27/12/2011 16:59:52
Dernière heure: Chasse aux sorcières en RDC
Cette situation d’insécurité caractérisée qui s’est invitée dans la vie politique en RDC depuis le lancement du processus électoral et qui a été atteint son point culminant
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Selon les recoupements de l'ONG La Voix de sans Voix (VSV), plusieurs personnes sont portées disparues à ce jour, après qu’elles aient été enlevées par des hommes en armes, très souvent sans aucun mandat légal du parquet.

Cette situation d’insécurité caractérisée qui s’est invitée dans la vie politique en RDC depuis le lancement du processus électoral et qui a été atteint son point culminant en novembre dernier a déjà fait plusieurs cas de morts dont une partie a été dénoncée par l’ONG internationale des droits de l’homme Human Right Watch, qui a fait état dans son dernier rapport des plus des 24 personnes tuées par les forces au service de Joseph Kabila.

La VSV qui craint pour l’intégrité physique de ces victimes exige la remise en liberté des toutes ces personnes incarcérées en marge de la loi et l’ouverture des enquêtes sérieuses pour établir les responsabilités.

Communiqué de presse no 047/RDC/CE/2011 contre la chasse aux sorcières

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime toute sa réprobation et dénonce fermement la chasse aux sorcières déclenchée quelques jours avant la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 jusqu’à ce jour.

Depuis lors, la VSV enregistre de plus en plus des cas d’enlèvements et des disparitions forcées.
En effet, des informations parvenues à la VSV, font état d’enlèvements de plusieurs personnes par des hommes armés habillés en tenue de la police Nationale Congolaise et des FARDC notamment de la Garde Républicaine (GR). Certaines de ces victimes sont amenées vers une destination inconnue.

Il revient à la VSV que plusieurs de ces victimes seraient détenues au secret dans des cachots ne dépendant pas des parquets. Il s’agit notamment des cachots de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), du bataillon PM/Camp Kokolo, de l’Etat Major des Renseignements Militaires (ex DEMIAP), du camp militaire colonel Tshatshi, du Palais de Marbre, GLM etc.

Dans tous ces lieux de détention, les victimes sont privées des visites et feraient l’objet de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

A titre illustratif, les cas ci-après :

1. Monsieur Mwamba Katubilondi Jacob, chef du quartier Mbamu/Kingabwa-Limete marié et père de huit enfants enlevé à son domicile sis Kinshasa kingabwa dans la nuit du 07 au 08 décembre 2011 par quinze hommes armés dont onze habillés en tenue de la police nationale congolaise et les autres en civil. Ces hommes armés, munis d’aucun document judiciaire ont sorti tous les habitants de la parcelle et les ont faits asseoir sur le sol avant de les obliger de présenter leurs cartes d’électeur. M. Mwamba est extrait du groupe, enlevé et amené manu militari vers une destination inconnue. Les recherches effectuées par ses proches ont abouti par sa localisation au cachot de camp kokolo, où il est détenu en compagnie de plusieurs personnes enlevées à travers la ville de Kinshasa. La victime est suspectée d’être militante de l’UDPS de part ses origines Kasaïennes et de garder chez lui d’autres militants de l’UDPS.
…/…

2. Monsieur Ndjoli Mputu Célestin Célé Mbunda, artiste musicien folklorique de son état, marié et père de huit enfants est enlevé à son domicile sis Kinshasa/Kingabwa par des hommes armés habillés en tenue de la police nationale congolaise et venus à bord de quatre Jeeps non immatriculées dans la nuit du 07 au 08 décembre 2011. Après avoir tenu en respect tous les occupants de la parcelle, les hommes armés ont sommé chacun de présenter sa carte d’électeur et ont cherché à localiser la résidence de M. Chaguy Ndjoli Mputu, fils de la victime Ndjoli Mputu Célestin Célé Mbunda.

C’est ainsi qu’en l’absence de son fils recherché, M. Ndjoli Mputu Célestin est enlevé et amené vers une destination inconnue. Il sied de relever que M. Célestin Ndjoli et ses deux autres enfants en l’occurrence Ridy Isolungu Mputu et Jordan Longomo Mputu également enlevés ont été tabassés à quelques mètres de la parcelle avant de leur pulvériser du gaz lacrymogène dans les yeux pour les empêcher de voir la direction prise par les ravisseurs de leur père. Les dernières informations affirment que Ndjoli Mputu Célestin Célé Mbunda est détenu au cachot du Bataillon PM/Kokolo. Il serait accusé d’être militant du parti politique UDPS.


3. Messieurs Mukania Kalonji, Tshamala Lumbala, Jean-Claude Ntambwe, Bovic Buele, Rosky Sengambo, Alain Apamato, mademoiselle Elianne Buele tous habitant Cité des anciens Combattants, Kinshasa/Ngaliema ont fait l’objet d’enlèvement par des militaires de la Garde Républicaine samedi 10 décembre 2011, vers 06h00. Sous menaces d’armes, les victimes ont été brutalisées et passées au tabac avant d’être embarquées à bord de deux véhicules militaires de marque Jefang et acheminées derrière le Palais de Marbre où elles ont été placées en détention. Arrivées sur le lieu, les victimes ont été jetées dans une piscine abandonnée pleine de batraciens. Il serait reproché aux victimes entre autres leur soutien à l’UDPS.

4. M. Tshintshi Lantulu, homme d’affaires, membres de l’UDPS, marié et père de neuf enfants est enlevé vendredi 16 décembre 2011 vers 18h00 à son domicile sis Kinshasa/Kalamu par des militaires de la Garde républicaine venus à bord de deux jeeps. Après avoir terrorisé les membres de familles en leur braquant des fusils et en tirant des balles en l’air pour disperser toutes les personnes cherchant à savoir ce qui se passait chez la victime, celle-ci est amenée vers une destination inconnue jusqu’à ce jour.

5. Monsieur Tharcisse Mukeba, âgé de 78 ans et ses deux enfants en l’occurrence Messieurs Jean-Claude Mukeba (48 ans, enseignant) et M. Jean de Dieu Tshimanga Mukeba (33 ans, peintre) sont enlevés à leur domicile situé à Kinshasa/Bandalungwa par plusieurs dizaines d’hommes armés habillés en tenue militaire des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans la nuit du 19 au 20 décembre 2011. Ces militaires dont certains habillés en tenue civile se sont déployés dans le quartier Adula en quadrillant tous les coins. Ils ont escaladé les murs de la clôture de la parcelle de M. Tharcisse Mukeba qui a été immobilisé, le fusil braqué sur lui. Ils ont menacé de lui trancher la tête s’il ne montrait pas là où se trouvaient ses enfants.

Ceux-ci venus au secours de leur père sont maîtrisés avec ce dernier et embarqués dans un des véhicules. Avant de partir, les visiteurs insolites ont fouillé de fond en comble la maison et ont emporté les biens et autres effets personnels ainsi une somme de cinq cents dollars extorqués. Il est reproché aux victimes leur appartenance à l’UDPS.

Eu égard à ce qui précède, la VSV exige :

    la cessation de la chasse aux sorcières sur l’ensemble du territoire national ;

    la localisation de toutes les personnes, victimes d’enlèvements et détentions au secret et la préservation de leurs vies, de l’intégrité physique et psychologique ;

    la libération immédiate des victimes en détention ou leur présentation devant des juridictions compétentes en cas des griefs sérieux à charge ;

    l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire la lumière sur ces enlèvements, détentions illégales, et les allégations de torture aux fins de sanctionner les auteurs, commanditaires et autres exécutants des ces actes d’atteintes à l’intégrité la dignité humaines et à la vie ;

    la sécurisation de toutes les personnes et leurs biens sans tenir compte de l’appartenance politique, ethnique et provinciale.

Fait à Kinshasa, le 21 décembre 2011.
LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

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