28/12/2011 03:10:01
Risque de métier: 66 journalistes tués en 2011
Selon le Baromètre de la liberté de la presse 2011 de Reporters sans frontières, le tiers des journalistes tués l’a été en couvrant le printemps arabe. Les chiffres ont augmenté par rapport à 2010.
Le Messager
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Selon le Baromètre de la liberté de la presse 2011 de Reporters sans frontières, le tiers des journalistes tués l’a été en couvrant le printemps arabe. Les chiffres ont augmenté par rapport à 2010.
 
Au cours de cette année 2011, marquée par le printemps arabe et de nombreux mouvements de contestations, 66 journalistes ont été tués (+16 % par rapport à 2010), dont 20 au Moyen-Orient et au Maghreb. Un millier d’arrestations ou d’interpellations, soit deux fois plus que l’an dernier, sont aussi dénombrés dans le baromètre annuel de Reporters sans frontières (Rsf), publié le 22 décembre 2011. Près de 2 000 journalistes ont subi des agressions (contre 1 374 en 2010).

Rsf ne le met pas en exergue, mais cette année restera marquée par le viol des journalistes américaines Lara Logan (Cbs) et Caroline Sinz (France) sur la place Tahrir, au Caire. Cette place emblématique du soulèvement arabe en Égypte figure dans la liste des lieux les plus dangereux pour la presse, que Rsf établit pour la première fois dans son rapport annuel. L’association de défense des journalistes les références par ordre alphabétique et non par degré de dangerosité. Y figurent également Manama (Bahreïn), Abidjan (Côte d’Ivoire), Misrata (Libye), l’État de Veracruz (Mexique), le district de Khuzdar (Pakistan), les zones métropolitaines de Manille, Cebu et Cegayan de Oro sur les îles de Luçon et Mindanao (Philippines), Mogadiscio (Somalie), Deraa, Homs et Damas (Syrie) et la Place du changement à Sanaa (Yémen).

Une volonté de tenir les journalistes à l’écart de la rue

Lors du printemps arabe, les journalistes internationaux ont été dissuadés de faire leur travail par tous les moyens. « On s’en est pris physiquement aux journalistes parce que les choses se passaient dans la rue. Le contrôle de la presse passait aussi par l’absence physique des journalistes dans les lieux de rassemblement », relève Gilles Lordet, coordinateur de la recherche à Rsf. « En Égypte par exemple, dès que les autorités voyaient un journaliste, elles s’en prenaient à la personne physiquement, dans l’espoir que le mouvement ait le moins de résonance médiatique internationale possible. »  En amont, les visas ont été particulièrement difficiles à obtenir.

Si les violences consécutives au printemps arabe constituent la nouveauté de cette année, Rsf souligne que le Pakistan est, pour la deuxième année consécutive, le pays le plus meurtrier au monde pour les journalistes, avec 10 tués, « assassinés pour la plupart ». L’Amérique latine reste « très exposée à la violence et à l’insécurité ». Et la Chine, l’Iran et l’Érythrée demeurent « les plus grandes prisons du monde pour la presse ».

Les blogueurs sont aussi menacés

Rsf intègre par ailleurs dans son baromètre les « journalistes non professionnels »,  qui tiennent « la population informée par l’intermédiaire de leurs blogs et des réseaux sociaux dans des pays où l’information est muselée ». Cinq « net-citoyens »  ont été tués cette année (contre un en 2010), dont trois au Mexique. Et 199 blogueurs et net-citoyens ont été arrêtés (+ 31 % par rapport à 2010) et 62 ont été agressés (+19 %). Pour soutenir les actions de Reporters sans frontières pour la défense de la liberté de la presse, un album, mettant en valeur le travail d’un grand photographe, est chaque année mis en vente (142 p, 9,90).  À l’occasion du centenaire de sa naissance, « 100 photos d’Izis »  illustrent celui de 2011. Ce grand photographe humaniste avait dû fuir sa Lituanie natale pour Paris, qu’il a photographié avec une grande poésie.

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