06/01/2012 03:21:43
Belles Lettres. Dr Shanda Tonme autopsie l'Afrique noire
«La Malédiction de l’Afrique noire: de la Négritude à la Négrocratie ». Tel est le titre de l’ouvrage que cet écrivain prolixe vient de commettre aux éditions l’Harmattan.
Le Messager
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Un scandale éditorial en 2009. Dr Shanda Tonme commet en un seul jet, une vingtaine d’ouvrage de bonne facture sur des questions inhérentes aux relations internationales dont il est d’ailleurs l’un des plus grands spécialistes, son autobiographie qui évoque ses tribulations, ses rêves, ses fantasmes… Les éditions l’Harmattan sont à la baguette de cette parturition littéraire hors-pair. Avec cette publication d’une abondance inouïe, beaucoup croyait que la source d’inspiration de ce diplomate, enseignant, écrivain, recteur d’Université, médiateur universel, s’est tarie. Que Nenni ! Dr Shanda Tonme refait parler de lui avec un livre qui fera à coup sûr date. «La Malédiction de l’Afrique noire: de la Négritude à la Négrocratie».  Une tentative d’explication d’un rêve brisé ; celui d’une Afrique belle, triomphante, développée, libérée, digne et respectée devenue une réalité chimérique, une vue de l’esprit, une lointaine utopie, un mythe inaccessible, une immense déception.

C’est que, pour bon nombre d’Africains, «le continent Noir est devenu un vaste cimetière, une poubelle d’accueil des corps fatigués et pressés comme  des citrons dépouillés de tout leur jus» Explication: un genre de malédiction indescriptible frappe l’Afrique. C’est dans cette optique que l’auteur s’est engagé à «ouvrir le grand livre des dénonciations de tout ce qui forme le corps humiliant et honteux d’une véritable malédiction». Ce grand livre est un état des lieux, sans complaisance des maux qui gangrènent l’Afrique noire. Dr Shanda en a répertorié 13 présentés sous la forme de chapitres intercalés entre une introduction qui plante le décor et une conclusion qui fixe définitivement la posture idéologique d’un écrivain spécialiste de l’Afrique qui n’en est pas moins Afropessimiste.

Négrocratie

Pourquoi les Asiatiques et pourquoi pas nous?, Régimes sales, gouvernance de monstres, démocratie de brousse et élections de singes, Démocratie ou Négrocratie? Des valeurs à l’envers, Crime permanent et absence de considération pour la vie humaine, Diaspora désorientée, perdue et inconséquente, Une intelligentsia néfaste et peureuse, Economie d’imprévision, de prédation et de sectarisme, Négritude, Négrocratie, quel sens de l’histoire ? Telles sont entre autres, les articulations d’un ouvrage riche de 178 pages. En ce qui concerne le concept Négrocratie, l’enseignant des Relations internationales prescrit que «le réalisme commande sans aucun doute que par honnêteté, il ne soit plus question de forcer le langage de la démocratie en Afrique noire. Il faudrait penser à autre chose comme la Négrocratie. En Négrocratie, on décide qui vote et qui ne vote pas, qui vote où et comment, qui vote combien de fois et pour quel gain, qui compte les votes, quels votes il faut comptabiliser, et quels votes il faut valider ou annuler… »

Parlant des régimes sales, gouvernance de monstres, démocratie de brousse et élections de singes, une demi-douzaine de pays sont présentés comme des illustrations grandeur nature de la malédiction qui frappe l’Afrique noire sans coup férir. Au sujet du Cameroun, Dr Shanda écrit qu’ «il s’agit des plus cruelles déceptions en Afrique» avant de poursuivre sur un ton d’un négativisme qui donne froid au dos, pourtant c’est la triste réalité.

«L’état des lieux, trois décennies plus tard, frise la catastrophe. Le pays est exsangue et son peuple complètement découragé, tétanisé par tous les maux qui caractérisent la mauvaise gouvernance et les régimes autocratiques. La démocratie attendue a fait place à la corruption dont le Cameroun a eu le privilège par deux fois d’en être le champion du monde toutes catégories confondues» soutient l’expert des relations internationales qui confie avoir «réfléchi au-delà du point où le mental plonge dans l’insaisissable tourmente, et je reste perplexe sur la qualification à attribuer à une collectivité organisée, qui avalise et célèbre le crime permanent, l’assassinat et la liquidation physique comme mode d’accession au pouvoir» Pour tout dire, « l’Afrique, l’Afrique noire particulièrement, est un cancer ingérable et incurable» qui plonge l’auteur dans un trouble  exceptionnel et infini lequel inspire le constat imparable et définitif de la perdition. 

Alain NJIPOU

Shanda Tonme, «La Malédiction de l’Afrique noire: de la Négritude à la Négrocratie», l’Harmattan, 2011, 178 pages, 17,50 euros.

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