07/01/2012 05:28:17
Cameroun.. Une semaine Deido
Le calme semble être revenu à Deido, toutefois les mototaxis sont interdits d’accès.
Le Messager
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Les mototaxis interdits d’accès à Déido

Ils en auront jusqu’à l’inhumation de Eric Monney dont la mort a occasionné les échauffourées qui ont pris ce quartier en otage.  

Depuis les émeutes du 31 décembre 2011, conséquence de l’assassinat du jeune Eric Monney le même jour, le quartier Deïdo, réputé pour sa chaude ambiance, reprend progressivement du poil de la bête. Jeudi 5 janvier 2012, il est 12 heures. Boutiques et autres débits de boisson subissent des nettoyages.  Mais la plupart des bistros qui jouxtent les rues sont encore fermés. Assis ça et là, quelques jeunes se laissent  aller aux commentaires. D’autres  glandent . A chaque coin de la rue, et particulièrement à la chefferie supérieure de Deïdo, les forces de l’ordre patrouillent. « Il n’y a rien chef. Vous pouvez venir voir vous-mêmes. On ne fait que causer», lance, tout souriant, un jeune homme aux éléments de la police qui font la ronde à bord de leur véhicule.

« Les mototaxis n’arrivent pas à Deïdo. Les forces de l’ordre veillent au grain. Elles empêchent les mototaxis d’entrer dans le canton », déclare Victor, un habitant du quartier. Selon une source généralement bien introduite, l’interdiction des motos-taxi à Deido sera levée après les obsèques de Eric Monney. C’est, semble-t-il, la mesure transitoire que les autorités publiques ont prises pour le retour du calme dans la cité. Qu’en sera-t-il lorsque les forces de l’ordre s’en iront ?

La journée de mercredi dernier a été très mouvementée. A la suite d’un incendie qui a consumé un bistrot situé au cœur de la Rue de la joie, à quelques encablures de la chefferie. Bien que les origines de l’incendie qui s’est déclaré aux environs de 10 heures du matin  soient encore inconnues, la population voit là un geste malveillant des conducteurs des mototaxis. D’où la montée d’Adrénaline. Pour calmer les uns et les autres, la police et la gendarmerie ont installé une base arrière à Deïdo. Objectif, éviter l’entrée des engins à deux roues dans le quartier. Ce que réclament les populations du canton.

Pour rappel, l’assassinat de Eric Monney, habitant de Deïdo au soir du 31 janvier 2011 est la cause de ce triste feuilleton. Les riverains du canton  accusent les conducteurs de mototaxis, parce que Monney a été poignardé par des hommes qui roulaient à moto. En guise de représailles, les jeunes de Deïdo ont incendié nombre de mototaxis. L’affaire a connu son acte trois jours après. L’incendie de mercredi est venu remettre le feu aux poudres. Les autorités administratives, à l’instar du préfet Bernard Okalia Bilaï est descendu sur le terrain. Question de prendre le pouls de la situation et de mettre en garde les fauteurs de trouble contre la récidive.

Hôpital de Deido. Plus de 19  patients  enregistrés

Depuis le 31 Décembre 2011, cet hôpital de district n’a pas eu de repos. Les victimes des échauffourées qui ont lieu dans ce quartier arrivent sans cesse. Mercredi dernier, on comptait déjà 19 patients enregistrés parmi lesquels des blessés graves, les intoxiqués et les traumatisés.     

«Jésus est vivant ! Jésus est vivant!». C’est couché et se torturant après avoir reçu les soins aux urgences  que Stève Nguena, élève de 3e All au lycée bilingue de Deido lance ce cri de joie car il dit avoir échappé à la mort. «J’ai été percuté par une moto à l’entrée de mon établissement quand je voulais traverser la route pour rentrer chez nous», a-t-il déclaré. «J’ai cogné le petit parce que le gaz lacrymogène que lançait la police l’a  certainement embrouillé au moment de traverser», lance pour se justifier Arnorl Nonoum, le conducteur de moto qui révèle que   ses deux cadets qu’il transportait ont été traumatisés et se trouvent actuellement aux urgences en pédiatrie dans le même hôpital.

De l’autre côté, Yimga Gaëlle très épuisée, a perdu connaissance après avoir absorbé le gaz lacrymogène.  «Je suis femme de ménage à Makèpè.   Après des malaises dus à mon mal respiratoire, j’ai décidé d’interrompre le travail pour rentrer chez moi. Une fois arrivée à l’école publique Deido, j’ai été étouffée», raconte la victime. Aubin Nguiffo Kengné quant à lui a la hanche cassée. Il vit  un cauchemar car il n’était pas au courant du meurtre de ce côté de la ville: « Mardi le 2 janvier 2012 aux environs de 8h 30 min, alors que je  transportais une cliente d’Akwa pour la rue Kotto à Deido, des individus m’ont assailli et  copieusement bastonné en disant ‘c’est vous, c’est vous… », raconte-t-il. Sonia Emamba Njoumè, elle, a «  reçu le gaz lacrymogène de plein fouet sur mon visage alors que je passais en route en compagnie de ma mère à la rue Coladéra de Deido vers 11h 30 ce mercredi. Aussitôt, j’ai perdu connaissance mais maintenant je suis réveillée et ça va mieux».

Tels sont les propos de quelques unes des victimes rencontrées aux urgences de chirurgie  le mercredi 04 janvier 2012 aux environs de 13 heures. A leur chevet, les chirurgiens présents prennent soin des malades. C’est avec un sourire aux lèvres que  Abel Donfack,  l’un des chirurgiens insiste pour que nous mentionnions votre notre journal «Le Messager» qu’ils s’occupent très bien  des malades. Avis que la plupart des patients et gardes malades ont partagé même si l’un d’eux nous a dit «qu’on s’occupe   de chacun en fonction de ses  moyens. Moi, je suis déjà à bout de mes efforts ». « Jusqu’ici, 19 patients ont déjà été enregistrés dans cet Hôpital. On compte, les blessés graves, les intoxiqués et les traumatisés», nous renseigne le Dr Louis Joss Bitang, directeur de cet hôpital lorsque nous l’avons rencontré mercredi 4 janvier 2012. Ce dernier rassure de la prise en charge totale des patients qui y sont internés.


Valgadine TONGA / Annick Fomi

Nb: le chapeau est de la rédaction de cameroonvoice


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