05/01/2012 02:19:33
RDC: Les officiels congolais persona non grata en Occident
Chacun devrait faire avec déférence le boulot qui est le sien. Aux dirigeants africains de ne plus laisser parader des imperfections, dans la conduite la chose publique, que des troufions aux intentions obscures pourraient exploiter.
Sidwaya
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Kengo wa dondo,président du sénat congolais tabassé à Paris

Les soutiens du président Joseph Kabila doivent payer leurs engagements. C'est ce qu'il convient de dire avec le triste évènement survenu, le 31 décembre 2011 près de la gare du Nord à Paris avec la bastonnade du président du sénat congolais, Léon Kengo Wa Dondo en déplacement privé. Sauvagement roué de coups, piétiné et roulé à terre, il s'en serait sorti avec des dents arrachées. Depuis lors, il est admis à un hôpital parisien d'où il devrait en principe sortir ce jour.

C'est la première fois que des expatriés, apparemment des compatriotes s'en prennent vertement à cet homme de 76 ans qui aura traversé le temps et connu plusieurs générations d'acteurs politiques.

Plusieurs fois Premier ministre sous le maréchal Mobutu et parachuté contre toute attente à la tête du sénat le 11 mai 2011, qui eut imaginé un seul instant que l'honorable, au soir de sa brillante carrière, connaîtrait une telle déconvenue. Et pourtant, des d'individus malintentionnés, manipulés par on ne sait qui exactement, ont voulu faire une bouchée de lui.

Qu'il est affligeant de constater qu'en cette ère caractérisée par d'importantes mutations perfectionnistes, des quidams extériorisent leurs sentiments en bandant encore leurs muscles.

Ces hommes à l'orgueil incandescent et l'instinct d'insolence ne se contenteraient sûrement pas de ce forfait. Il faut craindre l'effet de contagion des autres villes occidentales.

Pas seulement ça, d'autres Africains pourraient y voir un moyen d'expression dès qu'ils estimeront être lésés sur leurs propres sols, préférant régler les comptes aux dirigeants en Outre-mer. Kengo, qui a déjà connu 6 années d'exil, pensait que le pire était derrière.

Et avec lui, ses camarades de l'Union des forces du changement qui ont organisé une conférence de presse pour dire que l'homme se rétablissait. Mieux, convaincu du bien-fondé de sa politique, il pardonnait à ses détracteurs. Comment pouvait-il en être autrement ? Difficilement imaginable.

On se souvient qu'il avait demandé l'annulation pure et simple du scrutin avant de prendre part à la cérémonie d'investiture du président Kabila. On croirait que Léon Kengo, ne voulant pas finir comme l'ancien président de l'Assemblée nationale, Vitale Kamheré, a mangé son chapeau en dernière minute pour sauver son poste.

Le doyen, fort de sa sagesse, a certainement compris qu'il n'est pas exempt de tout reproche. Depuis quarante ans qu'il est sur la scène politique, jamais il n'a subi autant de brimades.

Même pas sous le règne de son mentor, feu Mobutu, qu'il avait farouchement combattu entre temps. On peut et à juste raison dire que ce début d'année catastrophique marque ipso facto celui d'un cycle infernal.

Avec le poids de l'âge, il n'est pas évident qu'il se remette aussi facilement de ses traumatismes. Pendant longtemps encore, il portera des séquelles. De quoi dissuader tous les hommes politiques à la solde du chef d'Etat congolais d'entreprendre un voyage dans les capitales des pays occidentaux où de violents mouvements de protestations ont éclaté suite à la proclamation des résultats de la présidentielle.

Maintenant que les grandes villes occidentales sont en passe de devenir une sorte de champs aux allures de rendez-vous de la mort pour les soutiens de Kabila, il va s'en dire que ces derniers éviteront du moins qu'ils le pourront « ces villes naufrageuses ». Et pour combien de temps ? A moins qu'ils exigent des autorités hexagonales la garantie de leur sécurité.

Encore faut-il qu'elles concèdent à le faire, tant le nombre des dirigeants africains constamment en visite officielle ou officieuse est important. Ce sont des dizaines d'agents de sécurité qu'il faudrait mobiliser par jour.

Or les dirigeants occidentaux ne seraient pas enclin à payer ces factures. Alors qu'étonnamment, ils sont accueillis en grande pompe, sous forte escorte sécuritaire, sous nos tropiques.

Ce n'est pas tout, on en fait un évènement avec des médias qui ne cessent de tambouriner en longueur de journée. Il y a un véritable problème que la deuxième personnalité dans le rang protocolaire du Congo se fasse enquiquiner comme un vulgaire type dans la rue.

Il convient de le décrier et avec force pendant qu'il est temps. Des hauts fonctionnaires, suspectés à tort ou à raison, risquent de laisser leurs peaux. Cela va de la double responsabilité des dirigeants congolais, sinon des Africains en général et des Occidentaux.

Chacun devrait faire avec déférence le boulot qui est le sien. Aux dirigeants africains de ne plus laisser parader des imperfections, dans la conduite la chose publique, que des troufions aux intentions obscures pourraient exploiter.

Que dire des Occidentaux ? Tout simplement de reconsidérer le traitement réservé aux autorités des pays en développement en leur retournant l'ascenseur avec des traitements dignes de leurs rangs.

Adama Bayala

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