lieutenant Zoulou et ses hommes auront « brassé » pour la seule ville de Bloléquin au terme de cette traite en janvier. C’est donc à juste titre que l’Observation des pratiques anormales (Opa) vient de classer la Côte d’Ivoire comme le premier pays de l’Afrique de l’ouest au taux le plus élevé de rackets et autres obstacles à la fluidité routière dans son 16ème rapport trimestriel présenté le jeudi 1er décembre dernier.

Conséquence de ce rançonnage et des extorsions illicites de fonds que constitue cette économie parallèle, la baisse du prix bord champ. Le prix indicatif étant fixé à 1 000 francs Cfa pour le cacao par exemple, les acheteurs sont obligés de l’acheter à 500 francs Cfa auprès des producteurs pour compenser ce « manque à gagner », faussement créé par le lieutenant Zoulou et ses hommes qui font la pluie et le beau temps à Bloléquin en l’absence des forces de police, des douanes… Seuls côtoient les Frci, quelques gendarmes sans armes. Une économie de guerre sur laquelle Le Nouveau Courrier tirait la sonnette d’alarme en août dernier.

En tout état de cause, le lieutenant Zoulou qui se targue d’être le frère du chef d’Etat-major particulier du Chef de l’Etat Alassane Ouattara, le général de division Gueu Michel, continue de recruter parallèlement des jeunes Yacouba en sein des Frci, à qui il a confié la mission principale de racketter, rançonner, traumatiser les populations afin de mieux fortifier son hégémonie, et établir son « administration » parallèle. D’ailleurs il nargue même les autorités de la ville de Bloléquin. Toutes ces dérives des hommes en armes ont encore, à en point douter, de beaux jours devant eux. Vu l’indifférence quasitotale des autorités au plus haut niveau depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara en avril dernier.

A l’instar de Bloléquin, ce kick and rush est la tasse de thé quotidienne des populations du grand ouest dans leur majorité. En effet, chaque producteur dans les villages assiégés par les Frci, est contraint sous la menace des armes de s’acquitter de la somme de 75 000 francs Cfa dans cette période de traite du Café cacao qui s’étend d’octobre à janvier. Aussi, à côté de cette « obligation » il est demandé à chaque paysan de payer 2 500 francs Cfa par mois. La raison : « les Frci demandent toutes ses cotisations aux populations pour disent-ils assurer leur sécurité », explique une autorité en poste dans cette contrée du pays. Traduction : « vous devez nous payer pour nous permettre de continuer à vous martyriser ».

Il faut être dans une Côte d’Ivoire dirigée par Alassane Ouattara pour voir et vivre des dérives pareilles. Et un détour dans les localités de Yacékro, Yamoussoukro, Bénoikro, Frondokro … (dans le département de Bloléquin dans le Moyen- Cavally) et même à Zoukougbeu (dans le Haut-Sassandra) vous permet de vous rendre compte de l’anxiété et de l’angoisse dans lesquelles vivent les populations. Chose curieuse cependant, certains villages Yacouba ne sont pas soumis à ce rançonnage des Frci qui ont visiblement dans leur ligne de mir les populations autochtones Guéré en premier.

Notons aussi que cette zone frontalière, de Toulepleu à Bangolo, en passant par Bloléquin, Zou, Guiglo, Duékoué, est contrôlée par une forte présence de Frci, au sein desquelles l’on dénombre une bonne majorité de burkinabé avec à leur tête le redoutable chef de guerre Amadé Ouremi, qui règne en maître dans le mont Péko.

Les partisans Lmp indésirables Neuf mois après la chute du président Laurent Gbagbo et son transfèrement à la CPI le mardi 29 novembre dernier, ces partisans continuent d’être persécutés. A Bloléquin par exemple, ils sont déclarés persona non grata.

En effet, Kahi Dézon Léopold, conseiller municipal par ailleurs délégué départemental Pdci, a mis en place un groupe de jeunes dont la mission est de terroriser la population - notamment les pro-Gbagbo - de concert avec les Frci afin d’empêcher toute personne de l’opposition qui s’aventurerait dans la ville. Pierrette Bléhidé et le 2ème adjoint au maire comptent parmi les victimes qui ont déjà fait les frais de cette « mafia » installé par monsieur Kahi. Ils ont été séquestrés et intimidés, menacés avant d’être relâchés. Mme Tié S., présidente d’une Ong locale, épouse de gendarme, accusés tous deux d’être des partisans de Lmp, donc de Laurent Gbagbo, malgré même que son parti, le Fpi, ayant décidé de ne pas participer aux élections législatives, ne peut regagner sa ville natale sous les menaces personnelles de Kahi Léopold. Jeudi 30 novembre, celle-ci a du joindre une autorité préfectorale pour lui signifier les intimidations dont elle fait l’objet. Et elle a du quitter la ville à cet effet pour se retrancher à Guiglo.

D’ailleurs, l’un des hommes de main de Kahi membre de ce sulfureux groupe de la terreur, Ggéhé Alain, cousin du député Pdci Oulaï Madeleine, candidate à ces élections, est actuellement soupçonné du meurtre d’un jeune installé dans le village de Yoya et dont le corps a seulement été retrouvé le dimanche 27 novembre dernier, près d’une semaine après qu’il a été égorgé.

Monsieur Kahi a par ailleurs accaparé la gestion de la mairie, en dehors des règles de l’art, empêchant même les adjoints au maire de s’y rendre, s’autoproclamant « maire » en quelque sorte, sous le regard impuissant de Oulia Janny remplaçant du maire titulaire. Puisqu’il se permet de signer les actes (extrait de naissance, légalisation, déclaration de décès, etc.), alors qu’il n’est pas officier d’état civil et ne bénéficiant d’aucune délégation de pouvoir dans ce sens. Dès lors, tous ces agissements et les actes qu’il signe tombent de fait sur le coup de la nullité. C’est ce qui est arrivé. En effet, toutes les légalisations des diplômes des fonctionnaires qu’il a signées dans le cadre du recensement des fonctionnaires, ont été purement et simplement refusées à Guiglo où la supercherie et la forfaiture ont été découvertes.

Benjamin Silué

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