05/01/2012 02:06:01
Pour contrer la secte Boko Haram... Le Nigeria ferme sa frontière avec le Cameroun
Face à la menace d’une nouvelle vague d’attentats plus meurtrière, la République du Nigéria vient de procéder à la fermeture de ses frontières avec le pays de Paul Biya.
Le Messager
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Boko Haram, Nigeria

Face à la menace d’une nouvelle vague d’attentats plus meurtrière, la République du Nigéria vient de procéder à la fermeture de ses frontières avec le pays de Paul Biya.

Le gouvernement nigérian a déjà décrété l’Etat d’urgence dans la partie Sud de son territoire. Dorénavant, il redoute une série d’attentats au-delà des frontières nationales. Et dans la liste des pays voisins sur qui plane la menace Boko Haram, figure en bonne place le Cameroun.  C’est sans doute ce qui explique l’impressionnant déploiement des forces gouvernementales nigérianes le long de la frontière Nigeria-Cameroun. Elles ont d’ailleurs procédé, depuis quelques jours, à la fermeture desdites frontières dans la partie septentrionale (Nord et Extrême-Nord), paralysant de facto la circulation des personnes et des biens dans les zones concernées.

Selon une source nigériane digne de foi, « le pays (Etats du Sud, ndlr) vie dans la peur de l’effusion du sang depuis la période des fêtes de la nativité et de la saint Sylvestre. Il y a des agents de sécurité partout et celui qui pointe son nez dehors est considéré comme un agent de la secte islamique terroriste. Il y a des policiers qui sont tués presque chaque jour. On assiste  aussi à des arrestations tous les jours », affirme-t-elle.

En rappel : le 25 décembre 2011 après un office religieux chrétien dans le sud du Nigeria, une explosion meurtrière revendiquée par la secte islamique avait fait 44 morts. La série d’attentats contre la communauté chrétienne s’est poursuivie le week-end dernier. Le nombre des victimes est estimé à ce jour à des centaines de morts. Une situation  qui avait d’ailleurs contraint le président nigérian, Jonathan Goodluck,  à décréter l’état d’urgence dans les zones où les attaques avaient été perpétrées.

Ces mesures sécuritaires (état d’urgence et fermeture des frontières) qui n’ont pas l’air d’ébranler les forces de défense camerounaises font suite à l’ultimatum lancé par la secte islamique Boko Haram à travers son porte-parole, Abul Qaqa. Ce dernier qui s’est exprimé en début de semaine dans la presse nigériane donnait en effet « trois (3) jours (délai expiré, ndlr) aux chrétiens pour quitter le Nord du Nigeria ». En même temps qu’il demandait aux fidèles musulmans de quitter le Sud du pays car, « nous avons la preuve qu’ils vont être attaqués », avait-il indiqué. Soulignons que la secte islamique en question exige la création d’un Etat islamique et le départ des chrétiens dans le Nord en majorité musulman. Ce que ne lui concède pas le gouvernement de Jonathan Goodluck.

Indifférence au Cameroun ?

« Je confirme la fermeture de la frontière entre le Cameroun et le Nigeria. Mais cela ne concerne pas la partie camerounaise, car nous n’avons pas de problème avec la secte Boko Haram qui les aura presque contraints à adopter cette mesure », a confié au téléphone une autorité administrative en service à la préfecture du Mayo-Sava à Mora. A en croire cet informateur, la fermeture de la frontière au niveau de ce département de l’Extrême-Nord ne concerne pas que la partie camerounaise. Il ajoute que la mesure nigériane est effective depuis le 3 janvier en cours.

Jointe par téléphone, une autre source policière à Kousséri a quasiment entonné un refrain similaire, « nous n’avons pas reçu d’ordre de la hiérarchie visant à renforcer la sécurité à la frontière. C’est la preuve que la menace proférée par la secte Boko Haram n’est pas encore prise au sérieux par le Cameroun », a-t-il conclu. Ce que ne disent pas les autorités est que le Nigeria soupçonne le Cameroun de servir de base arrière à la secte. Toujours est-il qu’après seulement trois jours qu’elle est coupée du Nigeria, c’est tout le Grand nord qui souffre. Car, l’intense activité commerciale, le trafic du fameux zoua-zoua et les cargaisons en transit vers le pays sont momentanément asphyxiés.

Focal : 600 Fcfa le litre du zoua-zoua

Fotokol, Darak, Limani, Banki (Amchide), Gachiga, Touroua, Maroua, Garoua, Mora, Ngong, Ngaoundéré… Ce sont là, parmi tant d’autres, les villes/zones camerounaises directement affectées –du point de vue commercial- par la fermeture des frontières avec la République fédérale du Nigeria. L’on devrait s’attendre dans les jours à venir à une surenchère (doublée de pénurie)  de l’ensemble des marchandises et autres produits importés du Nigeria.

C’est le cas du prix du litre de zoua-zoua, une forme de carburant frelaté très prisé dans la partie septentrionale, et qui est déjà passé du simple au double dans le Mayo Sava (Mora), en l’espace de quatre (4) jours.  « Le litre coûtait avant 300Fcfa et maintenant nous devons débourser jusqu’à 600 Fcfa », a déploré une autorité administrative. Le prix du carburant à la pompe, d’après la même source, est quant à lui resté inchangé.

Salomon KANKILI

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