28/12/2011 03:16:04
Belles lettres. Charly Gabriel Mbock dissèque l'Opération Epervier
« L’opération épervier au Cameroun. Un devoir d’injustice ? » C’est le titre de l’œuvre que vient de publier sous la coordination scientifique de Charly Gabriel Mbock, un collectif d’auteurs. Il a été dédicacé dans la capitale économique mercredi 21 décembre 2011.
Le Messager
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« L’opération épervier au Cameroun. Un devoir d’injustice ? » C’est le titre de l’œuvre que vient de publier sous la coordination scientifique de Charly Gabriel Mbock, un collectif d’auteurs. Il a été dédicacé dans la capitale économique mercredi 21 décembre 2011.

Charly Gabriel Mbock (écrivain et enseignant), Alain Didier Olinga, (maître de conférence), Jean-Baptiste Sipa, (éditorialiste et directeur de publication du journal Le Messager), Claude Assira, (chercheur, avocat au barreau de Paris et du Cameroun) Alain Blaise Batongue (directeur de publication du quotidien Mutations et vice-président de l’Upf), Hilaire Landry Batamack (analyste politique et consultant), Albert Nguend Dime (avocat au barreau du Cameroun spécialisé dans les entraves à l’exécution des décisions de justice)), et Enoh Meyomesse ( homme politique et écrivain) se sont mis ensemble pour écrire « L’opération épervier au Cameroun. Un devoir d’injustice ? ». Un livre de 215 pages qui fait l’autopsie de l’opération épervier. Un concept crée pour lutter contre la corruption, mais qui malheureusement au fil du temps « s’est érigé lui-même en corruption ».

Dès l’entame des échanges, le coordonnateur scientifique du travail, Charly Gabriel Mbock, a tenu à préciser ce que ce livre n’est pas : la philosophie de la justice. Il s’agit plutôt d’ « une situation sociale  qui a embarqué tout le monde ». Une volonté délibérée de fausser l’ambition de justice. A ce propos, Me Albert Dime déclare que « les verdicts de l’opération épervier sont appuyés sur de faux témoignages ». Il cite en exemple l’affaire du Port autonome de Douala dans lequel des accusés ont été condamnés pourtant « les rapports des inspecteurs mandatés selon l’Etat étaient faux. Mais sur quelle base les a-t-on condamnés ? ». Pour les auteurs de ce livre, ce ne sont pas des sanctions qui doivent être exemplaires mais les procès « respecter les règles élémentaires du droit, les exigences de la forme et la présomption d’innocence ». Pour ces derniers, le Tribunal criminel spécial est un certificat public de vol. Conséquence, il contribuera davantage à augmenter la corruption au lieu de lutter contre les détournements de deniers publics.

Presse émotive

C’est le thème sur lequel Jean-Baptiste Sipa, l’un des coauteurs, s’est appesanti lors de cette conférence dédicace. Il pense que l’émotion de la presse a été utilisée dans l’assassinat politique des victimes de l’opération épervier : « quand on dit qu’une seule personne a détourné 115 milliards, ça émeut les gens, surtout quand on sait que près de 40% de Camerounais vivent avec 500 Fcfa par jour. Alors personne ne prend le temps de prendre du recul pour analyser, se poser de bonnes questions. On court après les faits et sans le savoir, on sert des intérêts indignes ». Pour celui-ci, la lutte contre la corruption n’a pas encore commencé au Cameroun. Il pense que la justice devrait se pencher sur d’autres formes de corruption telles que les surcharges dans les taxis et motos, monnayage dans les services publics… au lieu de courir après les détournements de deniers publics que la justice maîtrise encore mal.

Tous les auteurs de « L’opération épervier au Cameroun. Un devoir d’injustice ? », saluent le concept de lutte contre le détournements de deniers publics au Cameroun, lui reconnaît le mérité d’avoir résisté jusqu’aujourd’hui, mais souhaitent que ladite opération soit menée selon les règles de l’art. Pour refermer cet échange avec les hommes de médias, ils ont évoqué la situation d’un de leurs collègues absents, Enoh Meyomesse, qui avait disparu depuis quelques semaines. Il est actuellement incarcéré à la prison centrale d’Ebolowa dit-on, pour trafic d’or.

Charly Gabriel Mbock « L’opération épervier au Cameroun. Un devoir d’injustice ? », 215 pages, éditions Kiyikaat Montréal Canada, 12 000 Fcfa.

Adeline TCHOUAKAK

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