28/12/2011 03:04:32
Cameroun: Insécurité. Le grand banditisme roule à plein ciel à Yaoundé
Les quartiers de la ville aux sept collines sont devenus dans leur grande majorité, de véritables nids d’insécurité où, l’ordre moral a disparu pour céder la place à la violence, agressions et braquages spectaculaires.
Le Messager
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Les quartiers de la ville aux sept collines sont devenus dans leur grande majorité, de véritables nids d’insécurité où, l’ordre moral a disparu pour céder la place à la violence, agressions et braquages spectaculaires.

Mardi 20 décembre 2011. Il est un peu plus de 22 heures 30 minutes. Alors que la ville de Yaoundé est envahie du manteau opaque de la nuit, une bande de malfrats et bandits de grands chemins, s’affaire à passer en revue, quelques boutiques et domiciles privés, emportant, argent, portables et divers autres matériels.

Au quartier Mimboman, lieu dit « dernier poteau », un haut cadre de l’administration (dont nous taisons le nom pour que se poursuivent sereinement les enquêtes policières et judiciaires), est surpris avec sa petite famille, chez lui par des malfrats, lourdement armés. Femme, enfants et lui-même, sont tenus en respect ; pire, ils sont délestés d’une importante somme d’argent (environ un million de fcfa) prévue pour les fêtes de fin d’année. Sans s’arrêter là, les malfrats emportent, tous les téléphones portables et certains objets de valeur.

Une dizaine de jours avant l’agression du haut cadre de l’administration camerounaise, la fréquence des agressions s’est multipliée, avec un minimum de deux braquages chaque nuit. Cachés dans la pénombre comme des garde-frontières, les « blousons noirs » dictent leur loi. Défiant les autorités, les pouvoirs publics et les forces de l’ordre qu’ils tutoient avec beaucoup de « réussite », les malfrats s’amusent même déjà à opérer en plein jour et à découvert. Le spectaculaire braquage qu’ils ont réussi à 09 heures du matin, jeudi dernier, dans l’une des plus grandes « enclaves du vice» de la cité capitale, baptisée « Le Cœur », n’en finit pas d’étonner, quant à leur audace.

Les populations, dont le quotidien est fortement ébranlé par le mal-vivre, sont gagnées par la panique. Sur les visages burinés par le désespoir et le désenchantement, se lit un sentiment d’une révolte sourde, muette et violente. Tout le monde croit à l’impuissance, l’indifférence, la complaisance et même à l’inefficacité des pouvoirs publics à garantir la sécurité des biens et des personnes. « La police a perdu pied. Postés à des lieux stratégiques, les truands (ou leurs éclaireurs) pour la plupart ont la maîtrise des lieux. Ils y ont grandi. Ils connaissent les coins et recoins, les pistes qui relient les taudis, les marécages, les ravins et autres espaces verts ou inoccupés. Parfois, la population connaît ces malfrats, mais hésite à dénoncer les coupables. Envahie par la trouille, cette population vit sous la menace permanente des bandits qui les tuent, les violent et les délestent de leurs biens », s’indigne Abessolo Ondoa, un habitant de Yaoundé. 
 
Ces quartiers où les patrouilles des forces de l’ordre n’entrent plus

Aux grands maux, les grands remèdes ? La recrudescence du grand banditisme, jusqu’à un moment, a fait son lit dans certains quartiers où, les forces de l’ordre, n’osent plus entrer, mêmes en patrouilles mixtes. Rue Manguiers, Tsinga-Elobi, Elig-Edzoa, Tongolo, Etam-Bafia… Depuis quelques jours, les fêtes aidant, les zones noires aux confins de la révolte et du terrorisme urbain où, les malfrats exercent leur barbarie par des actes de vol et de viol, ont augmenté. Mimboman dernier poteau, Emana, Nkolmesseng, Ngousso, Ngolmekong attirent davantage les bandits.

Plus grave encore, les risques d’une contagion insécuritaire s’accentuent. A cause du déficit en logements sociaux, les populations, infectées par la « plaie » de l’habitat  spontané, foncent « opportunément » dans la gueule des bandits et des truands dans ces nouveaux quartiers. Au moment où, Yaoundé est devenue une mégalopole tentaculaire où, s’étalent à perte de vue des bidonvilles parfois de la misère et de la débrouille, les pouvoirs publics ont intérêt à frapper du poing sur la table. 

Souley ONOHIOLO

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