03/01/2012 01:19:31
Sécurité nationale: Une équation toujours difficile pour le régime Ouattara
Depuis sa prise de pouvoir, le 11 avril 2011 après l’arrestation de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara le chef de l’Etat ivoirien a défini plusieurs priorités dont la sécurité. Neuf mois après, cette question reste insoluble et les populations en paient le lourd tribut.
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Depuis sa prise de pouvoir, le 11 avril 2011 après l’arrestation de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara le chef de l’Etat ivoirien a défini plusieurs priorités dont la sécurité. Neuf mois après, cette question reste insoluble et les populations en paient le lourd tribut.

Garantir aux Ivoiriens la sécurité tant des biens que des personnes. Tel est le défi que s’est fixé le chef de l’Etat Alassane Ouattara dès son accession au pouvoir. Véritable défi eu égard à la pression exercée par les bailleurs de fonds. En tout cas, le temps nous situera. Pour relever un défi si important pour le retour du pays sur la scène internationale, quatre axes majeurs ont été définis. Notamment l’encasernement des soldats de l’armée créée au mois de mars 2011, à savoir les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Le désarmement effectif de tous ceux qui n’ont pas le droit de porter les armes, la pleine reprise du travail par la police et la gendarmerie.

Et la réforme profonde d’une armée composée en grande partie de soldats sans conscience républicaine et civique. Entre ces objectifs et la réalité sur le terrain, le fossé reste grand. Point besoin d’une quelconque caricature pour se rendre compte de la précarité de la situation sécuritaire en terre d’éburnie. Car depuis, ces soldats trainent le pas puisqu’au lieu d’être dans les casernes, ce sont des domiciles ou appartements de particuliers qu’ils se sont accaparés sous la menace de leurs armes et y règnent en maître.

La sécurité, un os dans la gorge de Ouattara...

Vols, viols, agressions, braquages et autres exactions sont devenus le lot quotidien des populations ivoiriennes qui ne cessent de s’en plaindre. Ces gaffes hélas sont commises par les soldats commis par le régime Ouattara pour assurer la sécurité des Ivoiriens. Neuf mois après, alors qu’on croyait à une amélioration de la situation, la peur s’accentue et les espoirs d’un retour à la paix s’amenuisent. Même les menaces proférées à leur encontre n’ont été d’aucun effet. Ils en font à leur tête, c’est le moins qu’on puisse dire. Aussi, les analystes s’interrogent de plus en plus sur la volonté réelle du gouvernement de régler une fois pour toute cette question de sécurité en Côte d’Ivoire.

La réalité est là palpable, depuis le 11 avril les autorités n’ont eu aucune influence réelle sur ces soldats qui bénéficient d’une immunité pour service rendu. Sinon comment comprendre que malgré les manquements dont ils se rendent coupables aucune sanction ne soit prise dans l’optique de les freiner. Et, comme l’on a coutume de le dire, la goutte d’eau finit toujours par faire déborder le vase. Il a fallu que les événements  surviennent dans la ville de Vavoua en début de mois de décembre pour que tout le commandement des Frci et même l’autorité gouvernementale se mettent en branle. Colère ou simulacre de colère, seuls en ont la réponse ceux qui ont pondu ce communiqué lu sur les antennes de la chaîne nationale de télévision.

Mais c’était mal connaître les Frci. Pour montrer qu’ils n’en ont cure, ils ont récidivé. Pour une banale affaire de «fesses», ils s’en sont pris aux populations autochtones abidji. Le résultat, on le connaît : plusieurs morts et de nombreux blessés aussi bien dans le rang de leurs adversaires que dans le leur. Cette fois, les autorités n’ont eu que leurs yeux pour pleurer puisque le mal était déjà fait. C’est donc à partir de tous ces manquements que Ouattara et son équipe se sont rendus à l’évidence que le ‘‘monstre’’ qu’ils ont créé est en train de leur échapper. Et qu’il faut mettre sur pied une police militaire dont la mission est de traquer tous les soldats indélicats et par ailleurs détenteurs d’armes jusque dans leur dernier retranchement. Dans le même temps, le procureur militaire, le colonel Ange Kessi est monté au créneau en ordonnant une traque judiciaire contre tous ceux qui se sont rendus coupables d’exactions.

Mais contre toute attente, ce ne sont qu’une trentaine de soldats, sans doute les moins chanceux, qui ont reçu en pleine tête l’épée de Damoclès qui planait. Même s’ils ne sont plus très visibles dans les rues de la capitale abidjanaise, ils sont nombreux ces soldats qui ne remplissant pas les conditions pour intégrer l’armée nationale et qui ont gardé par devers eux les armes dont ils disposaient. Et s’en servent à bon escient.

A l’intérieur du pays, c’est le statu quo. Les FRCI sont présents dans les villages et soumettent les populations à leur diktat. Pendant ce temps, les éléments de la police nationale que l’Etat de Côte d’Ivoire depuis le président Félix Houphouët Boigny jusqu’à Laurent Gbagbo a pris le soin de former au maintien de l’ordre sont réduits à être de simples agents administratifs. Désormais, ils servent à réguler la circulation ou encore à enregistrer les plaintes dans les commissariats. Avec pour seule arme conventionnelle de maintien d’ordre le sifflet. Dépossédés de toutes armes afférant à leur fonction. Tandis que les «chouchou» eux disposent d’armes de guerre et s’en servent impunément.

En somme, tous les grands chantiers annoncés au sein de la grande muette marquent le pas et pendant ce temps, les populations livrées à elles mêmes. Point besoin d’une quelconque caricature pour cerner la situation sécuritaire en Côte d’Ivoire. Il y a urgence. Et ça, les chancelleries l’ont bien compris.

Hermann Djea

Le nouveau courrier

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