23/12/2011 04:56:01
Côte d'Ivoire: Koné Zakaria défie Ouattara !
L’acte de banditisme qu’il a posé hier au Plateau.
Le nouveau courrier
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L’acte de banditisme qu’il a posé hier au Plateau.

La Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’Etat de Côte d’Ivoire (Mugefci) a procédé au renouvellement de son Conseil d’Administration au cours d’une Assemblée générale élective organisée hier mercredi 21 décembre au Plateau.

Koné Zacharia perturbe la cérémonie...

Peu après l’ouverture des travaux de cette Assemblée élective, les mutualistes ont reçu une visite inopinée. Celle du chef de guerre Koné Zacharia qui a fait irruption dans la salle où se tenait l’Ag, au 10e étage de l’hôtel Ivotel au Plateau. Sans courtoisie aucune, dès qu’il fait son entrée dans la salle accompagnée de plusieurs hommes en armes, il lance à l’assemblée «où sont les organisateurs ? On m’a dit de venir disperser cette assemblée ».

Devant la menace que constituait l’invité surprise, c’est le nouvel élu, le Colonel Albert Touré lui-même qui est monté au créneau en passant un coup de fil à Hervé Touré dit Cdt Vetcho qui commanderait la juridiction du Plateau. Selon un découpage fait par les nouvelles autorités dans un souci de mieux contrôler la ville d’Abidjan. C’est donc au terme de la conversation qu’il a eue avec son collègue chef de guerre et après les démonstrations faites par les organisateurs quant à la légitimité de leur Ag que le sieur Koné Zacharia et sa garde prétorienne ont plié bagage.

Au nom de qui était-il venu agir ? Savait-il les enjeux de cette Ag ? Sinon comment comprendre qu’un seul coup de fil l’ai dissuadé. Un acte qui achève de convaincre sur les exactions et autres manquements dont se rendent coupables ces éléments des Frci, les commandants compris. Les cas sont légion et ce sont les populations qui en payent un lourd tribut. Quand on a en face une armée au sein de laquelle chacun agit de son propre chef. Que se serait-il passé n’eut été cette intervention téléphonique ? Comme pour dire que les Ivoiriens ne sont pas encore sortis de l’auberge.

Une défiance à Ouattara

Il fallait s’y attendre, la mise en garde du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, ne pouvait avoir aucun effet sur les Frci, notamment leurs commandants. L’ex-chef de guerre, Koné Zakaria, a fait parler de lui de la plus mauvaise manière au dernier jour de l’ultimatum de Ouattara.

En tout cas, il vient de convaincre les Ivoiriens qu’Abidjan et toute la Côte d’Ivoire sont réellement sous administration de commandants Frci et non dans une République qui se respecte. Hier, en pleine Assemblée générale de la Mugefci, Koné Zakaria et une cohorte d’éléments armés font irruption dans la salle où se tenait l’Ag, au 10ème étage de l’hôtel Novotel du Plateau. Donc en plein Plateau, à quelques encablures du palais présidentiel où Ouattara tenait à ce moment-là un Conseil des ministres.

A peine, l’excom’zone de Séguéla a-t-il franchi les portes de la salle qu’il s’écrit aussitôt «où sont les organisateurs. On m’a dit de venir disperser cette assemblée». Si en haussant le ton lundi dernier, le chef de l’Etat avait cru avoir réussi à discipliner les Frci, il vient ainsi de faire l’amer constat de l’échec de ces «grandes mesures ». Il ne faut nullement avoir la langue de bois, le commandant Koné Zakaria vient ainsi par son acte d’hier, de défier publiquement le chef de l’Etat. Il s’est substitué aussi bien à la justice qu’à la police à qui revient une telle initiative de mette fin à une Ag jugée illégale.

Comment un militaire de surcroit, un des adjoints de la force spéciale créée par Alassane Ouattara et rattachée directement à lui peut-il s’arroger le droit de distribuer une autorisation ou une interdiction de réunion ? Il faut être en Côte d’Ivoire et sous le régime Ouattara pour le voir. Et dire qu’il n’y a même pas 72 heures que le chef de l’Etat demandait aux Frci de se tenir à carreau. En tout cas, sur cette autre grave dérive d’un élément loin d’être incontrôlé, on attend une sanction du chef suprême des armées, Alassane Ouattara, afin de rassurer le peuple que ce ne sont pas les kalachs qui gouvernent.

H.D / Gérard Koné

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